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    Une étude, dont les résultats intitulés «Revealing δ Cephei's Secret Companion and Intriguing Past» ont été publiés dans la revue The Astrophysical Journal et sont disponibles sur arxiv.org, a permis de découvrir que la céphéide Delta Cephei est, en fait, une étoile double, composée de l’étoile variable et d’un compagnon, qui était jusqu’alors inconnu, probablement à cause de sa faible luminosité.

     

    Rappelons tout d'abord que les céphéides, qui «sont des étoiles dont la luminosité varie périodiquement», servent de repère pour mesurer les distances dans l’Univers. Delta Cephei, «la plus connue d’entre elles», une étoile super géante «dont la taille atteint 43 fois le rayon du Soleil».

    Découverte «il y a 230 ans par l’astronome anglais John Goodricke», elle est utilisée comme référence pour les mesures de distances depuis le début du 20e siècle (c'est d'ailleurs par extrapolation de ses caractéristiques, que «toutes les autres étoiles similaires sont appelées des céphéides)».

    La découverte du compagnon de Delta Cephei résulte de l'étude de cette étoile «par spectroscopie Doppler de haute précision (une méthode utilisée pour trouver des exoplanètes)»: en effet, il est en apparu «que la vitesse avec laquelle Delta Cephei s’approche du Soleil n’est pas constante, mais change de manière caractéristique avec le temps» ce qui ne peut s’expliquer que par la présence d’une autre étoile, qui tournerait autour d'elle.

    L'étude ici présentée a alors «déterminé l’orbite des deux étoiles et estimé la masse de celle nouvellement découverte», qui est bien plus faible que Delta Cephei, «environ dix fois moins que Delta Cephei». Comme la présence de cette étoile perturbe très légèrement le calcul des distances effectuées jusqu'à présent, cette découverte devrait «conduire à affiner le calcul des distances dans l’Univers».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Nascent bipolar outflows associated with the first hydrostatic core candidates Barnard 1b-N and 1b-S» ont été publiés dans la revue Astronomy and Astrophysics, a permis d'identifier, au moyen de l'interféromètre NOEMA du plateau de Bure, des 'signes très sérieux' de la présence d’un 'premier cœur hydrostatique' dans la proto-étoile B1b-N, située dans le nuage moléculaire de Persée.

     

    Rappelons tout d'abord que le 'premier cœur hydrostatique' correspond à une étape critique de l’évolution du nuage protostellaire qui va former une étoile par effondrement gravitationnel. Plus précisément, lorsque «le gaz s'est déjà réchauffé et fortement comprimé» et que «les températures et densités ne sont pas encore suffisantes pour dissocier les molécules d’hydrogène», la contraction du nuage ralentit un moment tandis que les températures montent («jusqu'au moment où l'hydrogène est dissocié ce qui relance l'effondrement gravitationnel») et «simultanément apparaît un flot relativement lent qui évacue de la matière de chaque côté du disque».

     

    Du fait que ce moment de basculement est «de courte durée aux échelles de temps astronomiques», puisqu'il dure environ mille ans, il est très difficile à observer. Il est toutefois essentiel d'observer de tels objets éphémères «pour tester les théories de formation stellaire» bien qu'ils rares dans l’Univers et «difficiles à identifier sans ambiguïté».

     

    Comme «le nuage moléculaire de Persée abrite plusieurs candidats» à ce statut de 'premier cœur hydrostatique', l'étude ici présentée a voulu apporter «des informations nouvelles sur deux d'entre eux situés dans le nuage dense Barnard 1b» en observant et caractérisant, par leurs tailles, leurs vitesses et leurs âges, les flots moléculaires s’échappant de ces deux objets.

     

    Les caractéristiques en question ont été déterminées en se focalisant «sur le méthanol CH3OH et le formaldéhyde (H2CO) contenus dans ces flots» et en les observant «à des longueurs d’ondes caractéristiques et à la résolution angulaire de 2.3 seconde d’arc (correspondant ici à environ 530 Unités Astronomiques)».

     

    Il est ainsi apparu «que chacune des deux sources protostellaires est associée à un flot moléculaire de petite taille». Ceci est essentiel, car, «étant donné qu’un premier cœur hydrostatique marque le début du dégagement de matière en jets perpendiculaires», les flots recherchés «doivent nécessairement être jeunes et petits».

