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    Une étude, dont les résultats intitulés «Investigating the zoonotic origin of the West African Ebola epidemic» ont été publiés dans la revue EMBO Molecular Medicine, a permis de découvrir que des chauve-souris mangeuses d'insectes sont probablement à l'origine de l'épidémie actuelle de fièvre Ebola qui a fait 7 700 morts en un an en Afrique de l'Ouest.

     
    Alors que jusqu'à présent on pensait que c'était une autre espèce de chauve-souris, se nourrissant de fruits, qui était à l'origine de l'infection première, du fait que ces animaux sont chassés dans cette région, l'étude ici présentée a abouti à la conclusion que ce sont des chauve-souris insectivores qui ont probablement «contaminé, dans le village guinéen de Meliandou, près de Guéckédou (sud du pays), un enfant considéré comme le point de départ de l'épidémie, la plus longue et meurtrière depuis la découverte du virus en 1976».

     

    En effet, cet enfant de deux ans, «mort d'Ebola le 3 décembre 2013», jouait comme les autres enfants du village dans un arbre creux colonisé par ces chauve-souris, puisque bien que «cet arbre a été en partie brûlé depuis la mort de l'enfant, ce qui a détruit la colonie de chauves-souris», des prélèvements de cendres et de terre «ont toutefois permis de retrouver des traces génétiques de ces chauves-souris mangeuses d'insectes, mais aucune trace du virus Ebola».

     

    Cependant, «ces chauves-souris peuvent également être porteuses du virus Ebola comme leurs cousines frugivores, d'après d'autres prélèvements et analyses effectuées» dans la région.

     

    En tout cas, une autre hypothèse envisagée sur l'origine de l'épidémie, qui «était celle d'une infection par des mammifères sauvages comme des singes, eux-même contaminés par les chauves-souris» est écartée par l'étude, car «aucune trace d'épidémie par Ebola dans la faune sauvage de la région n'a été détectée».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Detecting nanoscale vibrations as signature of life» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis d'élaborer un détecteur de micro-mouvements des systèmes vivants qui aurait la capacité de déceler directement des traces de vie sur Mars ou sur les satellites de Jupiter et de Saturne.

     

    La recherche de la vie dans des conditions extrêmes, en particulier dans les environnements extraterrestres, constitue un défi scientifique passionnant. Afin de contribuer à répondre à ce défi, l'étude ici présentée propose une technique qui exploite la sensibilité des oscillateurs nanomécaniques pour détecter les petites fluctuations qui caractérisent les systèmes vivants.

     

    Comme l'intensité de ces mouvements peut être une indication de l'activité métabolique de spécimens vivants, cette technique pourrait être le complément parfait à des tests de détection de vie chimiques classiques.

     

    Le détecteur, «d'une taille inférieure au millimètre (quelques centaines de microns de long)» a été testé, sur une vaste gamme d'échantillons biologiques «comme la bactérie E coli, la levure, mais aussi des cellules humaines, des cellules de souris ou de plantes en laboratoire».

     

    Ainsi, il est apparu, «dans tous les cas, quand des organismes vivants sont placés près de l'appareil», que «l'amplitude des fluctuations mesurées augmente». De même, le détecteur a pu capter la vie de micro-organismes dans de la terre et de l'eau ramassées à proximité du laboratoire.

     

    De plus, dans le cadre d'observations en continu, ces mouvements ont été manipulés «en ajoutant des nutriments consommés par les cellules, ou des éléments chimiques qui les ont tuées, stoppant de fait leur mobilité».

     

    D'un point de vue pratique, un exemplaire de ce détecteur, qui pourrait être transporté par un vaisseau dans l'espace, «coûterait moins de 10.000 dollars, utiliserait très peu de batterie et pourrait être transporté dans un boîtier de 20 centimètres sur 20».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Monkey semantics: two ‘dialects’ of Campbell’s monkey alarm calls» ont été publiés dans la revue Linguistics and Philosophy, a permis de mettre en lumière, grâce à des données récoltées dans la forêt Taï (Côte d'Ivoire) et sur l'île de Tiwai (Sierra Leone), que des groupes de singes d'une même espèce, situés dans des régions géographiques distinctes, utilisent un même cri avec des 'sens' différents.

     

    Ce travail, qui propose «une modélisation explicite (en termes de 'théorie des modèles') du sens des cris d'alarmes des singes de Campbell», constitue «la première tentative d'application de méthodes sophistiquées de la sémantique formelle à l'analyse d'un système de communication animale».

     

    Il permet tout d'abord de constater «que les cris des singes peuvent avoir une structure et une signification plus complexe qu'il n'est habituellement supposé»: ainsi, «les cris des singes de Campbell présentent une distinction entre racines et suffixes, et la combinaison de ceux-ci leur permet de décrire tant la nature d'une menace que son degré de dangerosité».

    Plus précisément, «dans la forêt Taï, hok est utilisé pour avertir d'une alerte aérienne sérieuse (par exemple de la présence d'un aigle), tandis que hok-oo est utilisé pour des alertes moins sérieuses; krak est utilisé pour avertir d'une alerte terrestre sérieuse (généralement de la présence d'un léopard), tandis que krak-oo est utilisé comme cri d'alarme entièrement général».

    Il est également apparu «que, selon l'environnement, des groupes distincts de singes d'une même espèce peuvent présenter certaines différences 'dialectales' dans l'utilisation d'un cri particulier – un peu comme il arrive dans les langues humaines qui utilisent un même mot (par exemple 'dépanneur') avec des sens différents, selon par exemple que l'on est en France ou au Québec».

    Ce point est illustré par le fait que chez les singes de Campbell, «la présence d'aigles ne donne pas lieu à l'émission de krak dans la forêt Taï, où ce cri est habituellement réservé aux alertes de léopard» tandis que «sur l'île de Tiwai, krak a une très grande variété d'usages, et peut en particulier être utilisé dans des alertes d'aigle».

    Cette variation dialectale apparaît découler de l'environnement, car «s'il y a bien des aigles sur l'île de Tiwai, les léopards y sont en revanche absents depuis au moins 40 ans», ce qui conférerait à krak «un sens beaucoup plus large que dans la forêt Taï».

    Au niveau théorique, l'étude ici présentée fait appel à «un mécanisme emprunté à la pragmatique des langues humaines», fondé sur les 'implicatures', pour expliquer cette variation dialectale apparente: dans ce cadre, un mot peut être «enrichi par compétition avec d'autres mots plus informatifs».

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Ants show a leftward turning bias when exploring unknown nest sites» ont été publiés dans la revue Biology Letters, a permis de mettre en évidence que des fourmis de l'espèce Temnothorax albipennis (des fourmis vivant en Europe dites fourmis des rochers) ont tendance à tourner à gauche plutôt qu'à droite lorsqu'elles explorent un territoire inconnu.

     

    Ce comportement chez ces fourmis, «qui construisent leurs fourmilières dans de petites anfractuosités rocheuses», a été identifié à la suite de différentes expériences qui ont montré statistiquement que, même en tenant compte du fait que ces insectes, vivant en colonie, se déplacent le long des parois des rochers, elles se dirigent majoritairement à gauche lorsqu'elles pénètrent dans un espace inconnu.

     

    Notons tout d'abord que la latéralisation cérébrale est un phénomène de «bien connu chez l'homme (10% seulement des humains sont gauchers)» et qu'on le retrouve chez d'autres vertébrés. En outre, il existe de plus en plus d'éléments qui suggèrent «des asymétries sensorielles et comportementales chez les invertébrés», mais, jusqu'à présent, il n'y avait aucune preuve solide pour les fourmis.

     

    Cette situation change avec l'étude ici présentée, qui «propose plusieurs hypothèses pour expliquer cette tendance», la première étant «que les fourmis utiliseraient leur œil gauche pour détecter les prédateurs».

     

    Une deuxième idée est que «l'univers des fourmis ressemblant à un labyrinthe, s'en tenir à une seule direction est une très bonne stratégie pour s'y retrouver». Un autre avantage est que «si toutes les fourmis d'une fourmilière partagent cette tendance à aller vers la gauche, elles limitent le risque d'être victimes de prédateurs en quête de proies isolées».

     

    Soulignons pour finir l'intérêt des recherches sur la latéralisation des comportements chez les invertébrés pour obtenir «des indications sur les origines lointaines du processus de latéralisation observé chez un grand nombre d'organismes».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Invariance property of wave scattering through disordered media» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de prouver que la loi qui dit que la longueur moyenne des trajectoires suivies par des particules dans un milieu désordonné ne dépend pas de la constitution de ce milieu mais uniquement de sa taille et de ses frontières, est une propriété valable pour le transport d’ondes en milieux complexes. C'est donc une propriété universelle caractérisant les phénomènes de transport classiques et ondulatoires.

     

    Le phénomène de «la diffusion d’ondes ou de particules à travers des milieux désordonnés englobe une grande variété de phénomènes de transport, allant du déplacement des insectes dans des environnements complexes à la conduction électronique dans les métaux ou encore à la diffusion de la lumière dans les tissus biologiques».

     

    Ainsi, une étude précédente, intitulée «An invariance property of diffusive random walks», s’était au départ intéressée «au déplacement de fourmis dans un environnement complexe». Dans ce cadre, «chaque fourmi chemine indépendamment, croise différents obstacles sur sa route et dessine une trajectoire compliquée, décrite par un processus appelé marche aléatoire».

     

    Il avait été alors montré «que, si les fourmis entrent dans le milieu en étant réparties uniformément sur la frontière et avec des directions quelconques, la longueur moyenne des trajectoires est toujours la même, et ce quelle que soit la nature du milieu (nombre et répartition des obstacles par exemple)».

     

    Ce résultat, qui peut apparaître au premier abord contre intuitif, «se vérifie pour tout transport de particules dans un milieu diffusant désordonné, comme le transport des neutrons dans un réacteur nucléaire ou le transport d'un gaz à travers un milieu poreux», car, dans toutes ces situations, «la longueur moyenne des trajectoires suivies ne dépend que de la taille du système et de sa frontière (pour peu que le flux de particules pénétrant dans le milieu soit isotrope et uniforme)»: elle «est donc totalement indépendante de la structure microscopique du milieu».

     

    Dans le prolongement de ce travail, l'étude ici présentée a prouvé, au moyen «des concepts de théorie des ondes et des simulations numériques allant au-delà de l’image de marche aléatoire» que cette propriété s’applique au transport d’ondes (comme la lumière ou les électrons dans un métal)

     

    Plus précisément, cela a lieu dans tous les régimes, «de la faible diffusion (transport 'balistique', une majorité de la lumière est transmise comme si le milieu était transparent) à la diffusion multiple forte (régime où toute la lumière est diffusée) et même dans le régime extrême de localisation d’Anderson (dans ce régime le désordre est tel que le transport est gelé)».

     

    Par conséquent, cette propriété fondamentale et universelle du transport en milieu désordonné, «jusque-là méconnue», qui établit un lien «entre des domaines très divers dans lesquels la diffusion joue un rôle prépondérant», pourrait «être exploitée dans des applications en imagerie, en détection ou en télécommunications utilisant des ondes de natures diverses».

     

     


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