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    Une étude, dont les résultats intitulés «New infant cranium from the African Miocene sheds light on ape evolution» ont été publiés dans la revue Nature, rapporte la découverte d'un crâne fossilisé d'une nouvelle espèce de singe appartenant à une branche de grands singes complètement éteinte mais très proche de celle qui a donné naissance à l’homme.

     

    Ce crâne,«presque complet, gros comme un citron», avait été découvert «en 2014 sur le site de Napudet, au Kenya, non loin du lac Turkana». Un tel fossile est extrêmement rare, car d'ordinaire, «dans des terrains de 13 millions d’années comme celui de Napudet, les chercheurs sautent de joie quand ils découvrent une dent ou un fragment de mandibule».

     

    Comme à «l’époque où ce petit singe vivait, la région n’était alors pas un désert» mais «une forêt de type équatorial dense» qui «se prête mal à la fossilisation» («le sol est souvent très acide et les os, s’ils ne sont pas enterrés rapidement, disparaissent en peu d’années»), il s'agit d'une très bonne surprise. En fait, c'est actuellement le seul crâne de singe retrouvé pour cette période qui «a été le théâtre d’une importante diversification des espèces de grands singes, dont les descendants actuels sont les gibbons, les orangs-outans, les gorilles, les chimpanzés et… les humains».

     

    Afin de le situer dans le buissonnement d'hominoïdes, ce crâne a été scruté «au synchrotron de l’ESRF, dont le faisceau extrêmement brillant de rayons X permet, comme un super-scanner, de voir au cœur de la matière et de réaliser des images en trois dimensions d’une exceptionnelle précision».

     

    L'analyse de l’oreille interne qui comporte «trois canaux semicirculaires, trois tubes tordus dotés de cellules ciliées qui, en détectant les mouvements de la tête, sont le siège de l’équilibre» éloigne cette espèce des gibbons. En effet, «chez les gibbons, qui font des mouvements rapides et complexes lorsqu’ils se balancent de branche en branche et des bonds de plusieurs mètres dans les arbres, comme des Tarzan sans lianes, ces canaux sont très développés», alors que le petit primate découvert «a l’oreille interne typique d’un grand singe classique» ce qui démontre qu'il n’était pas «du tout capable de se mouvoir avec l’aisance et l’agilité des gibbons».

     

    Afin de localiser ce spécimen dans la famille des grands singes, l'étude a répertorié de nombreux caractères et a effectué les analyses au moyen d'algorithmes «qui construisent des sortes d’arbres généalogiques» en privilégiant «les hypothèses les plus parcimonieuses, celles qui exigent de faire le moins de changements possibles, le moins de sauts évolutifs».

     

    Il est ainsi apparu qu'il fallait le ranger «dans le genre Nyanzapithecus, une branche de grands singes complètement éteinte mais très proche de celle qui a donné naissance à l’homme». En conséquence, comme ce spécimen «appartient à une espèce inconnue jusqu’à présent», elle a été dénommée «Nyanzapithecus alesi, le mot 'ales' signifiant 'ancêtre' en langue turkana».

     

    Les données extrêmement précises fournies par le synchrotron ont permis de «déterminer l’âge exact de l’animal au moment de sa mort, en étudiant ses stries dentaires», car «chaque jour qui passe, une nouvelle et infime couche d’émail et de dentine est observée»: d'abord, «la strie marquant le jour de la venue au monde de l’individu (une trace caractéristique due au stress de la naissance)» a été identifiée et, ensuite, il a été possible de compter «toutes celles qui ont suivi».

     

    En fin de compte, «le singe n’avait que 16 mois lorsqu’il est passé de vie à trépas». Cette précision est importante, puisqu'elle permet «des comparaisons avec les primates actuels» du même âge.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Identification of a primordial asteroid family constrains the original planetesimal population» ont été publiés dans la revue Science, a permis de recenser toutes les familles d'astéroïdes au sein de la ceinture principale et de découvrir 17 astéroïdes 'primordiaux' qui, selon toute vraisemblance, ne sont apparentés à aucune des quelque 100 familles connues.

     

    Ce travail, qui a été entrepris en vue de mieux comprendre les origines de cette ceinture, a établi que les astéroïdes 'fossiles' découverts «se situent dans la partie interne de la ceinture». Comme leur corps parent «n'a pas pu être identifié formellement», pour le moment leur famille «n'a pas encore trouvé de nom» (ce parent a d'ailleurs pu avoir «été éjecté lors des épisodes agités de la migration des géantes gazeuses, postérieurs à leur formation»).

