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    Une étude, dont les résultats intitulés «Equatorial heat accumulation as a long-term trigger of permanent Antarctic ice sheets during the Cenozoic» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de mettre en évidence un réchauffement de l'océan Atlantique équatorial à l'Éocène supérieur et de proposer, de ce fait, un nouveau mécanisme de formation des glaces permanentes qui se sont établies en Antarctique à la limite Éocène-Oligocène (~ 33.7 Ma).

     

    Notons tout d'abord que «les grandes lignes de l’évolution climatique de la Terre sont relativement bien contraintes pour le Cénozoïque *»: en effet, «la chute progressive des pressions partielles de CO2 atmosphériques (pCO2) et le refroidissement long terme de la Terre traduisent le passage d'un régime climatique de type Greenhouse à Icehouse».

     

    Cependant, cette évolution n’a «pas été linéaire ni continue, mais a été entrecoupée au Paléogène d'une phase de croissance brutale de la calotte polaire antarctique dont les facteurs déclencheurs sont encore débattus : niveau-seuil de pCO2 en dessous duquel le continent austral s'englace ou ouverture de seuils tectoniques (Passage de Drake et de Tasmanie) qui permettent les circulations océaniques autour de l'Antarctique».

     

    Dans ce contexte, «grâce à une approche sédimentologique et biogéochimique novatrice permettant la reconstruction conjointe de l'évolution des températures des eaux de surface et des pCO2», l'étude ici présentée apporte «un nouvel éclairage sur la transition climatique Greenhouse - Icehouse de Éocène – Oligocène (EOT)».

     

    Plus précisément, l'analyse de la géochimie isotopique des coccolithes** a mis en lumière «une phase de réchauffement importante (+6 °C) de la ceinture intertropicale qui a débuté quatre millions d’années avant la glaciation». Comme «ce réchauffement précédant une glaciation majeure de l’histoire de la Terre est un élément nouveau et déterminant», il confère «une vision plus globale à l’hypothèse initialement proposée par James Kennett dans les années 70 pour expliquer la mise en glace de l'Antarctique».

     

    En effet, ces données nouvelles prouvent «que la répartition latitudinale de chaleur à la surface des océans a été bouleversée plusieurs millions d'années avant la glaciation elle-même». Le mécanisme proposé est que le réchauffement équatorial «traduit la contraction des gyres subtropicales et une réduction du transfert latitudinal de chaleur de l'équateur vers les pôles, qui ont ainsi largement contribué au refroidissement des hautes latitudes et à la pérennisation d’une calotte glaciaire Antarctique».

     

    Ce travail, qui «est le fruit de plusieurs années de développements méthodologiques», montre «que la géochimie des coccolithes, encore largement sous-exploitée, a un très fort potentiel pour mieux contraindre les paléoclimats au cours du Méso-Cénozoïque».

     

     

    Liens externes complémentaires (sources Wikipedia)

     Cénozoïque

    ** Coccolithes

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Triggering of the 2014 Mw7.3 Papanoa earthquake by a slow slip event in Guerrero, Mexico» ont été publiés dans la revue Nature Geoscience, a permis de montrer que, dans les zones de subduction, des glissements lents et imperceptibles appelés 'séismes lents' peuvent déclencher un peu plus loin des secousses puissantes: plus précisément, il a été mis en évidence que «le séisme de magnitude 7,3 qui s’est produit à Papanoa le 18 avril 2014 était la conséquence d’un glissement lent initié deux mois plus tôt dans la région d’Acapulco (État mexicain de Guerrero)».

     

    Rappelons tout d'abord que, dans cette zone côtière, «la plaque océanique des îles Cocos passe sous la plaque nord-américaine», ce qui correspond au phénomène de subduction, qui «s’accompagne en général de séismes car les deux plaques, au lieu de coulisser parfaitement, se déforment et accumulent de l’énergie, relâchée lors des tremblements de terre».

     

    Cependant, la zone de Guerrero «n’a connu aucun fort séisme depuis 1912», alors que les stations GPS permanentes, installées à partir de 1997, ont détectés des séismes lents, c'est-à-dire «des glissements imperceptibles qui durent quelques semaines à quelques mois, ne génèrent pas d’ondes sismiques et ne provoquent pas de dégâts»: en l'occurrence, «alors que les plaques Cocos et nord-américaine se rapprochent à la vitesse de 5 à 6 cm/an», la zone de Guerrero «connait tous les 4 ans des périodes de glissement en sens inverse, qui durent 6 mois avec des déplacements atteignant 15 cm».

