•  

    Une étude, dont les résultats intitulés «Melatonin Signaling Controls Circadian Swimming Behavior in Marine Zooplankton» ont été publiés dans la revue Cell, a permis de mettre en évidence que la mélatonine, l'hormone du sommeil chez les animaux, pilotait également les migrations quotidiennes des larves de Platynereis dumerilii (un ver marin) qui constituent une part du plancton marin.

     

    Plus précisément, la larve s'élève vers la surface jusqu'au crépuscule, puis redescend «vers les profondeurs des océans tout au long de la nuit, jusqu'à l'aube» de sorte que, dans la journée la lumière du Soleil qui parvient jusqu'à elle «est atténuée par la profondeur de l'eau» ce qui a tendance à limiter «les effets dévastateurs des rayons UV».

     

    La mélatonine, qui «est sécrétée par la glande pinéale dans notre cerveau en réponse à l'absence de lumière», a déjà été retrouvée chez de nombreuses espèces, en particulier, chez tous les mammifères, mais aussi chez «des insectes, des vers et même des bactéries ou des plantes».

     

    Dans le cadre de l'étude ici présentée, il est apparu que des cellules photoréceptrices dans le cerveau des larves de Platynereis dumerilii «règlent une horloge biologique et déclenchent la synthèse de mélatonine une fois la nuit tombée».

     

    Cette hormone va agir «sur des neurones spécialisés qui vont venir inhiber le mouvement des cils de la larve» qui, battant moins souvent, «ne permettent plus à la larve de monter vers la surface ni même de se maintenir à la même profondeur».

     

     

    Ce lien de cause à effet a été validé «en injectant de la mélatonine à des larves pourtant exposées aux rayons lumineux» qui ont alors considérablement ralenti leur activité motrice et coulé «comme si c'était la nuit».

     

    Cela suggère que «les cellules qui régissent nos rythmes de sommeil et de veille sont apparues et ont évolué dans l'océan il y a des millions d'années», en réponse à la nécessité «de se protéger des rayons du soleil».

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue The Astrophysical Journal, a permis de proposer une solution au problème de la composition chimique d’Uranus et Neptune, fournissant ainsi des pistes pour comprendre leur formation des deux planètes gazeuses.

    Uranus et Neptune, qui sont les planètes les plus éloignées du Soleil, «possèdent chacune une masse d'environ quinze fois celle de la Terre». Comme elles «sont composées jusqu'à 90% de glace et sont riches en carbone», ces caractéristiques particulières posaient le problème de leur origine.

    En effet, «les observations du Système Solaire externe et les modèles antérieurs décrivant la formation des deux planètes ne permettaient pas d’expliquer comment celles-ci se sont formées dans la zone où elles se trouvent aujourd’hui».

    Plus précisément, cette zone éloignée du Soleil «ne contenait pas assez de blocs de construction pour former Uranus et Neptune suffisamment vite avant la dissipation de la nébuleuse primordiale», car une fois la nébuleuse dissipée, il est «impossible pour les deux planètes de mettre en place leurs enveloppes gazeuses».

    Dans le cadre de l'étude ici présentée, une solution vient d'être proposée à la suite d'observations récentes de l'Observatoire spatial Herschel portant sur «la composition isotopique d’Uranus et de Neptune et, en particulier, la mesure du rapport deutérium sur hydrogène (D/H)».

    Le rapport isotopique D/H, «un traceur utilisé en planétologie pour connaître l’origine des éléments ayant formés le Système Solaire», est «très sensible à la température de la nébuleuse primordiale» (faible à des distances proches du Soleil, il augmente à des distances plus élevées).

    Alors que «les modèles dynamiques suggèrent qu’Uranus et Neptune se sont formées dans la même zone lointaine que les comètes, et donc devraient posséder un rapport D/H élevé», les mesures d’Herschel «montrent de manière surprenante que le rapport D/H dans les deux planètes est très inférieur à celui mesuré dans toutes les comètes».

