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    Une étude, dont les résultats intitulés «Fitness Benefits of Mate Choice for Compatibility in a Socially Monogamous Species» ont été publiés dans la revue PLOS Biologie, a permis de montrer sur un modèle animal que le libre choix du partenaire sexuel constitue un avantage pour la perpétuation d'une espèce découlant d'une meilleure compatibilité comportementale au moment de la période d'élevage.

     

    Rappelons tout d'abord que les travaux consacrés aux motivations du choix d'un partenaire sexuel sont principalement axées sur les préférences associées à des indicateurs qualitatifs avec l'hypothèse que tous les individus montrent un consensus sur le portrait du partenaire qui doit être le plus attractif. Cependant, chez certaines espèces, les préférences d'accouplement semblent plutôt spécifiquement individuelles, ce qui suggère qu'elles pourraient être liées à une compatibilité génétique ou comportementale.

     

    Alors que peu d'études se sont penchées sur l'avantage du libre choix sexuel pour la perpétuation d'une espèce, l'étude ici présentée a cherché à évaluer l'intérêt de ce libre choix chez des diamants mandarins (Taeniopygia guttata), qui sont des oiseaux sociables, monogames et relativement fidèles.

     

    En particulier, il est ainsi statistiquement apparu que les paires sexuelles qui ont résulté du libre choix du partenaire ont abouti à un succès reproducteur 37% plus élevé que les paires qui ont été forcées à s'accoupler: en fait, dans les deux cas, il y eu des taux égaux de mortalité embryonnaire (avant l'éclosion), mais les paires 'libre-choix' sont parvenues à mieux élever leur progéniture que les paires 'forcées'.

     

    Comme la mortalité embryonnaire dépend principalement de la compatibilité génétique, alors que la mortalité de la progéniture au cours de la période d'élevage dépend du comportement des parents nourriciers, cette observation montre que les mobiles qui sont à la source du libre choix correspondent à des facteurs d'aptitude liés au comportement et pas à des facteurs génétiques.

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Abundant molecular oxygen in the coma of comet 67P/Churyumov–Gerasimenko» ont été publiés dans la revue Nature, a permis de révéler, grâce à l'instrument Rosina, installé sur la sonde Rosetta, la présence surprenante de molécules de dioxygène dans la queue de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko.

     

    Rappelons tout d'abord que Rosina analyse les gaz émis par le noyau de glaces et de poussières formant la fameuse queue de la comète 67P en pesant les molécules afin de les identifier. C'est entre septembre 2014 et mars 2015 que de oxygène sous sa forme la plus commune sur Terre (O2) a été détectée pour la première au voisinage d’une comète, alors que, jusqu'ici, «cette molécule n’avait été repérée qu’autour de lunes de Jupiter et de Saturne et dans deux nuages interstellaires, dont la fameuse nébuleuse d’Orion, la plus luisante de notre galaxie».

     

    Le problème provient du fait qu'il est difficile d'expliquer l'abondance de l'oxygène découvert («jusqu’à 10% de la vapeur d’eau, ce qui est dix fois plus que dans le milieu interstellaire»).

     

    La première hypothèse avancée pourrait consister à dire «que, puisque l’oxygène existe dans les nébuleuses primitives, il pourrait s’être fixé sur les grains de poussière ou les embryons de glace qui plus tard s’assembleront pour former les comètes».

     

    La difficulté, c'est que les modèles chimiques ne parviennent pas à piéger autant d’oxygène que ce que l’on trouve, après l'effondrement du nuage primordial et la formation du disque protosolaire.

     

    L'autre hypothèse serait «que cet oxygène ait été fabriqué tout au long de la vie de la comète, une fois formée et en rotation autour du Soleil». Cependant, si «les rayonnements du Soleil, tout comme des bombardements de particules cosmiques diverses, peuvent apporter l’énergie suffisante pour casser les molécules d’eau gelées et créer de l’ O2», cette «chimie violente, baptisée 'radiolyse', devrait par exemple créer aussi de l’ozone, une molécule faite de trois atomes d’oxygène» que Rosina n'a, pour l'instant, pas repéré.

