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    Une étude, dont les résultats intitulés «A New Horned Dinosaur Reveals Convergent Evolution in Cranial Ornamentation in Ceratopsidae» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de décrire une nouvelle espèce de dinosaure à cornes dont les os fossilisés, vieux de 65 millions d'années, ont été mis au jour, il y a une dizaine d'années, dans une falaise qui longe la rivière Oldman en Alberta (Canada).

     

    Surnommé 'Hellboy' «du nom d'un personnage de bandes dessinée, qui porte des cornes sur la tête», ce dinosaure végétivore, proche cousin du Triceratops, , a été officiellement «baptisé Regaliceratops peterhewsi, en référence à son énorme bouclier en forme de collerette derrière son crâne» et au nom de son découvreur (Peter Hew).



    Concrètement, une reconstruction de "Hellboy" fait apparaître «qu'il était similaire à de nombreux égards aux Triceratops mais avait une couronne autour de sa tête très distinctive, une corne plus imposante sur son nez et une petite corne au-dessus de chacun des yeux».

     

    Cette découverte a des implications sur notre compréhension de l'évolution des dinosaures à cornes qui se répartissent en deux groupes: d'une part, «les Chasmosaurus dotés d'une petite corne sur le nez et d'autres plus imposantes au-dessus des yeux ainsi que d'une longue collerette» et, d'autre part, les Centrosaurus, qui se distinguent «par une grande corne sur le nez, de plus petites au-dessus des yeux et une collerette courte».



    Pour sa part, 'Hellboy', qui appartient «aux Chasmosaurus mais avec des ornements plus similaires aux Centrosaurus», vivait dans une période qui a suivi l'extinction des Centrosaurus» («les Centrosaurus ont disparu de la planète plusieurs millions d'années avant les Chasmosaurus» qui se sont éteints «avec tous les autres dinosaures à la fin de la période du Crétacé il y a environ 65 millions d'années»).



    Ainsi, «le Regaliceratops peterhewsi constitue le premier exemple d'une convergence de l'évolution chez les dinosaures à cornes», autrement dit, «les deux groupes ont évolué indépendamment pour développer des caractéristiques anatomiques similaires».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Early Modern Humans and Morphological Variation in Southeast Asia: Fossil Evidence from Tam Pa Ling, Laos» ont été publiés dans la revue PLOS ONE, suggère, à partir de l'analyse d'un crâne et d'une mandibule découverts à quelques mètres de distance, dans une grotte au nord-est du Laos, que les premiers Hommes modernes étaient morphologiquement très diversifiés.

     

    Le crâne, immatriculé TPL1, qui avait été «mis au jour en 2009 dans la grotte de Tam Pa Ling» et décrit dans un article publié en 2012 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences USA», apparaît comme «l’un des plus anciens fossiles d’Hommes modernes du sud-est asiatique».

     

    Sa découverte prouve que les premiers humains «qui ont migré vers les côtes et les terres du sud-est asiatique, après être partis d’Afrique», ont «parcouru l’Eurasie plus tôt que ce que l’on ne pensait, entre 44 000 à 63 000 ans», ce qui «recule de près de 20 000 ans la date de la présence de l’Homme moderne dans la région».

     

    La mandibule, immatriculée TPL2, «découverte en 2010», qui «se situe dans le même intervalle de temps que le crâne», appartient à un second individu. De petite taille, elle possède, «contrairement à la morphologie moderne du crâne», des traits morphologiques à la fois archaïques et modernes, «comme la présence d’un menton protubérant et un corps alvéolaire d’une très grande robustesse».

     

    Si «pour certains chercheurs, cette mosaïque de caractères montre que les Hommes modernes qui ont migré vers de nouvelles régions se sont mélangés aux populations archaïques déjà présentes localement», une autre explication bien plus simple est proposée ici: elle consiste à dire qu'à cette époque, les premiers Homo sapiens modernes migrants présentaient une très grande diversité morphologique.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «UV Light Reveals the Diversity of Jurassic Shell Colour Patterns: Examples from the Cordebugle Lagerstätte (Calvados, France)» ont été publiés dans la revue PLOS ONE, a permis, pour la première fois, de mettre en évidence une grande variété de motifs colorés chez des coquillages fossiles âgés d'environ 160 millions d'années (ère secondaire, époque du Jurassique : -200 à -145 Ma), révélant une diversification très ancienne des motifs colorés des coquillages.

     

    Les coquillages analysés provenaient du riche gisement de Cordebugle (Normandie), «connu depuis un siècle pour la qualité exceptionnelle de ses coquilles du Jurassique», car, bien que ce gisement a aujourd'hui disparu, «le Muséum national d’Histoire naturelle, ainsi que l’Université de Paris VI (UPMC) conservent des collections de ce précieux matériel».

     

    Dans le cadre de l'étude ici présentée, ils ont été réétudiés «en utilisant une méthode non destructive qui consiste à exposer les coquilles sous lumière UV (ultraviolet)», car, sous UV, «les parties de la coquille, autrefois colorées et que l’on ne voit plus en lumière naturelle», prennent des teintes jaunes-pâles ou rouges en devenant fluorescentes et dessinent de la sorte des motifs jusqu'alors ignorés.

     

    Ainsi, «sur 46 espèces étudiées sous lumière UV, 25 ont montré des motifs colorés». Les observations des motifs de ces espèces qui «sont des gastéropodes et des bivalves marins (deux classes de mollusques) ayant vécu en milieu peu profond», ont conduit à «distinguer neuf types de motifs différents dont six chez les gastéropodes et trois chez les bivalves».

     

    Ceci prouve l'existence d'une phase de diversification des motifs colorés «nettement antérieure à celle de l’ère tertiaire (-65 à -2,6 Ma)» et met en évidence «qu’à l’instar de la faune actuelle, les motifs colorés des gastéropodes du Jurassique sont déjà plus variés que ceux des bivalves».

     

    Il faut également souligner que «l’existence de deux types distincts de fluorescences chez les gastéropodes» trahit «une différence majeure dans la composition chimique des pigments impliqués dans la formation de leurs motifs colorés», ce qui est «d’une grande importance pour la classification des gastéropodes car elle permet de distinguer les membres de différents grands clades»: plus précisément, «les Vetigastropoda émettent une fluorescence rouge, tandis que les Caenogastropoda et les Heterobranchia émettent une fluorescence jaune-vert».

     

    Pour terminer, indiquons que, comme jusqu'ici, les plus anciens motifs colorés préservés et observés sous lumière UV dataient du début de l’ère tertiaire et avaient environ 55 millions d’années, leur «révélation chez des espèces âgées d’environ 160 millions d’années» met en lumière que l'analyse «de ces motifs colorés peut s’étendre à des périodes très anciennes», ce qui aboutira à «mieux comprendre leur évolution au cours du temps».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Varroa destructor changes its cuticular hydrocarbons to mimic new hosts» ont été publiés dans la revue Biology Letters, a permis de démontrer que Varroa destructor, un acarien parasite des abeilles, connu pour sa capacité d'imiter la composition chimique de la cuticule (c'est-à-dire «la couche externe sécrétée par l'épiderme des insectes», qui «forme leur squelette externe») de son hôte, est aussi capable de modifier cette composition en fonction de l'espèce qu'il parasite.

     

    Rappelons tout d'abord, que l'hôte d'origine de l'acarien Varroa destructor, un ectoparasite (c'est-à-dire un parasite externe qui vit sur le corps d'un autre organisme) de l'abeille européenne domestique (Apis mellifera) qu'il a commencé à parasiter dans les années 40-50 «posant de nombreux problèmes sanitaires à leurs colonies», est Apis cerana, l'abeille asiatique.

     

    Concrètement, Varroa destructor s'introduit «dans les alvéoles des ruches contenant les larves d'abeille et se nourrit de leur hémolymphe» (liquide circulatoire dont le rôle est semblable à celui du sang chez les vertébrés)» et «parasite également les nymphes et les abeilles adultes».

     

    Cependant, la cuticule des abeilles étant constituée «d'un mélange d'une cinquantaine de composés lipidiques (des hydrocarbures) qui servent entre autre à la communication chimique», les abeilles ont la capacité «de reconnaître la composition d'une cuticule et d'identifier ainsi l'espèce ou l'âge d'un individu», ce qui leur donne le pouvoir de détecter également la présence des parasites dont la cuticule est différente.

     

    De ce fait, alors que l'abeille asiatique présente des comportements (toilettage des adultes et vérification des larves par les ouvrières) permettant de détecter et d'éliminer le parasite, ceux-ci «se retrouvent moins chez les abeilles mellifères» de sorte que «sans traitement chimique, leurs colonies meurent en deux à trois ans».

     

    Comme des études précédentes avaient montré «que l'acarien Varroa destructor peut mimer les hydrocarbures cuticulaires de leur hôte et ainsi échapper au comportement hygiénique des abeilles», l'étude ici présentée s'est focalisée sur «la capacité des acariens, selon leur origine, à mimer la composition de la cuticule d'un nouvel hôte, d'une espèce différente, en transférant des acariens vivant dans une colonie d'abeilles asiatiques sur des larves d'abeilles européennes et inversement».

     

    Il est alors apparu que les parasites «sont capables d'imiter les deux hôtes, même lorsqu'ils sont transférés artificiellement», car «les proportions des hydrocarbures cuticulaires des acariens changent après le transfert afin de mimer la cuticule de leur nouvel hôte». En outre, l'analyse des cuticules a «mis en lumière que les acariens issus de colonies d'abeilles asiatiques sont de meilleurs imitateurs que ceux provenant d'abeilles européennes».

     

    Ainsi, ce système hôte-parasite apparaît comme «une belle illustration de la 'course aux armements' à laquelle se livrent deux organismes au cours de leur évolution commune»: en l'occurrence, «la longue co-évolution entre Varroa destructor et Apis cerana a semble-t-il permis aux acariens d'être plus efficaces dans leur mimétisme chimique et aux abeilles asiatiques de développer des comportements plus adaptés à la lutte contre le parasite» tandis que «le passage relativement récent de l'acarien chez Apis mellifera explique pourquoi l'abeille européenne a du mal à détecter le parasite».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Systematic humanization of yeast genes reveals conserved functions and genetic modularity» ont été publiés dans la revue Science, a permis de mettre en évidence que presque la moitié (47%) des gènes vitaux de la levure peuvent être remplacés par leur équivalent humain.

     

    Pour le montrer, l'étude ici présentée a, dans un premier temps, identifié 414 gènes chez les levures, qui sont «impliqués dans des fonctions vitales telles que l'élimination des déchets, le transit des protéines à travers la membrane ou la fabrication d'énergie». Dans un second temps, ces gènes vitaux ont été désactivés un par un, puis remplacés par leur équivalent chez l'homme.

     

    Mises en culture, ces levures génétiquement modifiées ont fait apparaître que, «pour près d'un gène sur deux», elles «s'accommodent parfaitement d'une séquence génétique humaine», ce qui confirme que, «bien que des milliards d'années d'évolution nous séparent de ces organismes unicellulaires», notre patrimoine génétique est bien hérité, pour une bonne partie, d'un ancêtre commun.

     

    Cette compatibilité est «d'autant plus surprenante que les gènes humains codant pour une même fonction biologique chez la levure sont parfois différents dans leur longueur». Ceci souligne que «la similarité des séquences génétiques ou la quantité de protéines produites par la transcription de cet ADN n'est pas un bon indicateur du fait qu'un gène humain va pouvoir se substituer au gène original de la levure», car, en fait, l'interchangeabilité dépend de la capacité des groupes de gènes à travailler ou non ensemble, puisque souvent «plusieurs gènes interviennent dans l'accomplissement d'une même fonction biologique».

     

    Il résulte de cette remarque, que «si l'un des gènes de ce groupe est remplaçable par son équivalent humain, alors tous les autres gènes participant à la même fonction auront également tendance à être eux aussi remplacés par leur version humaine»: par exemple, il en est ainsi «de la voie métabolique responsable de la fabrication des stérols (le cholestérol par exemple)». Par contre, «l'inverse n'est pas vrai» puisque la 'greffe' de gènes humains n'a pas pris sur les gènes «impliqués dans l'initiation de la réplication de l'ADN».

     

    Cette étude, qui «apporte de précieuses informations en matière de génétique évolutive», représente «une approche intéressante pour comprendre certaines maladies génétiques et leur trouver de nouvelles voies de traitement».

     

    De ce fait, après les presque 200 gènes vitaux identifiés comme interchangeables avec l'homme, cette recherche va être étendue «à l'ensemble du patrimoine génétique de la levure», car il pourrait y avoir «un bon millier de gènes interchangeables entre nos deux espèces».

     

     


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