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    Une étude, dont les résultats intitulés «Hallucigenia’s head and the pharyngeal armature of early ecdysozoans» ont été publiés dans la revue Nature, a abouti à enfin identifier la tête d’Hallucigenia, et également à découvrir d'autres particularités de ce ver surprenant.

     

    Rappelons tout d'abord que les Hallucigenia, qui étaient des vers mesurant «entre 10 et 50 mm de long», vivaient au fond des océans  il y a environ 505 à 510 millions d'années «durant l'explosion cambrienne, une période qui a vu éclore la plupart des grands groupes d'animaux modernes».

     

    L'étude ici présentée, réalisée dans le prolongement d'un travail précédent, a fait l'analyse de 165 spécimens, appartenant aux «collections du Musée royal de l'Ontario et de l’institut Smithsonian», qui «proviennent notamment des schistes de Burgess dans les Rocheuses canadiennes, l'un des plus riches gisements de fossiles du Cambrien dans le monde».

     

    Les images des fossiles, obtenues au moyen de la microscopie électronique, ont alors permis de distinguer «une tête allongée avec une paire d'yeux simples situés au-dessus d’une bouche entourée d’un anneau de dents».

     

    Ces dents devaient sans doute servir à aspirer la nourriture «en créant un effet de soupape», tandis qu'une seconde série de dents, en forme d’aiguille, qui «a été retrouvée en avant de l’intestin antérieur», devait agir «comme un cliquet pour maintenir la nourriture à l’intérieur quand Hallucigenia ouvrait la bouche pour une nouvelle aspiration».

     

    Il découle de ce travail que la bouche d'Hallucigenia apparaît «très semblable à celle trouvée dans d'autres groupes, tels que les nématodes et les kinorhynches (des vers vivant dans les sédiments)», affichant également «des similitudes avec celle de l’ancêtre commun des arthropodes».

     

    Comme «l'analyse moléculaire avait déjà conduit à regrouper les arthropodes, les vers nématodes et d’autres animaux comme l’Hallucigenia au sein du clade des Ecdysozoaires, des organismes dont le développement s’effectue par une série de mues», ces observations «fournissent la première preuve morphologique que ce regroupement est adéquat».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The build-up of the cD halo of M 87: evidence for accretion in the last Gyr» ont été publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics Letters, a permis, grâce à une astuce observationnelle, de démontrer, sans la moindre ambigüité, que la proche galaxie elliptique géante Messier 87 avait fusionné avec une galaxie spirale de plus petite taille au cours des derniers milliards d'années.

     

    En effet, au lieu d'observer l'ensemble des étoiles de la galaxie Messier 87, une énorme sphère étoilée située «à quelques 50 millions d'années-lumière, au centre de l'amas de galaxies de la Vierge» dont la masse totale équivaut à plus d'un million de millions de masses solaires, l'étude ici présentée s'est focalisée sur les nébuleuses planétaires («ces enveloppes lumineuses qui entourent les étoiles âgées») du fait que ces objets, qui «brillent intensément avec une couleur vert turquoise», se distinguent nettement des étoiles environnantes et témoignent de la survenue de cette fusion.

     

    Plus précisément, les mouvements de 300 nébuleuses planétaires brillantes, qui ont pu être mesurés au moyen du spectrographe FLAMES qui équipe le Très Grand Télescope de l'ESO (VLT), a fourni des indices relatifs à ce phénomène d'accrétion si difficile à documenter.

     

    En pratique, cette étude, nous fait assister, pour la première fois, à «la chute d'une galaxie de taille moyenne vers le centre de Messier 87» avec des forces de marée gravitationnelle si importantes «que les étoiles se trouvent à présent disséminées sur une zone 100 fois plus étendue que la galaxie originelle».

     

    De plus, l'examen de la distribution de lumière au sein des régions périphériques de Messier 87, montre que cette portion étendue du halo externe est «deux fois plus brillante qu'elle ne le serait si la collision ne s'était pas produite».

     

    Ces observations suggèrent donc que la galaxie absorbée «consistait vraisemblablement, avant la fusion, en une galaxie spirale à formation d'étoiles» qui a «enrichi Messier 87 en étoiles plus jeunes, plus bleues».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «A giant comet-like cloud of hydrogen escaping the warm Neptune-mass exoplanet GJ 436b» ont été publiés dans la revue Nature, a permis, pour la première fois, de détecter, grâce au Spectrographe Imageur (STIS) équipant le télescope Hubble (HST), un gigantesque nuage de gaz s’échappant (comme une queue cométaire) de GJ 436b, une exoplanète de type Neptune-chaud.

     

    Du fait que certaines longueurs d’onde bien particulières de la lumière émise par une étoile, qui traverse l’atmosphère d'une planète orbitant autour d'elle, sont absorbées, la signature qui en résulte caractérise l’atmosphère en question.

     

    Dans ce cadre, la gamme de longueurs d’onde des ultraviolets, utilisée dans l'étude ici présentée, conduit à «détecter des signatures atmosphériques plus importantes que dans les longueurs d'onde optiques», notamment celles de l'hydrogène, «le composant le plus fréquents de l'univers».

