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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue PLOS ONE, a permis, pour la première fois, grâce à la tomographie X, de mettre en évidence la plus ancienne interaction entre insectes sociaux, dans un morceau d'ambre mexicain daté de plus de 15 millions d'années.

    En effet, ce morceau d’ambre exceptionnel, «conservé dans les collections du MNHN», comporte «plusieurs inclusions d’insectes (syninclusion) avec, pour la première fois, des interactions évidentes entre fourmis et termites datées du milieu du Miocène (15 M.a.)».

    Plus précisément, «plusieurs fourmis du genre Azteca, plusieurs termites du genre Nasutitermes, et une fourmi du genre Neivamyrmex (fourmi légionnaire) saisie dans la résine avec un termite entre ses mandibules» ont été identifiés.

    Il en résulte que «cette scène figée dans la résine» apparaît comme «le vestige d’un raid de Neivamyrmex, sur une colonie d’Azteca et de Nasutitermes en interaction».

     


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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, a permis, grâce à l'observatoire INTEGRAL, la découverte de l'émission de raies gamma du 56Co en provenance de la supernova de type Ia SN 2014J. Il faut noter que «c'est la première fois qu'un tel rayonnement est observé en provenance de ce type de supernova».

    La supernova SN 2014J, qui «a été découverte en optique le 21 janvier 2014 dans la galaxie M82, a une distance de 3.5 megaparsec», est «la supernova de type Ia la plus proche détectée depuis près de 40 ans». Elle est, de ce fait, actuellement l'objet de nombreuses analyses.

    Dans le cadre de l'étude ici présentée, les analyses ont porté sur les observations effectuées au moyen du spectromètre SPI et de l'imageur ISGRI/IBIS de l'observatoire spatial INTEGRAL (International Gamma-Ray Laboratory de l'Agence Spatiale Européenne).

    Ces données, recueillies «entre 50 et 100 jours après la date de l'explosion», ont fait apparaître «des raies gamma nucléaires à 847 keV et à 1238 keV qui sont la signature de la décroissance radioactive de noyaux de 56Co dont la demi-vie est de 77 jours».

    Cette observation constitue «la preuve directe de la production par nucléosynthèse d'une importante quantité de noyaux de 56Ni lors de l'explosion de l'étoile»: en effet, ce 56Ni «décroit rapidement, avec une demi-vie de 6 jours, en 56Co qui décroit à son tour en noyau de fer (56Fe) en émettant les raies gamma nucléaires observées».

    Les éléments recueillis indiquent «qu'une masse de 0.6 masse solaire de 56Ni radioactif a été synthétisée pendant l'explosion» et la vitesse des ejecta a pu être estimée, à partir de l'analyse spectrale des raies gamma, à 10000 km/s.

    D'une façon générale, «les propriétés du rayonnement observé sont en accord avec un scénario dans lequel une naine blanche massive explose après avoir accrété suffisamment de matière d'une étoile compagnon pour devenir instable gravitationnellement», mais elles n'excluent pas «les scénarios qui proposent que ce type de supernova est dû à la fusion de deux naines blanches».

     


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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, a permis de découvrir, grâce à l'analyse de l'eau et des sédiments remontés du lac Whillans, une impressionnante faune microbienne sous les glaces de l'Antarctique.

     

    En fait, on le soupçonnait déjà, car une équipe russe, qui «avait réussi en février 2012, après deux décennies de forage, à atteindre le lac Vostok», situé «à 3.769,3 mètres de profondeur dans l'est de l'Antarctique», avait remonté des échantillons de ce lac, «coupé du monde extérieur durant plus de dix millions d'années», qui conduisaient à conclure que des micro-organismes, «dont certains peut-être encore inconnus», vivaient à cet endroit.

     

    Cependant, comme «les techniques de forage employées par les Russes avaient pu entraîner la contamination des échantillons (voire du lac lui-même) par des microbes venus de la surface», il était souhaitable de refaire ces analyses dans un autre lac de la région, «en s'entourant de toutes les précautions» pour éviter de le 'polluer'.

     

    Ce fut l'objectif du projet WISSARD, qui a analysé de l'eau et des sédiments du lac Whillans, qui se trouve à 800 mètres sous la glace de l'Antarctique. Pour éviter les contaminations, «un système d'injection d'eau chaude, filtrée et désinfectée aux rayons ultraviolets, pour creuser un puits de 60 cm de diamètre dans l'épaisseur de glace située au-dessus du lac» a été employé.

     

    Au point de forage, la profondeur du lac était «d'environ 2,20 m et la température de l'eau, provenant principalement de la fonte des glaces environnantes sous l'effet de la chaleur du sous-sol, était à peine inférieure à 0°C».

    Les analyses génétiques ont abouti à l'identification «de 3.931 microbes ou familles de microbes» et «793 organismes n'ont en revanche pas pu être classés». 87% des organismes identifiés «ont pu être rattachés à la famille des bactéries et 3,6% sont classés dans celle des Archaea, aussi appelées 'archéobactéries' bien que leurs mécanismes biologiques soient assez différents des bactéries».

     

    En réduisant, en particulier, «l'azote, le fer ou le soufre présents dans l'eau ou les sédiments rocheux», un grand nombre des organismes évoluant dans le lac Whillans «sont capables d'exploiter les minéraux du sous-sol pour produire leur énergie» et puisent «le carbone nécessaire à leur survie dans le CO2».

     

    Comme on estime qu'il y a «plus de 400 lacs subglaciaires et de nombreuses rivières sous la calotte polaire de l'Antarctique», de tels écosystèmes pourraient vraisemblablement s'y être développés.

     

     

    De plus, cette découverte, «dans un environnement apparemment aussi stérile que l'Antarctique», suggère qu'il n'est pas absurde d'imaginer «l'existence de microbes mangeurs de roche sous la glace recouvrant des corps extraterrestres, comme Mars par exemple».

     

     


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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, a permis, pour la première fois, de mesurer directement l'énergie solaire à l'instant même où elle a été créée.

    Cette expérience «unique au monde», qui a été menée avec le détecteur Borexino, fait apparaître «que l'activité solaire n'a pratiquement pas changé depuis plus de cent mille ans» et donc que notre étoile «est en complet équilibre thermodynamique»

    L'énergie du Soleil «provient, pour plus de 99%, de la fusion de noyaux d'hydrogène (des protons) au cœur de l'étoile», une réaction qui «transforme deux protons en un noyau de deutérium en émettant un positron et un neutrino de basse énergie appelé neutrino pp».

    Il en découle un flux de ces neutrinos pp, qui, une fois produits, «franchissent en quelques secondes le plasma solaire et arrivent sur Terre huit minutes plus tard», alors que l'énergie transportée sous forme de photons «va mettre une ou deux centaines de milliers d'années à traverser la matière dense du Soleil, avant de gagner notre planète».

    Dans le cadre de l'étude ici présentée, le détecteur Borexino, «installé dans le laboratoire souterrain du Gran Sasso, en Italie», a donc observé, en mesurant directement le flux ce neutrinos pp, «les témoins directs de ce qui se passe au cœur de l'étoile aujourd'hui, alors que l'énergie solaire qui nous réchauffe a été produite il y a longtemps».

    Comme l'expérience a mesuré un flux «de 6,6 × 1010 neutrinos par cm2 par seconde», qui «équivaut à une puissance du Soleil de 3,98 × 1026 watts», cette valeur, équivalente «aux chiffres obtenus lorsqu'on mesure l'énergie solaire à partir des radiations qui illuminent et chauffent la Terre (3,84 × 1026 watts)», prouve que l'activité du Soleil «n'a pratiquement pas changé depuis plus de cent mille ans».

    Ces données, qui «confortent les connaissances actuelles sur la dynamique du Soleil», confirment «que notre étoile continuera à fonctionner de manière analogue pendant cent mille ans au moins».

     


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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, a cherché à en apprendre plus sur l'apparition des tétrapodes, datée d'il y a 400 millions d’années environ, en contraignant des poissons de l'espèce Polypterus senegalus, qui peuvent se déplacer «sur de courtes distances au sol» et qui ressemblent «étonnamment aux tétrapodes primitifs», à rester sur terre pendant un an afin d' observer leur adaptation à cet environnement.

    L'émergence des tétrapodes, représentés aujourd'hui par les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, reste assez mal connue «même si le registre fossile a permis d'identifier des spécimens comme l’Ichthyostega dont les caractéristiques physiques semblent indiquer qu'il fût un des tous premiers vertébrés à se balader sur la terre ferme».

    Afin d'essayer d'en apprendre plus sur l'adaptation des poissons à la vie terrestre, des polypterus juvéniles ont été élevés hors de l'eau, dans le cadre de l'étude ici présentée.

    Ces poissons, vivant uniquement dans les rivières africaines, sont munis à la fois de branchies et de poumons, ce qui les rend apte à vivre hors de l'eau.

    Au bout d'un an, «des changements anatomiques et comportementaux importants» ont pu être constatés: d'une part, «le squelette pectoral s'est allongé et s'est renforcé» et le crâne a été libéré «pour permettre plus de mouvements de la tête et du cou» et, d'autre part, «la pseudo-marche des poissons s'est améliorée par la modification du placement des nageoires et l'élévation de la tête».

    Ces changements, qui «sont proches de ceux observés chez certains fossiles», suggèrent «que les modifications comportementales observées se sont aussi produites chez les premiers poissons à avoir marché avec leurs nageoires sur terre».

    Comme, «il est probable que les premiers animaux terrestres comme Ichthyostega se déplaçaient à la façon des phoques, en se servant uniquement de leurs membres postérieurs», on peut ainsi supposer «que l’apparition de la marche a été progressive et n’a pas été une condition nécessaire à la vie sur la terre ferme».

     


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