    Dans ce contexte, le nouveau modèle proposé, «basé sur des simulations détaillées de la distribution et du transport des éléments volatiles les plus abondants dans la nébuleuse primordiale du Système Solaire (H2O, CO et N2)» résout tous les problèmes rencontrés à la fois.

    Comme ces simulations «montrent la présence de 'pics' de densités de solides dans des régions où la température de la nébuleuse devient suffisamment basse pour permettre à un élément gazeux de se condenser (ou lignes de glace)», il apparaît que Uranus et Neptune «se seraient formées au niveau de la ligne de glace du monoxyde de carbone (CO), ce qui expliquerait qu’elles soient constituées de solides riches en carbone mais appauvris en azote» (du fait que «la ligne de glace de l'azote se trouve légèrement plus loin»).

    De plus, ce scénario, qui étend à Uranus et Neptune pour la ligne de glace CO, l'hypothèse bien connue de la formation de Jupiter sur la ligne de glace de l'eau, pourrait être un premier pas vers la généralisation de ce mécanisme pour les autres planètes géantes gazeuses.

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Chemical Biology, a abouti à la création d'une protéine AXL modifiée qui réduit dans des proportions considérables le nombre de nodules métastatiques chez des souris atteintes de cancers du sein ou de l’ovaire.

     

    La protéine AXL, un récepteur tyrosine kinase présent à la surface des cellules cancéreuses, «peut capter des signaux provenant de protéines appelées GAS6» de sorte que, «lorsque deux protéines GAS6 s’associent à deux protéines AXL», un signal «provoque la migration des cellules cancéreuses d'un organe vers un autre pour y former de nouveaux nodules cancéreux».

     

     

    L'étude ici présentée a mis en œuvre, grâce au génie génétique, une stratégie «pour empêcher l’interaction entre AXL et GAS6» en élaborant «une version inoffensive d’AXL qui s’associe à GAS6 dans le sang et empêche GAS6 de se lier aux protéines AXL 'normales' présentes sur les cellules cancéreuses».

     

    Comme, dans la nature, «les protéines évoluent sur des millions d’années», ce processus a été fortement accéléré in vitro «en utilisant une technologie appelée 'évolution dirigée'»: ainsi, «des millions de séquences d’ADN légèrement différentes, chacune codant pour un des variants de la protéine AXL» ont été créées en vue d'aboutir à la protéine AXL la plus adéquate.

     

    Après avoir sélectionné le variant qui se lie le mieux à GAS6, des modifications ont été apportées afin «que la protéine reste longtemps dans le sang et que son interaction avec GAS6 soit irréversible».

     

     

    L'association des protéines AXL et GAS6, a été visualisée par cristallographie, pour «examiner les changements moléculaires permettant la liaison la plus solide entre les deux protéines».

     

    Injectée dans le sang de souris atteintes de cancers du sein ou de l’ovaire, cette protéine AXL modifiée produit des résultats spectaculaires: en effet, chez les souris ayant un cancer du sein, il y a «78 % de nodules métastatiques en moins par rapport aux souris non traitées», tandis que chez celles ayant un cancer de l'ovaire, le nombre de nodules métastatiques est réduit de 90 %.

     

    Cette avancée laisse espérer une nouvelle approche au traitement du cancer, puisque la protéine qui vient d'être créée est «un leurre pour GAS6, qu'elle empêche d’agir», puisque le signal habituellement émis lors de l'association GAS6 et AXL n'a pas lieu.

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, a abouti, à partir d'un modèle des processus chimiques pouvant créer de l’eau dans un disque protoplanétaire, à la conclusion que l’eau présente dans le Système solaire se serait formée pour une large part avant la naissance du Soleil et de la Terre.



    La démonstration s'appuie tout d'abord sur l'analyse du «destin du deutérium, un isotope naturel de l’hydrogène (son noyau réunit un proton et un neutron) qui s’est formé dans l’Univers au moment de la nucléosynthèse primordiale, peu après le big bang».