     

    C'est ainsi que l'observation dans le domaine des ultraviolets par le télescope Hubble de GJ 436b, lorsque celle-ci transite devant son étoile GJ 436, a fait découvrir «la présence d’une atmosphère extrêmement étendue qui entoure l'exoplanète, à l’image d’une queue de comète géante».

     

    Plus précisément, cette atmosphère, essentiellement composée d'hydrogène gazeux, «couvre environ 56% de la surface de l'étoile, ce qui est colossal en regard des 0,69% couverts par la planète elle-même» de sorte que «l'exoplanète pourrait avoir perdu 10% de son atmosphère depuis le début de sa vie».

     

    Cette étude, en permettant «de mieux comprendre l'évolution des planètes de faible masse qui orbitent très près de leur étoile», ouvre donc des perspectives nouvelles dans le cadre de la détection d'exoplanètes.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Magnetic fields in the nearby spiral galaxy IC 342: A multi-frequency radio polarization study» sont disponibles sur arxiv.org, a permis de réaliser, grâce à l'effet Faraday une cartographie de l'orientation des champs magnétiques de la galaxie IC 342, qui montre des détails jamais observés auparavant dans une galaxie spirale.

     

    Rappelons tout d'abord qu'une théorie, élaborée dans les années 1960 par C. C. Lin et Frank Shu, explique que les bras des galaxies spirales, qui «constituent presque les deux tiers des galaxies dans l’univers actuel», proviennent de «la formation d’ondes de densité dans le fluide d’étoiles».

     

    Cependant, à la suite de l'observation, faite «au moins depuis le début des années 1990», que «les lignes de champs magnétiques dans les galaxies spirales coïncidaient avec les bras spiraux, par exemple dans le cas de M51, surnommée la galaxie du Tourbillon (Whirlpool Galaxy en anglais)», il semble «que des interactions magnéto-gravitationnelles se produisent entre les champs magnétiques galactiques et les ondes de densité» comme l'indique «l'astrophysicienne Agnès Acker dans son célèbre ouvrage d’introduction à l’astronomie (réédité plusieurs fois)».

     

    Dans ce contexte, la recherche ici présentée a utilisé l'effet Faraday pour étudier IC 342, «une galaxie spirale barrée vue de face située à environ 7 millions d'années-lumière de la Terre dans la constellation de la Girafe», qui est intéressante, non seulement parce qu’on peut la voir de face, mais aussi parce qu'elle «occupe le troisième rang en ce qui concerne les galaxies spirales les plus proches de nous» («le premier est occupé par la galaxie d’Andromède et le second par la galaxie du Triangle»).

     

    L'effet Faraday, qui correspond à une «modification de la polarisation d’une onde électromagnétique passant dans une région où se trouvent des champs magnétiques» peut être mis à contribution, en particulier, avec des ondes radio, puisque «l'orientation de la polarisation de ces ondes est perpendiculaire à celles des champs magnétiques, ce qui permet d'établir une cartographie». En l'occurrence, elle a été réalisée à l'aide «du radiotélescope de Effelsberg, en Allemagne, dont les observations ont été combinées avec celles du Very Large Array (VLA)».

     

    Ainsi, il découle de l'image obtenue que les champs magnétiques affecteraient «des flux de gaz le long des bras spiraux», car les lignes de champs magnétiques, qui convergent vers la région centrale de la galaxie IC 342, laissent penser qu’elles accompagnent et soutiennent l'apport de matière vers «une zone de formation d’étoiles plutôt actives».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Strong and moderate nonlinear El Niño regimes» ont été publiés dans la revue Climate Dynamics, a permis, grâce à l'analyse de 1200 ans d’une simulation effectuée avec le modèle climatique "GFDL CM2.1" du Geophysical fluid dynamics laboratory, de démontrer l’existence de deux régimes de variabilité associés à l'Oscillation australe El Niño (ENSO), dont les événements El Niño du Pacifique central et ceux du Pacifique Est sont l’expression des phases chaudes.

     

    Plus précisément, ENSO est susceptible de produire deux types d’événements El Niño: d'une part, «des événements d’intensité moyenne, appelés Modoki, dont la phase chaude se développe dans le Pacifique central» et, d'autre part, «des événements extrêmes dont la phase chaude se développe dans le Pacifique Est», très rares puisque «seuls deux événements de ce type ont eut lieu au cours des six dernières décennies: l’un en 1982/83 et l’autre en 1997/98».

    Essentiellement, l'étude ici présentée a montré que la non-linéarité de la réponse atmosphérique aux anomalies de température de surface de l’océan «est un effet de seuil de la relation entre la température de surface de l’océan et la convection grande échelle» ne s’activant «que lorsque la température de surface de l’océan dépasse 27,5°C», de sorte qu'à ce moment-là, la convection, qui se met en place, conduit à un événement El Niño extrême «si l’amplitude des anomalies de température de surface de l’océan dans le Pacifique Est devient supérieure à 1,6°C».


    Ce travail, qui fournit «un nouvel indicateur précurseur des événements extrêmes», devrait être très précieux dès cette année, «car les conditions semblent d’ores et déjà favorables à l’émergence d’un événement El Niño de forte amplitude».

     

     

     


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