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    Une étude, dont les résultats intitulés «The phylogenetic affinities of the extinct glyptodonts» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de déterminer, grâce au séquençage du génome mitochondrial complet d'un spécimen vieux d'environ 12 000 ans, que les glyptodons correspondent à une lignée éteinte de tatous ayant subi une spectaculaire augmentation de taille depuis leur apparition il y a 35 millions d'années.

     

    Indiquons tout d'abord que, jusqu'à la dernière glaciation, l'Amérique du Sud était parcourue par des créatures impressionnantes comme «le mégathérium, un paresseux de la taille d'un éléphant» et diverses espèces de glyptodons qui «se classent dans le super-ordre des xénarthres dans lequel on retrouve les tatous, mais également les paresseux et les fourmiliers».

     

    Néanmoins, «si les tatous et les glyptodons se distinguent de tous les autres mammifères par leur carapace, ces premiers possèdent une carapace à bandes mobiles tandis que celle de leurs cousins préhistoriques était composée d'un seul bloc». Ce point et plusieurs autres différences morphologiques ont «contribué à ce que les glyptodons soient longtemps considérés comme un groupe distinct, constituant le groupe frère des tatous au sein des xénarthres».

     

    Cependant, du fait que cette interprétation traditionnelle «a été récemment remise en cause par une étude des caractères crâniens et dentaires qui a classé les glyptodons à l'intérieur des tatous», en vue de résoudre ce problème, l'étude ici présentée a analysé «l'ADN présent dans un fragment de carapace attribué à un Doedicurus vieux de 12 000 ans», une espèce pourvue d'une queue «en forme de massue équipée de pointes» qui «se range parmi les plus gros glyptodons, avec une masse corporelle estimée à 1,5 tonne».

     

    Comme le séquençage de l'ADN ancien soulève de nombreuses difficultés, «d'abord parce que celui-ci se fragmente sous l'action du temps et de l'humidité» et qu'il «faut également parvenir à séparer les brins d'ADN endogène, propre à cette espèce, des nombreuses contaminations environnementales», il s'avère essentiel de disposer de sondes ARN «capables de reconnaître le matériel génétique de l'espèce ciblée, une tâche compliquée quand le génome d'une espèce proche n'est pas connu».

     

    Pour contourner cette difficulté, des séquences ancestrales plausibles ont été modélisées par ordinateur «à l'aide de génomes mitochondriaux de xénarthres modernes (tatous, fourmiliers et paresseux)». Ce sont ces séquences bio-informatiques qui ont permis de synthétiser des sondes ARN efficaces «pour isoler des dizaines de milliers de fragments d'ADN de glyptodon».

     

    Le regroupement de ces fragments a alors «rendu possible la reconstruction du génome mitochondrial quasiment complet de cette espèce éteinte». Puis, les analyses phylogénétiques ont «placé sans ambiguïté» les glyptodons, «au sein même des tatous», comme une lignée distincte dont les derniers représentants «se sont éteints il y a seulement 10 000 ans à la fin de la dernière glaciation».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Anthropic activities in the fossiliferous Quranwala Zone, 2.6Ma, Siwaliks of Northwest India, historical context of the discovery and scientific investigations» ont été publiés dans la revue Comptes Rendus Palevol, conduit à conclure que l'Asie du Sud a pu être le siège d’une hominisation, au même titre que l'Afrique, en s'appuyant sur des traces de découpe sur quelques os fossiles datés de la fin du Pliocène et retrouvés dans les Siwaliks du Nord-Ouest de l’Inde.

     

    Plus précisément, depuis plusieurs années, les auteurs de cette étude travaillent sur la Zone Quranwala de Masol, le cœur de l’anticlinal de Chandigarh, «connue pour sa faune du Pliocène tardif riche en Hexaprotodon, Stegodon, Cholossochelys et Hipparion, avec présence d’Equus et Elephas: ainsi, «cinquante hectares ont été prospectés pendant huit campagnes de terrain (2008–2015) après la découverte de choppers et des traces sur quelques os fossiles de la zone Quranwala, tous collectés sur les récents affleurements du Pliocène final».

     

    L'intérêt de ce terrain de fouilles est qu'il «donne accès à des couches de limon et de grès très fossilifères, qui sont datées avec certitude à plus de 2,58millions d’années». Comme «les rivières donnent parfois lieu à de violentes inondations dues à la mousson, noyant ainsi des animaux que les charognards exploitent à la décrue», ces couches démontrent «que certains charognards étaient des humains ou des préhumains, qui ont laissé des outils en quartzite».