     

    Comme, en plus, «cette synthèse ne peut se faire qu’en surface du noyau», la quantité d’oxygène libérée devrait «diminuer au fur et à mesure que la comète se débarrasse de ses couches superficielles lors de ses approches du Soleil», ce qui n'est pas observé.

     

    L'énigme reste donc entière, mais cette détection inattendue d'oxygène suggère tout de même «que cette molécule n’est peut-être pas une bonne signature de la présence de vie».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The VVV Survey reveals classical Cepheids tracing a young and thin stellar disk across the Galaxy's bulge» ont été publiés dans la revue Astrophysical Journal Letters et sont disponibles en pdf, a permis de découvrir, grâce au télescope VISTA, un disque constitué de jeunes étoiles et masqué par la présence d'épais nuages de poussière dans le bulbe galactique. Cette composante jusqu'ici inconnue de la Voie Lactée a été mise évidence en cartographiant les emplacements d'étoiles variables de type Céphéides.

     

    Rappelons tout d'abord que «le sondage Variables VISTA dans la Voie Lactée (VVV) est un programme public de l'ESO qui consiste à régulièrement capturer, au moyen du télescope VISTA de l'Observatoire de Paranal, de multiples images des régions centrales de la galaxie à diverses longueurs d'ondes infrarouges».

     

    En analysant «les données acquises par ce sondage entre 2010 et 2014», l'étude ici présentée a pu identifier «655 étoiles variables, vraisemblablement de type Céphéides». Comme la durée d'un cycle d'une étoile Céphéide est d'autant plus longue qu'elle est brillante (une relation «découverte en 1908 par l'astronome américaine Henrietta Swan Leavitt»), les étoiles de type Céphéides qui «se répartissent en deux classes qui diffèrent l'une de l'autre selon leurs âges respectifs» sont employées «pour estimer la distance ainsi que la position d'objets lointains (situés à l'intérieur, voire au-delà de la Voie Lactée)».

     

    Dans le cadre de cette étude, «35 membres du sous-groupe baptisé Céphéides classiques» ont été identifiés au sein de l'échantillon de 655 étoiles, les Céphéides classiques étant «de jeunes étoiles brillantes, nettement distinctes de celles, beaucoup plus âgées, qui peuplent en majorité le bulbe central de la Voie Lactée».

     

    Il est ainsi apparu que ces 35 Céphéides classiques «sont toutes âgées de moins de 100 millions d'années», la plus jeune d'entre elles n'excédant «sans doute pas les 25 millions d'années». Ces jeunes âges apportent ainsi, «l'irréfutable preuve de la création ininterrompue, ces cent derniers millions d'années, de nouvelles étoiles dans les régions centrales de la Voie Lactée».

     

    Mais, surtout, comme il a été dit, la cartographie des Céphéides nouvellement découvertes, a révélé l'existence d'un «mince disque de jeunes étoiles au travers du bulbe galactique» demeuré invisible dans les sondages précédents parce qu'il est masqué par d'épais nuages de poussière.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Thalamic control of sensory selection in divided attention» ont été publiés dans la revue Nature, a permis de valider, par une expérience sur un modèle animal, l'hypothèse que l’attention est dirigée de manière intentionnelle par le cortex préfrontal et le thalamus.

     

    Pour établir cette preuve, l'étude ici présentée a utilisé des «souris génétiquement modifiées, chez qui l’on peut à loisir 'allumer' ou 'éteindre' certains circuits cérébraux par l’optogénétique (nouvelle méthode qui consiste à activer certains neurones par stimulation lumineuse)».

     

    Pour mettre la souris en situation de sélection intentionnelle de l’attention, «on lui apprend à attendre une récompense (un peu de lait) après un signal sonore, ou bien après un flash lumineux». Cependant, «lorsqu’elle attend un signal sonore, on lui projette un flash» de sorte qu'elle doit «faire l’effort de maintenir son attention sur le signal sonore malgré la distraction visuelle». De même, si «une souris conditionnée à attendre un signal visuel est distraite par un son», elle est amenée «à se concentrer et à ignorer l’entrée sensorielle parasite».

     

    Comme, l'activité électrique du cerveau de chaque souris «est en même temps mesurée à la fois dans le cortex préfrontal mais aussi une zone particulière du thalamus, le noyau réticulé thalamique NRT», il est d'abord apparu que «quand la souris doit ignorer la lumière pour se concentrer sur le son, les neurones du NRT qui contrôlent la vision sont plus actifs, réduisant le signal visuel», tandis que, à l’inverse, «quand la souris doit ignorer le son, les neurones du NRT contrôlant l’ouië deviennent plus actifs à leur tour».

     

    Ces observations démontrent ainsi que le noyau réticulé thalamique est «bien le centre commutateur, le tableau de bord qui permet de réguler notre attention en fonction des besoins, du contexte».

     

    De plus, «en jouant, à l’aide de l’optogénétique à 'allumer' ou 'éteindre' les zones cérébrales tour à tour», on constate que le cortex préfrontal commence à donner «l’ordre au NRT de sélectionner l’information sur laquelle se focaliser» et qu'ensuite «le NRT contrôle l’attention en activant telle ou telle population de neurones».

     

    Cette étude, qui devrait «avoir des implications importantes dans la recherche sur des troubles mentaux tels que l’autisme ou le trouble de l’attention/hyperactivité TDAH», a également révélé que «nous ne pouvons pas faire bien deux choses à la fois», car «l’anticipation d’une tâche à venir perturbe la performance de celle en cours» puisque «lorsqu’une souris anticipait qu’elle allait devoir choisir entre deux stimulus, ses performances diminuaient».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Ethyl alcohol and sugar in comet C/2014 Q2 (Lovejoy)» ont été publiés dans la revue Science Advances, a permis pour la première fois de détecter de l’alcool éthylique (C2H5OH) et du plus simple des sucres, le glycolaldéhyde (CH2OHCHO) dans la comète C/2014 Q2 (Lovejoy).

     

    Rappelons tout d'abord que «les comètes sont des vestiges de la formation du Système solaire qui ont conservé dans leurs glaces des informations sur la composition et les conditions physiques qui prévalaient dans la nébuleuse protoplanétaire, il y a 4,5 milliards d’années». Ainsi, lorsqu'elles s'approchent du Soleil, «leurs glaces se subliment et libèrent une atmosphère riche en molécules diverses, qui peut être sondée à distance grâce à des instruments au sol tels que le radiotélescope de 30 m de l’Institut de RadioAstronomie MillimétriqueIRAM, équipé de puissants systèmes de détection».

     

    La comète C/2014 Q2, qui vient du nuage d’Oort situé à près de 1 000 unités astronomiques (UA) du Soleil, a été «découverte en août 2014 par l’astronome amateur australien Terry Lovejoy». Passée «au plus près du Soleil et de la Terre en janvier 2015», elle a éjecté «plus de 20 tonnes de vapeur d’eau par seconde à son maximum d’activité» de sorte que les observations réalisées avec le radiotélescope de l'IRAM «ont permis quantifier la production de 21 molécules».

     

    Parmi ces molécules, on peut citer en premier «l’alcool éthylique et le glycolaldéhyde, toutes deux présentes avec des abondances relatives à l’eau respectivement de 0,12% et 0,02%». Des molécules organiques complexes ont également été détectées «comme l’éthylène glycol (utilisé comme antigel), le formiate de méthyle, l’acétaldéhyde (ou éthanal), la formamide, l’acide formique, et le formaldéhyde».

     

    Le fait que «ces molécules organiques ont une abondance relativement élevée, comparée aux abondances mesurées dans les régions de formation d’étoiles» plaide en faveur d'une «synthèse organique importante dans les régions extérieures de la nébuleuse protoplanétaire».

     

    Par ailleurs, alors que la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko et la comète Lovejoy «ne proviennent pas du même réservoir : nuage d’Oort (à 10 000-100 000 UA du Soleil) pour Lovejoy, ceinture de Kuiper (à 30-50 UA) pour 67P», un certain nombre de molécules ont été détectées simultanément dans ces deux comètes ce qui est très précieux «pour contraindre le lieu de formation de ces deux familles de comètes».

     

    En tout cas, comme «les comètes ont certainement contribué à l’apport d’eau et d’autres composés sur Terre durant les premières centaines de millions d’années de son existence», cette étude en mettant en évidence une complexité organique importante dans du matériau cométaire contribue à «une meilleure compréhension des conditions qui prévalaient lors de l’apparition de la vie sur Terre».

     

     

     


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