     

    Ces 17 reliques, situées dans «un vide gigantesque peuplé d'une poignée d'astéroïdes», doivent «faire partie de la ceinture d'astéroïdes originale». De ce fait, ces fossiles très sombres, dont les «caractéristiques peuvent éclairer les premières périodes du Système solaire», sont précieux.

     

    Soulignons, par exemple, que leur taille («ils mesurent tous entre 35 et 100 km»), indique «que les planétésimaux se seraient formés par effondrement soudain du nuage protoplanétaire constitué de gaz, de grains et de poussières» («s'il en avait été autrement, par exemple par une croissance lente, alors, des corps plus petits, aussi anciens et intacts, subsisteraient» alors qu'aucun n'a été détecté jusqu'ici).

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The inhomogeneous submillimeter atmosphere of Betelgeuse» sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics, a permis d'apporter de nouveaux indices en vue de mieux décrire l'évolution des supergéantes rouges, grâce à une image de Bételgeuse, la «plus célèbre d’entre elles», obtenue au moyen du réseau ALMA.

     

    Rappelons tout d'abord que Bételgeuse (α Orionis), une des étoiles les plus brillantes du ciel, a «15 fois la masse du Soleil» et un rayon «1048 fois plus grand» que celui de notre étoile («dans le Système solaire, elle s’étendrait jusqu’à l’orbite de Jupiter»). Comme elle n'est «située qu’à environ 725 années-lumière» de la TerreBételgeuse «offre un des diamètres apparents les plus grands, 0,044 secondes d’arc, de tous les astres du ciel (après le Soleil et l’étoile R Doradus)».

     

    Indiquons ici que «les supergéantes rouges perdent de la matière à une vitesse extraordinaire»: «de l’ordre de un millionième à cent millionièmes de la masse du Soleil» par an. Autrement dit, «c'est 1014 à 1016 fois plus que pour les étoiles, comme le Soleil, qui perdent de la masse sous la forme d’un vent stellaire de particules de plus ou moins haute énergie».

     

    Cependant, le processus déclenchant la perte de masse des supergéantes rouges «reste à préciser»: en effet, comme «les vents ne sont pas assez rapides pour s’échapper de l’attraction gravitationnelle» de ces étoiles, une hypothèse avancée «est que l’énergie des vents servirait surtout à chauffer l’atmosphère de l’étoile»...

     

    En ce qui concerne Bételgeuse, on savait depuis quelques années que sa surface «n’était pas homogène» et, en 2016, un point chaud en infrarouge avait été identifié dans la photosphère de l’étoile. De plus, «des asymétries dans l’enveloppe de l’étoile» avaient été observées «en utilisant l’instrument SPHERE au VLT (Very Large Telescope, au Chili)».

     

    Le réseau ALMA permet aujourd'hui de préciser les choses en identifiant «une zone très brillante correspondant à du gaz très chaud dans la chromosphère» et en mettant en évidence la forme étirée de l’étoile «avec une protubérance à proximité de la zone brillante».

     

    Cette étude laisse penser «que la zone de gaz chaud pourrait être reliée à une activité de convection dans la photosphère et une forte activité magnétique dans la région». Du fait que «cette zone est vaste comme plusieurs fois l’orbite terrestre, la quantité d’énergie qu’elle transporte vers l’atmosphère de l’étoile» est gigantesque: il s'agit là de «la preuve d’un mécanisme, probablement magnétique, de chauffage local de l’atmosphère par la convection». Ces nouvelles données «seront incorporés dans les futures simulations 3D de supergéantes pour essayer de comprendre l’origine de la perte de masse».

     

    Alors que «le Soleil du haut de ses 5 milliards d’années n’est qu’à mi-chemin de son histoire», les étoiles beaucoup plus massives brûlent très vite leur hydrogène. Ainsi, Bételgeuse, qui «n’a que 8 millions d’années», arrive en fin de vie: de ce fait («peut-être dans quelques milliers d’années»), après s'être effondrée sous son poids, elle explosera en supernova, un événement qui «sera visible depuis la Terre, même en plein jour».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Peripheral Elevation of a Klotho Fragment Enhances Brain Function and Resilience in Young, Aging, and α-Synuclein Transgenic Mice» ont été publiés dans la revue Cell Reports, révèle qu'une seule injection dans des souris d'un fragment de l'hormone Klotho, liée à la longévité, a pu doper leurs neurones et améliorer leur mémoire spatiale et de travail.

     

    Soulignons ici que «l'organisme produit naturellement des niveaux élevés de cette hormone, de type protéine» qui «régule de multiples processus cellulaires et est liée à un allongement de la vie des vers, des souris et des humains». Le problème pour la santé, c'est que la quantité produite «diminue avec l'âge, le stress chronique, le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives».

     

    Alors que de récentes études avaient «montré que l'exposition de souris génétiquement modifiées à des niveaux élevés de Klotho pendant toute leur vie améliorait leur cognition normale et empêchait des dysfonctionnements cérébraux chez des souris ayant l'équivalent de la maladie d'Alzheimer», l'étude ici présentée indique «qu'un traitement bref pouvait rapidement doper les fonctions mentales».

     

    Plus précisément «des fragments de Klotho ressemblant à ceux secrétés naturellement» ont été injectés à des souris: il est alors apparu que «les jeunes rongeurs traités pendant quatre jours ont montré une amélioration notable et durable de leur mémoire spatiale et de travail, des effets qui ont persisté au moins deux semaines après le traitement», tandis qu'une «seule injection chez de vieilles souris a également amélioré leur mémoire spatiale et de travail deux jours plus tard».

     

    Enfin, «d'autres expériences ont montré que cette hormone avait contré pendant plusieurs jours des déficits moteurs et cognitifs chez des souris génétiquement modifiées pour produire de hauts niveaux d'une protéine contribuant à la maladie d'Alzheimer et de Parkinson».

     

    Comme les effets cognitifs bénéfiques, «constatés chez de jeunes et de vieilles souris», ont «persisté parfois pendant des semaines» et comme cette hormone «a également inversé des déficits cognitifs et moteurs chez des rongeurs souffrant de neuropathologies», ces observations laissent penser «qu'un traitement avec un fragment de Klotho peut améliorer les fonctions cérébrales tout au long de la vie et pourrait représenter une nouvelle stratégie thérapeutique contre des maladies comme Alzheimer et Parkinson». Néanmoins, «des études cliniques sont nécessaires pour déterminer l'innocuité et l'efficacité de l'hormone Klotho chez les humains».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Developmental origin and maintenance of distinct testicular macrophage populations» ont été publiés dans la revue Journal of Experimental Medicine, a permis, grâce à une méthode de traçage cellulaire inédite, de caractériser deux types de macrophages testiculaires.

     

    Rappelons tout d'abord, que «dès le début de la vie de l'individu, le système immunitaire apprend à différencier les cellules appartenant à l'organisme (le soi) d'autres cellules potentiellement pathogènes». Il en résulte, cependant, que «les spermatozoïdes n'apparaissant qu'à la puberté, ils sont susceptibles d'être identifiés comme étrangers à l'organisme par certains acteurs du système immunitaire».

     

    Pour répondre à ce problème, les macrophages testiculaires, «des cellules particulières de l'immunité», sont mobilisés pour défendre les spermatozoïdes (ces «gardiens de la fertilité» empêchent, par l'émission de molécules spécifiques», «d'autres acteurs du système immunitaire de pénétrer dans les testicules»).



    Les macrophages, qui «sont capables de s'infiltrer sur les sites infectieux pour phagocyter et détruire les agents pathogènes», peuvent donc également «moduler l'activité du système immunitaire pour protéger le bon fonctionnement et la régénération des organes».

     

    Comme ils «peuvent être d'origine embryonnaire ou se développer dans la moelle osseuse chez l'adulte», l'étude ici présentée a pu déterminer, «grâce à des travaux réalisés chez la souris», le profil des deux types de macrophages testiculaires.



    Notons ici que le testicule est divisé en un compartiment interstitiel et un compartiment tubulaire. Le premier type de macrophage testiculaire «se trouve dans le compartiment interstitiel, qui comprend aussi les cellules productrices de testostérone». L'origine de ces macrophages étant embryonnaire, ils sont «présents dès le début de la vie de l'individu». Pour leur part, les macrophages péritubulaires sont «situés dans le compartiment tubulaire, autour des tubes séminifères qui abritent les précurseurs des spermatozoïdes».

     

    Grâce au fait que «les deux populations de macrophages présentent des marqueurs cellulaires différents», cette étude a pu suivre «en utilisant une nouvelle méthode de traçage cellulaire», «les macrophages péritubulaires provenant de la moelle osseuse jusque dans les testicules».

     

    Il a été ainsi établi «que ce type de macrophages n'apparaissait que deux semaines après la naissance des souriceaux, soit l'équivalent de la puberté chez l'homme». De plus, il a été constaté qu'une fois dans les testicules, «les deux populations de macrophages y restent toute leur vie».

     

    Ces observations, qui devraient conduire à en apprendre plus sur «certains cas d'infertilité chez les hommes», font espérer l'élaboration de nouveaux traitements dans le futur.

     

     


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