     

    Les données GPS ont ainsi montré que si, dans la zone de Guerrero, «les séismes lents relâchent une partie des tensions accumulées, ce qui diminue la probabilité d’un fort séisme», pour sa part, «le glissement lent initié en février 2014 a permis de transférer des tensions à la zone voisine, sismogénique, ce qui a déclenché un séisme de magnitude 7,3 le 18 avril 2014 près de la localité de Papanoa».

     

    En conséquence, cette étude, qui «met en évidence le risque accru de séismes durant les épisodes de séismes lents», incite à développer l'analyse des signaux de déformations caractéristiques «des glissements lents qui peuvent précéder les séismes ordinaires».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Advanced maritime adaptation in the western Pacific coastal region extends back to 35,000–30,000 years before present» ont été publiés dans la revue PNAS, révèle que les plus anciens pêcheurs à l'hameçon connus au monde vivaient sur l’ île d'Okinawa.

     

    Ce sont des minuscules hameçons de 1,4 cm qui en apportent la preuve: en effet, ces outils de pêche préhistoriques, taillés dans des coquillages, reposaient dans les couches «datées entre -22 380 ans et -22 770 ans» d'une «grotte calcaire de l’intérieur de l’île». En conséquence, ils sont «plus anciens que des hameçons similaires trouvés au Timor-Oriental (dont l’âge est estimé entre 23 000 et 16 000 ans) et en Papouasie-Nouvelle-Guinée (entre 20 000 à 18 000 ans)».

     

    Ces crochets sont le produit d'un travail minutieux effectué par les pêcheurs d’Okinawa «à partir de la coquille d’escargots de mer Trocus radiatus, relativement solide». Ici, il faut souligner que «contrairement aux peuplades de l’île principale, qui façonnaient également de tels outils avec des os ou des dents d’animaux, l’ancien peuple d’Okinawa semble avoir exclusivement utilisé des coquilles d’animaux marins».

     

    Alors que «jusqu’à la découverte de la grotte de Sakitari, les archéologues pensaient que l’île était trop peu hospitalière pour que des hommes préhistoriques s'y soient longuement installés», l'existence «d'une technologie plus complexe que celle imaginée pour l’époque» chez les Homo sapiens d’Okinawa démontre que ces hommes pouvaient «vivre durablement sur une terre isolée» et «en exploiter les ressources». Ainsi, «si la grotte de Sakitari était occupée de façon saisonnière par les premiers pêcheurs d’Okinawa, d’autres excavations montrent que l'île a été presque continuellement habitée depuis au moins 35 000 ans».

     

    Pour sa part, la fouille de la grotte de Sakitari «a livré des restes d’anguilles, de grenouilles, de poissons, d’oiseaux et de petits mammifères carbonisés, ce qui suggère qu'ils ont été cuisinés et consommés sur place par des humains». En outre, comme certains restes de crustacés trahissent des «habitudes alimentaires saisonnières», cette observation laisse penser que les premiers pêcheurs d'Okinawa étaient des gourmets («les carapaces des crabes indiquent qu'ils ont été capturés à l'automne, quand ils atteignent une belle taille et migrent en aval pour la reproduction», une saison «où ils sont le plus délicieux»).

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The properties of the Malin 1 galaxy giant disk: A panchromatic view from the NGVS and GUViCS surveys» ont été publiés dans la revue Astronomy and Astrophysics, a abouti, à partir de l'observation de Malin 1 (une galaxie proche connue seulement depuis les années 80 et exhibant un très grand disque de gaz et d’étoiles), à remettre en cause une des hypothèses sur les processus de formation des 'galaxies géantes à faible brillance de surface'.

     

    Rappelons tout d'abord qu'en raison «de leur aspect diffus et de leur très faible brillance», les 'galaxies géantes à faible brillance de surface' «pourtant massives sont difficiles à observer et restent méconnues aujourd’hui». Pourtant, «elles pourraient constituer une fraction importante des galaxies dans l’univers», d’autant plus «que des objets semblables à Malin 1 pourraient avoir échappé à notre vigilance».

     

    Aujourd'hui, «grâce aux télescopes et détecteurs modernes, plus sensibles aux faibles brillances de surface», il devient possible «de les étudier et de comprendre leur formation et leur évolution». C'est la raison pour laquelle l'étude ici présentée a pu fournir pour la première fois des images de Malin 1 obtenues à six longueurs d’onde différentes «allant de l’ultraviolet grâce au projet GUViCS à l’optique et l’infra-rouge proche grâce au projet NGVS mené avec la caméra MegaCam du Canada France Hawaï Telescope (CFHT)».

     

    Ces projets, qui avaient été planifié à l'origine «pour étudier l'amas de la Vierge», permettent «de travailler sur d'autres objets situés en arrière-plan de cet amas, comme c'est le cas dans cette étude». Les images qui en découlent «offrent une nouvelle vue de Malin 1, le plus grand disque galactique connu dans l’univers»: en effet, «son diamètre dépasse 250 kilo-parsec (en comparaison, celui de notre Galaxie est 'seulement' d’une trentaine de kilo-parsec)».


    De ces données ont été extraites «la variation de la luminosité avec la distance au centre de la galaxie», et «la variation des 'couleurs' de la galaxie (c'est à dire des rapports de luminosité aux différentes longueurs d'ondes)». Comme ces variations «dépendent fortement de l'histoire de la galaxie», la comparaison «de ces résultats observationnels aux prédictions de différents modèles numériques» a permis de dédiure quelle a dû être l’histoire de la formation stellaire.

     

    Finalement, cette étude laisse penser que «le disque géant de Malin 1 est en place depuis plusieurs milliards d’années, et que des étoiles s’y forment à un rythme modeste mais régulier sur le long-terme», ce qui «contredit un scénario proposé il y a quelques années, selon lequel ces galaxies géantes sont formées lors d’interactions violentes».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Going south of the river: A multidisciplinary analysis of ancestry, mobility and diet in a population from Roman Southwark, London» ont été publiés dans la revue Journal of Archaeological Science, révèle que l'examen de 19 squelettes sur les 22 exhumés dans une nécropole romaine du IIe au IVe siècle située à Lant Street dans le quartier de Southwark, au sud de Londres, indique que deux individus seraient originaires de Chine.

     

    Rappelons tout d'abord que Londres était «au temps des Césars», sous le nom de Londinium, «la capitale de la province romaine de Grande-Bretagne (Britannia)». Alors que, jusqu'ici, les spécialistes ignoraient «que des populations d’Extrême-Orient asiatique aient pu avoir des contacts directs avec l’Empire romain», une analyse des deux dépouilles en question a fait apparaître qu'elles étaient «proches des populations chinoises et japonaises du XIXe siècle».

     

    Plus précisément, ce sont «des analyses isotopiques du strontium et de l'oxygène présents dans ces restes humains», en plus de l'examen de la morphologie des crânes qui ont conduit à cette conclusion. Grâce aux isotopes retrouvés dans l’émail dentaire des restes retrouvés, il a été globalement établi «que 6 individus avaient passé leur enfance sous d’autres cieux que ceux de la capitale britannique» (les isotopes «sont en effet un marqueur permettant d'identifier la mobilité géographique des individus»), l'origine de quatre d’entre eux étant l'Afrique du Nord, «région avec laquelle l’empire entretenait des liens serrés» et, pour deux d'entre eux, la 'Chine'.

     

    Une hypothèse avancée est ces deux individus pourraient être des «descendants de populations qui (pour une raison ou une autre) se sont retrouvées à l’intérieur du lime romain, la frontière impériale». Cependant comme «les processus comparatifs utilisés par les anthropologues légistes pour établir les provenances géographiques ont leurs limites», des analyses génétiques sont attendues pour vérifier «s’il s’agit vraiment de 'Chinois'».

     

    Cette information, dans le cas où cette identification serait confirmée, poserait tout de même un petit problème car, si au IIe siècle de notre ère «les Romains n’ignoraient pas l’existence de la Chine, la très lointaine et énigmatique Sérique», jusqu'ici «les contacts ne semblaient jamais avoir été établis directement (en dehors de deux cas possibles en 166 de notre ère)» car en fait, les luxueuses soieries chinoises «étaient acheminées vers Rome via la 'route de la Soie'» essentiellement» par l’intermédiaire des Parthes (des Perses), avec lesquels commerçaient les Romains» et secondairement «via l'Inde et l'Asie Centrale».

     

     


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