     

    Au bout du compte, les propriétés de ces flots, qui «ont permis de contraindre le bilan d'énergie et de moment cinétique pour chaque source», ont été comparées «aux prédictions de modèles d'effondrement gravitationnel dans un milieu magnétisé».

     

    Il a été alors établi que, si «la source B1b-S est déjà trop active en termes de vitesse et de taille du flot moléculaire pour être au stade de premier cœur hydrostatique», les propriétés dynamiques de la source B1b-N «restent parfaitement compatibles avec celles d'un premier coeur hydrostatique».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Mechanical induction of the tumorigenic β-catenin pathway by tumour growth pressure» ont été publiés dans la revue Nature, a permis de montrer que la pression permanente anormale, que le développement d'une tumeur exerce sur les cellules saines avoisinantes, pouvait y induire l'expression de gènes tumoraux et même provoquer les premières phases d'une transformation tumorale des tissus avoisinants.

     

    Pour parvenir à mettre ce phénomène en évidence, «la pression exercée par la croissance d’une tumeur du côlon sur les tissus voisins» a, dans un premier temps, été évaluée dans des modèles expérimentaux. Il est ainsi apparu que «cette contrainte mécanique active la voie de signalisation béta-caténine dans les tissus sains voisins de la tumeur, et entraîne l’activation de gènes tumoraux», la béta-caténine étant «bien connue pour activer le processus tumoral dans de nombreux cancers».

     

    Dans un second temps, «les forces mécaniques induites par une tumeur sur les tissus alentours» ont été «mimé dans des tissus sains chargés de vésicules magnétiques», grâce à des aimants. Au bout de deux semaines, ces contraintes ont eu pour conséquence d'augmenter «la phosphorylation (i.e. l’activation) de la béta-caténine ainsi que sa relocalisation dans le noyau des cellules»: plus précisément, «sous l’effet de la pression, la protéine béta-caténine se détache de la membrane cellulaire pour aller dans le noyau où elle active alors des oncogènes qui favorisent la croissance tumorale».

     

    Puis, «au bout d’un mois, une surexpression du gène tumoral c-Myc, cible de la béta-caténine», est détectée, induisant «la division anarchique des cellules saines, mais aussi celle du gène cible Zeb-1, responsable de la perte d’adhésion cellulaire à l’origine de l’invasivité et de la métastase».

     

    Ensuite, après 2-3 mois, des foyers d'anomalies se forment «au niveau des cryptes du colon (accroissement de la taille des cryptes et altération de leur structure) qui correspondent aux premières étapes de la transformation tumorale».

     

    Ces observations suggèrent donc l'existence «d’un nouveau mode de propagation tumorale» découlant d'une contrainte mécanique, qui instaure «une boucle d’autorégulation amplificatrice, une réaction en chaîne». De plus, la contrainte mécanique «pourrait contribuer à l’hétérogénéité tumorale» en engendrant «des cellules tumorales aux caractéristiques distinctes du cœur de la tumeur».

     

    Ce mode de prolifération, qui peut induire une résistance aux traitements, devrait, à l'avenir, être pris en compte dans les approches thérapeutiques, car l’élimination complète des tumeurs doit «passer par une action sur l’ensemble des mécanismes mis en œuvre par la tumeur pour croître».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The oldest record of ornithuromorpha from the early cretaceous of China» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis de décrire deux spécimens, vieux de 130 millions d’années, d’Ornithurae, la branche évolutive qui a donné vie à toutes les espèces d'oiseaux actuelles).

     

    Rappelons tout d'abord que si ce n’est qu’après la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d’années, que les oiseaux modernes «ont connu une radiation évolutive» de sorte qu'en dix à quinze millions d’années, «un véritable 'big-bang' aviaire a conduit à l'émergence d'une grande diversité aboutissant aux quelques 10.000 espèces d'oiseaux représentées aujourd'hui», les ancêtres des oiseaux, eux, sont «apparus des millions d’années avant».