     

    A partir des fouilles du limon en trois endroits, qui ont permis de récolter «1500 os fossilisés, dont plusieurs striés par des outils», l'étude ici présentée décrit «le contexte historique et la démarche scientifique longue et rigoureuse qui aboutit à la reconnaissance de traces de découpe» sur quelques uns de ces os fossiles de la fin du Pliocène.

     

    L'hypothèse étaient que ces traces étaient «faites avec des tranchants en quartzite par une intelligence qui connaissait l’anatomie des carcasses de bovidés», ce qui prouverait «une activité anthropique il y a 2,6 Ma dans la plaine d’inondation sous-himalayenne» et laisserait espérer la découverte «de probables fossiles humains dans la zone Qurawala».

     

    Pour appuyer cette hypothèse, les stries ont d'abord été analysées et caractérisées précisément «à l’aide du microscope numérique 3D et du microscanner» du Muséum national d’histoire naturelle et, ensuite, «à l’aide d’outils en quartzite similaires à ceux de Masol», de la viande «attachée aux mêmes os que ceux trouvés striés sur le site paléontologique» a été découpée.

     

    C'est la similarité des marques («fines, rectilignes avec des barbelures, ordonnées selon les zones d’insertion de tendons qu’il faut arracher pour atteindre l’os et le briser afin d’en consommer la moelle, riche en protéines et lipides») qui conduit à révéler une activité anthropique

     

    Comme les auteurs soulignent que cette «découverte n’est pas isolée en Asie» puisque «dans la grotte de Longguppo, en Chine du Sud, des traces de boucherie et de l’industrie lithique, ainsi qu’un fragment de mandibule d’apparence humaine, ont été datés à 2,48 millions d’années», ces observations suggèrent que, au même titre que l'Afrique, «l’Asie du Sud a aussi pu être le siège d’une hominisation, voire de l’hominisation»...

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Rapid changes of magnetic Field polarity in the late Ediacaran: Linking the Cambrian evolutionary radiation and increased UV-B radiation» ont été publiés dans la revue Gondwana Research, a abouti à proposer une nouvelle hypothèse qui pourrait contribuer à expliquer 'l'explosion cambrienne'.

     

    Rappelons tout d'abord que «la fameuse explosion cambrienne qui s’est produite il y a environ 542 millions d’années» semble correspondre «une brusque augmentation du nombre d’espèces multicellulaires, en particulier les animaux, ainsi que de la complexité des formes vivantes».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée a examiné les archives magnétiques contenues dans des sédiments de la chaîne montagneuse de l’Oural (Russie). Il est alors apparu «qu’à la fin d’une période nommée Édiacara, où existaient déjà des formes de vies multicellulaires simples ressemblant à des sortes de méduses, le champ magnétique de la Terre s’est inversé plusieurs fois en une courte période de temps».

     

    Comme «ces inversions se sont produites à un taux 20 fois plus rapide en moyenne que depuis plusieurs dizaines de millions d’années», il en résulte «que le champ magnétique de la Terre était en moyenne plus faible sur une période de quelques millions d’années», car «le passage d’une polarité à une autre s’accompagne d’une période où le champ magnétique de la Terre est plus faible».

     

    Cette étude fait alors valoir que le bombardement des rayons cosmiques aurait été «suffisant pour endommager significativement la couche d’ozone en la réduisant d’environ 40 % en moyenne sur toute la Planète». Cette diminution a eu pour conséquence «une moindre protection contre les rayons ultraviolets pour les espèces vivant à la surface de la Terre et des océans».

     

    Comme «ces inversions fébriles coïncident avec ce que les paléontologues appellent une crise biologique, en l’occurrence celle du Kotlinian qui a largement décimé la faune de l’Édiacara juste avant l’explosion cambrienne», cette étude suggère l'existence d'un lien entre les deux événements.

     

    Plus précisément, face à cette hausse des ultraviolets, les animaux ont dû réagir en s'adaptant, «par exemple avec des yeux complexes pour repérer ce rayonnement et s'en protéger en descendant plus en profondeur durant la journée».