     

    Il faut souligner que, si dans l’Univers, «on retrouve en moyenne 26 atomes de deutérium pour 1 million d’atomes d’hydrogène», cette concentration «est près de 6 fois plus élevée dans l’eau présente sur la Terre et sur les autres corps du Système solaire qui ont été étudiés».

     

    Cette observation indique que «lorsque ces molécules d’eau se sont formées, la réaction créant une eau plus riche en deutérium était un peu plus rapide que celle créant de l’eau normale, ce qui a augmenté la proportion de deutérium».

     

    Cet enrichissement en deutérium implique qu'il s'est déroulé dans certaines conditions que l’on trouve dans le milieu interstellaire, car  d'une part, la température devait être très basse, «au maximum quelques dizaines de degrés au-dessus du zéro absolu», et, d'autre part, qu'il y avait de l’oxygène disponible et «une intense source d’énergie ionisante».

     

    Pour aboutir à des évaluations satisfaisantes, «le modèle le plus précis possible des processus chimiques pouvant créer de l’eau dans le disque protoplanétaire» a été alors développé.

     

    Ce modèle est basé sur l’hypothèse que «le rayonnement X provenant de notre étoile et des radionucléides naturels présents dans le disque» remplace «l'essentiel du rayonnement cosmique», repoussé «par le puissant champ magnétique du Soleil et par son intense vent de particules».

     

    Il est alors apparu que, même en faisant tourner ce modèle durant un million d’années («durée supposée de la formation des planètes»), les rayonnements locaux sont insuffisants «pour créer la quantité d’eau enrichie en deutérium qui est mesurée aujourd’hui».

     

    Il en résulte que l'eau du Système solaire proviendrait pour 30 % à 50 %, «de la nébuleuse interstellaire primitive qui s’est condensée il y a plus de 4,6 milliards d'années».

     

    Ainsi, de l’eau pourrait être créée en abondance avec le temps dans le milieu interstellaire, car les conditions qui y règnent sont «beaucoup plus uniformes et pérennes que celles qui prévalent dans les disques protoplanétaires», ce qui est une information très encourageante pour de la recherche d'une vie extraterrestre.

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, a permis grâce à la combinaison de données acquises avec les télescopes spatiaux Hubble, Kepler et Spitzer, d'identifier de la vapeur d’eau dans l’atmosphère de l’exoplanète HAT-P-11b, située à 124 années-lumière du Système solaire.

    Cette exoplanète, qui a été découverte en 2009 «lors de ses transits devant son étoile HAT-P-11 (constellation du Cygne), de type naine orange située à quelque 124 années-lumière de nous», est considérée «comme gazeuse avec un noyau solide, à l’instar d’Uranus ou de Neptune dans le Système solaire».

    Qualifiée d'exo-Neptune du fait de sa masse (0.0824340056005 [± 0.00899852122204] MJ), HAT-P-11b devient ainsi la plus petite exoplanète jamais étudiée pour la caractérisation de son atmosphère, mais il est totalement exclu d'y déceler des formes de vie, puisqu'elle gravite assez près de son soleil, «en seulement cinq jours», ses températures en surface étant très élevées.

    L'étude ici présentée, s'est «focalisée sur plusieurs de ses passages afin d’étudier à travers le télescope spatial Hubble les signatures spectrales de molécules présentes dans son manteau de gaz rétroéclairé».

    Comme les taches sombres de l’étoile-hôte peuvent induire en erreur, car elles «sont susceptibles de refléter une présence de vapeur d’eau», pour filtrer les informations il a été «fait appel aux données acquises par le satellite Kepler» et des observations complémentaires ont été conduites «dans l’infrarouge avec le télescope spatial Spitzer».

    Enfin, le «ciel clair et dégagé sur ce monde lointain» a fait le reste, car il n'y a pas eu de nuages pour bloquer vue sur les molécules d’eau.

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires