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    Une étude, dont les résultats intitulés «Unexpectedly large charge radii of neutron-rich calcium isotopes» ont été publiés dans la revue Nature Physics, a permis de mesurer, pour la première fois, le rayon d’un noyau de calcium constitué de 32 neutrons. Cette mesure, effectuée en vue de déterminer si le calcium possède plus de deux nombres magiques, prouve que certaines théories de physique nucléaire ne décrivent pas les noyaux atomiques aussi bien qu’on ne le pensait.

     

    Rappelons tout d'abord qu'on parle de nombres magiques «lorsque le nombre de protons et le nombre de neutrons est tel que la liaison entre eux est particulièrement forte» de sorte que «leur rayon de charge s’en trouve affecté». Jusqu'ici, les observations précédentes laissaient penser «que le calcium 52, isotope constitué de 20 protons et de 32 neutrons, était doublement magique, le nombre de protons et de neutrons étant tous les deux des nombres magiques».

     

    Pour le vérifier, l'étude ici présentée a examiné au moyen de lasers «la manière dont se modifient les rayons des isotopes du calcium à mesure que des neutrons sont ajoutés» en effectuant les mesures grâce à l’installation COLLAPS d’ISOLDE, sachant que «le calcium possédant un nombre magique de 20 protons a déjà deux isotopes doublement magiques», le calcium 40 et le calcium 48 (pour 20 et 28 neutrons).

     

    Plus précisément, pour déterminer le rayon de charge du noyau, des lasers ont été employés afin de «mesurer les modifications de l'énergie des électrons entourant le noyau, en fonction du nombre de neutrons de l’isotope du calcium» avec «la précision et la sensibilité les plus élevées jamais atteintes au moyen de techniques de détection optique».

     

    Il est alors apparu que le rayon de charge augmentait avec le nombre de neutrons ajoutés alors que, «sur la base d’observations faites sur d’autres noyaux doublement magiques», on aurait pu s'attendre «à un fléchissement relatif du rayon de charge si le calcium 52 avait été doublement magique lui aussi».

     

    Comme, «plusieurs modèles avaient déjà permis d’effectuer des calculs montrant ce qui se passerait», sans qu'aucun ne prédise «une augmentation du rayon aussi grande que ne l’a montré l’expérience», cette étude a «mis en lumière des lacunes dans nos connaissances».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Seismotectonics of southern Haiti: A new faulting model for the 12 January 2010 M7.0 earthquake» ont été publiés dans la revue Geophysical Reasearch Letters, a permis d'apporter des éléments nouveaux permettant à la fois de mieux comprendre les mécanismes de la rupture sismique du séisme destructeur du 12 Janvier 2010 en Haïti et de mieux contraindre l’aléa sismique dans la ville de Port-au-Prince et son agglomération.

     

    Rappelons tout d'abord que le séisme de magnitude Mw 7.0, qui a dévasté la ville de Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, en tuant plus de 230000 personnes, n’a laissé, malgré sa magnitude, «aucune trace de rupture en surface rendant difficile son interprétation sismotectonique». Jusqu'ici, le consensus, qui prévalait, était que ce séisme «n'a pas rompu la grande faille décrochante Enriquillo-Plantain-Garden (EPGF), mais une (des) faille(s) aveugle(s) au nord de celle-ci».

     

    Comme les structures actives de la zone épicentrale était, jusqu'à présent, peu documentées, l'étude ici présentée a cherché «à les identifier et à les caractériser grâce à l'utilisation d'images aériennes, de données topographique à haute résolution, d’observations bathymétriques et géologique».

     

    C'est ainsi qu'un «ensemble de chevauchements actifs d’orientation Nord-Ouest-Sud-Est à pendage vers le sud» a pu être documenté «dans la baie de Port-au Prince et dans la plaine du Cul de Sac où se situe la ville de Port au Prince». En particulier, «l'un d’entre eux, le chevauchement de Lamentin traverse la ville densément peuplée de Carrefour puis se prolonge en mer vers l’Ouest, dans la baie, où il contrôle la morphologie du récif frangeant» tandis qu'à «l’est, le chevauchement du Lamentin se connecte à la grande faille décrochante sénestre d’Enriquillo-Plantain Garden».



    Comme, «les nombreux séismes enregistrés après le choc principal du 12 Janvier soulignent clairement ces deux structures et montrent qu’elles se connectent en profondeur», l'étude suggère «que ces deux failles aient rompu le 12 Janvier 2012», ce qui «explique parfaitement les déformations de surface enregistrées par les données de géodésie (GPS et interférométrie) et les coraux de type microatolls».

     

    En fait, la modélisation des données de géodésie laisse penser «que la rupture s’est probablement initiée le long du chevauchement du Lamentin et s'est propagée ensuite le long de la faille d’Enriquillo-Plantain-Garden», de sorte que «le pic de glissement le long du chevauchement du Lamentin aurait eu lieu en profondeur près de l’endroit où il se connecte avec la faille de Enriquillo-Plantain-Garden, avec pour effet une chute drastique la contrainte normale le long de cette dernière favorisant la rupture par un effet de desserrage».

     

    Ce modèle impose «qu’une partie des contraintes accumulées au cours des dernières décennies le long de la faille d’Enriquillo-Plantain Garden ont bien été relâchées pendant le séisme mais, qu’en contrepartie, elles ont été augmentées aux deux extrémités de la zone de rupture et notamment à Port au Prince». En tout cas la mise en lumière «de chevauchements actifs dans la ville de Port-au-Prince et son agglomération» implique «un aléa sismique important», dont «il faudra tenir compte dans les futurs plans d’aménagement du territoire».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Human predation contributed to the extinction of the Australian megafaunal bird Genyornis newtoni ~47 ka» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis d'apporter la preuve que les premiers habitants de l'Australie appréciaient des oeufs cuits de plus d'un kilo et demi, pondus par Genyornis newtoniun, un lointain ancêtre de l'autruche qui, comme cette dernière, pouvait courir mais pas voler.

     

    Notons tout d'abord que les grands oiseaux coureurs qui appartenaient à l'espèce Genyornis newtoniun, «pouvaient peser entre 200 et 250 kilos et mesurer jusqu'à 2,5 mètres de haut» et qu'ils ont disparu d'Autralie, «il y a 47 000 ans, peu de temps après l'arrivée des premiers hominidés».

     

    Ce n'est d'ailleurs pas la seule espèce dans ce cas puisque «plus de 85 % des espèces d'oiseaux, de mammifères et de reptiles de plus de 50 kilos se sont éteintes peu après» cette arrivée («Genyornis cohabitait à l'époque avec des kangourous de près de 500 kilos, des Wombat de deux tonnes, des lézards de plus de 7 mètres et demi, des lions marsupiaux de presque 140 kilos, et de tortues de la taille d'une voiture»).

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée a mis en évidence la consommation des œufs en question à partir de l'analyse «des fragments de coquilles brûlées d'œufs de Genyornis, retrouvés sur 200 sites à travers le continent». Afin de prouver que ces coquilles ont été brûlées par des hommes et non par un incendie de forêt, plusieurs éléments de preuves ont été apportés.

     

    Tout d'abord, la datation des coquilles brûlées (effectuée avec trois techniques: «carbone 14, étude du blanchiment des minéraux (datation optique) et mesure de la dégradation des acides aminés»), indique un âge situé entre 43 400 et 53 900 ans.

     

    Ensuite, «les acides aminés révèle la présence d'un gradient de dégradation très caractéristique» qui «ne peut être réalisé que si la partie noircie a été brièvement en contact avec une source de chaleur très forte, telle que des braises», car «si l'œuf avait été brûlé par un feu de forêt, et donc une source de chaleur plus étendue, le gradient de disposition des acides aminés dégradés aurait été beaucoup plus homogène».

     

    Enfin, les fragments de coquille brûlés n'ont été découverts dans 200 sites («sur les 2 000 dans lesquels on retrouve des coquilles de Genyornis») et, sur ces 200 sites, «les coquilles brûlées sont systématiquement retrouvées dans un tout petit périmètre (un cercle de moins de 3 mètres de diamètre), qui laisse plus penser à un feu de camp qu'à un incendie de forêt».

     

    Alors que, jusqu'ici, «les paléontologues ne disposaient d'aucune trace de découpe au silex sur des os de proies ni d'aucun fossile attestant d'une prédation humaine sur la faune de l'époque», l'information apportée par cette étude «est une pièce précieuse du puzzle de l'histoire ancienne de la faune de l'Australie».

     

    Ainsi, cette découverte, qui ne va pas jusqu'à démontrer que les premiers humains sont responsables de l'extinction Genyornis newtoniun, indique cependant qu'ils y ont contribué, car même si les prélèvement qu'ils effectuaient étaient modestes, leur impact devait être non négligeable «sur des animaux avec un faible taux de reproduction tel que Genyornis newtoniun.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Unexpected Convergent Evolution of Nasal Domes between Pleistocene Bovids and Cretaceous Hadrosaur Dinosaurs» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de découvrir que Rusingoryx atopocranion, un mammifère ongulé du Pléistocène qui était une sorte de gnou, possédait une trompe nasale, une architecture cranio-nasale unique chez les mammifères.

     

    Notons tout d'abord que de nombreux restes de Rusingoryx atopocranion ont été retrouvés «en Afrique notamment sur l’île kenyane de Rusinga, sur le lac Victoria». C'est l’examen au scanner de crânes fossilisés qui a mis en évidence cette structure «qui part des narines et forme un conduit osseux qui amène l’air au sommet du crâne vers un dôme nasal puis redescend vers les organes respiratoires».

     

    Cette organisation particulière pour un mammifère ressemble beaucoup à celle des hadrosaures, «des dinosaures à bec de canard qui vivaient des dizaines de millions d’années plus tôt». De ce fait, cette similitude apparaît être un «spectaculaire exemple d’évolution convergente»: plus précisément, comme Rusingoryx et les hadrosaures (parfois appelés 'vaches du Crétacé') étaient des espèces sociales, cela suggère «que leurs trompes nasales ont pu servir à moduler une plus grande gamme de sons et même à produire des infrasons pour communiquer avec les autres membres du troupeau sans risque d’alerter les prédateurs».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Six New Millisecond Pulsars from Arecibo Searches of Fermi Gamma-Ray Sources» sont publiés dans la revue The Astrophysical Journal et disponibles en pdf sur arxiv.org, a permis de confirmer qu'il était possible d'utiliser le télescope Fermi pour traquer les pulsars en prouvant, à l’aide du télescope d’Arecibo, que certaines sources gamma détectées étaient bien des pulsars millisecondes (PMS).

     

    Rappelons tout d'abord que, si les pulsars peuvent être découverts avec des radiotélescopes, «encore faut-il que le flux d’ondes radio qu’ils émettent interceptent la Terre». Pour élargir cette fenêtre, on peut utiliser «des émissions d’ondes moins collimatées», ce que permet l'astronomie gamma. C'est ainsi que six nouveaux pulsars millisecondes ont «été ajoutés au tableau de chasse de Fermi qui en compte une cinquantaine».

     

    Plus précisément, l'un de ces pulsars «est relativement classique et forme un couple avec une naine blanche relativement éloignée», trois autres «sont typiquement ce que l’on a appelé des black widows (veuves noires en anglais)» et les deux derniers des redbacks: ces noms anglais «font référence à des araignées (australiennes dans le second cas) qui dévorent leurs mâles».

     

    Ces dénominations se justifient par le fait que ces pulsars «sont particulièrement proches d’étoiles normales de faibles masses (0,1 masse solaire) avec lesquelles elles forment un système binaire»: dans le cas des black widows, les pulsars ont «arraché beaucoup de matière à ces étoiles» tandis que, dans le cas des redbacks, «cette matière est soufflée par les particules émises par les étoiles à neutrons».

     

    Ces nouvelles découvertes confirment ainsi la capacité du télescope Fermi à découvrir des pulsars, puisque «presque tous les black widows et redbacks de la Voie lactée ont été découverts par Fermi qui a également débusqué environ 30 % de tous les PMS connus dans le disque galactique».

     

     

     


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