     

    Cette pression sélective a pu conduire aussi «à l'apparition des coquilles et des carapaces» de sorte que «les animaux ainsi protégés auraient pu ensuite coloniser plus facilement d'autres milieux, par exemple en s'enfouissant ou en s'installant dans la zone de balancement des marées».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Detection of an atmosphere around the super-Earth 55 Cancri e» sont publiés dans la revue The Astrophysical Journal et sont disponibles en pdf sur arxiv.org, a permis, grâce au télescope Hubble, d'analyser l’atmosphère de 55 Cancri e, ce qui constitue la première détection de gaz dans l'atmosphère d'une super-Terre.

     

    Rappelons tout d'abord que le système Stellaire 55 Cancri, situé à environ 40 années-lumière (12 Parsec) du Soleil, dans la constellation du Cancer, se compose d’une étoile et d’au moins cinq planètes, dont «trois sont des géantes gazeuses ayant une masse comparable à celle de Jupiter, tandis que la planète la plus proche de l’étoile, 55 Cancri e, est une super-Terre d’une masse semblable à celle de Neptune».

     

    Cette exoplanète, qui «a été repérée en 2011 par le télescope Spitzer» est «très proche de son étoile dont elle fait le tour en à peine 18 heures»: comme «elle semble être composée principalement de carbone sous forme de graphite et de diamant, ainsi que de fer et de silicium», elle est parfois dénommée la «planète en diamant».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée, qui s'appuie sur «une nouvelle technique d’observation basée sur la méthode des transits pour décrypter l’atmosphère de Cancri e», a détecté «la présence d'hydrogène et d'hélium mais pas de vapeur d'eau, une composition atmosphérique qui ressemble donc plutôt à celle des géantes gazeuses». Ces observations laissent donc penser «que la planète a réussi à accrocher une quantité importante d'hydrogène et d'hélium de la nébuleuse à partir de laquelle elle s’est formée à l'origine».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The dynamic N1-methyladenosine methylome in eukaryotic messenger RNA» ont été publiés dans la revue Nature, a permis de découvrir que l’ARN messager (ARNm) compte souvent une nouvelle lettre en plus qui correspond à une méthylation en position 1 de l’adénosine (m1A).

     

    Alors que, jusqu’à récemment, «le grand livre de l’information génétique semblait écrit dans un langage simple : quatre lettres (G, A, T, C) pour l’ADN, la molécule qui stocke notre information génétique, et quatre (G, A, U, C) pour l’ARN, qui sert de support pour la traduction des protéines», l'épigénétique a mis en évidence le rôle dans la régulation de l’expression des gènes que jouent«des modifications de l’ADN, comme des méthylations des lettres (ou nucléotides), et celui modifications de l’ARN.

     

    Notons ici que «le nombre de nucléotides modifiés dans l’ARN est dix fois plus important que dans l’ADN» et que «ces modifications permettent aux ARN, qu’il s’agisse d’ARNm, ARNt, ARN mitochondrial, etc., d’accomplir différentes fonctions»: plus précisément, il est admis, depuis quelque temps, que «l’expression des gènes est également contrôlée par des modifications de l’ARN».

     

    En effet, la méthylation d’une adénosine en position 6 (m6A) affecte la localisation, la stabilité, la traduction et l’épissage des ARNm. Cette modification spécifique de certaines régions de l’ARNm, qui «peut être lue par certaines protéines», est dynamique car elle «répond à des stimuli de l’environnement» puisqu'une enzyme (FTO) «peut retirer le marquage m6A de l’ARNm».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée a localisé la modification m1A «à une position proche du début de la traduction (près du codon start), liée à une augmentation de la synthèse protéique», qui se retrouve «chez les eucaryotes, des levures aux mammifères»: chez les humains, cette modification serait en proportion d'environ 20 %. Il en découle que la forte conservation de cette modification de la souris aux humains témoigne «d'un rôle important joué par cette méthylation pour favoriser la traduction de l’ARNm méthylé».

     

    Ces travaux, qui «apportent de nouvelles informations sur le fonctionnement de l’ARN», confère «à l’ARN une position centrale dans l'épigénétique» car il peut contribuer au développement de maladies: ainsi, on peut, en particulier, s'attendre à ce qu’une perturbation de ce nouveau mécanisme de régulation «soit associée à des états pathologiques tels que le cancer et les maladies neurodégénératives».

     

     

     


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