     

    Les deux fossiles décrits dans l'étude ici présentée, qui «ont été découverts dans le nord-est de la Chine, dans le bassin de Sichakou, province d’Hebei», sont vieux de 130,7 millions d’années, d'après les «datations stratigraphiques et radiométriques des couches géologiques» desquelles ils ont été extraits.

     

    Appartenant à une nouvelle espèce nommée Archaeornithura meemannae, ce sont «les plus anciens représentants des Ornithurae ou Ornithuromorpha, constituant environ la moitié des espèces d’oiseaux de l’ère mésozoïque» («les autres, les Enantiornithes, des oiseaux dotés de dents, ont disparu sans laisser de descendance lors de la crise qui a été fatale aux dinosaures»). Notons, qu'avant cette découverte, les spécimens les plus anciens connus «dataient de 125 millions d’années».

     

    Bien que les deux spécimens retrouvés soient composés «de squelettes partiellement conservés, dont il manque une grande partie des crânes», plusieurs types de plumes «ont été préservées», ce qui prouve «que ces oiseaux d’une quinzaine de centimètres de haut devaient être plutôt habiles en vol».

     

    En outre, l'absence de plumage au niveau des tibiotarses (os situés entre le fémur et les os du bas des pattes) révèle «un mode de vie semi-aquatique»: ainsi «comme d'autres oiseaux issus de la même région, l'Archaeornithura devait sans doute arpenter les nombreux marécages qui meublaient la zone à l'époque».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «An extremely young massive clump forming by gravitational collapse in a primordial galaxy» ont été publiés dans la revue Nature, a permis, grâce aux données couplées du télescope spatial Hubble et du télescope Subaru (Hawaii), de découvrir la naissance d’un super-amas d’étoiles au sein d’une galaxie située à 11 milliards d’années-lumière (z = 1.987).

     

    Rappelons tout d'abord qu'au sein des galaxies les amas géants constitués de très jeunes étoiles correspondent à «des régions denses et très actives de formation d’étoiles». Dans le cas présent, ce super-amas d’étoiles, qui est apparu il y a «seulement 10 millions d’années et contient une très grande quantité de gaz», forme en étoiles «l’équivalent de 30 fois la masse du Soleil par an, avec une efficacité dix fois supérieure aux valeurs moyennes observées à cette époque de l’histoire cosmique».

     

    Cette observation prouve que «qu’au début de l’Univers, les amas d’étoiles nouvellement formés au sein des galaxies résistent à l’action destructrice des vents stellaires et des supernovae» et peuvent «ainsi survivre plusieurs centaines de millions d’années, et ce contrairement aux prédictions de certains modèles théoriques».

     

    D'autre part, «un ensemble de simulations hydrodynamiques à très haute résolution», effectuées «en utilisant le supercalculateur du Très grand centre de calcul du CEA et du GENCI pour reproduire la formation de ces super-amas», indiquent «que, dans les galaxies riches en gaz, le gaz se fragmente et forme beaucoup de nouvelles étoiles dans une même région durant les premiers millions d’années, atteignant des valeurs concordant avec les données du super-amas observé».

     

    Cependant, «après une quinzaine de millions d’années environ, l’effet des vents stellaires provenant des jeunes étoiles massives et de l’explosion des premières supernovae devient suffisamment fort pour contrebalancer l’effondrement gravitationnel du gaz» de sorte que «la formation stellaire décroit alors progressivement».

     

    En outre, comme «les super-amas recensés dans les autres galaxies distantes correspondent à des complexes d’étoiles nettement plus évolués et plus âgés», le caractère exceptionnel du phénomène découvert ici («un super-amas observé dans sa jeunesse, et présentant un taux de formation d’étoiles très élevé») impose «que la durée de vie des super-amas observés dans l’Univers lointain pourrait atteindre au moins 500 millions d’années».

     

    En conséquence, cette contrainte «exclut certains scénarios théoriques qui prédisent la destruction rapide des super-amas jeunes par l’action des vents provenant des étoiles massives nouvellement formées, et corrobore l’idée que ceux-ci peuvent vivre suffisamment longtemps pour évoluer dans le disque galactique au sein duquel ils se sont formés» en migrant vers le cœur de la galaxie et en jouant «un rôle majeur dans la croissance du bulbe et du trou noir géant central».

     

     


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