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    Une étude, dont les résultats intitulés «Optimal Maturation of the SIV-Specific CD8+ T Cell Response after Primary Infection Is Associated with Natural Control of SIV: ANRS SIC Study» ont été publiés dans la revue Cell Reports, a permis d'observer pour la première fois que l’activité antivirale des lymphocytes T CD8+  de macaques 'contrôleurs' infectés par le virus de l’immunodéficience simienne (équivalent du VIH pour les primates non humains), d’abord limitée dans les deux premières semaines de l’infection, s’accroît ensuite. Comme l'explication serait le développement précoce de lymphocytes T CD8+ mémoires très efficaces, cette observation constitue un pas de plus «dans la compréhension des mécanismes du contrôle du VIH permettant à certains individus de maîtriser l’infection sans traitement».

     

    Relevons tout d'abord que «les contrôleurs du VIH sont les rares personnes identifiées comme étant capables de maîtriser l’infection sans traitement» et que, dans ce phénomène, «de précédentes études ont mis en évidence le rôle central des lymphocytes T CD8+ (LTCD8+) (qui reconnaissent et éliminent rapidement les cellules infectées par le VIH)», car «il a été observé que les individus contrôleurs possédaient des LTCD8+ ayant un programme moléculaire différent des non-contrôleurs pendant la phase chronique de l’infection».



    Afin de «déterminer ce qu’il se passe pendant la phase aigüe de l’infection», l'étude ici présentée a «utilisé un modèle spécifique de macaques infectés par le virus de l’immunodéficience simienne (SIV), certains devenant naturellement contrôleurs et d’autres progressant vers le Sida». Ainsi, pour la première fois, il a été possible de suivre «dès les premiers jours suivant l’infection, les événements qui ont conduit (ou non) au contrôle du virus» et d'observer «les différences caractérisant les LTCD8+ des animaux contrôleurs».



    Il est apparu que, si les LTCD8+ spécifiques du virus du SIV «sont produits en grande quantité dans les 15 jours qui suivent l’infection chez tous les sujets, leur capacité à éliminer les lymphocytes T CD4 infectés par le SIV reste limitée». Néanmoins, «l’activité antivirale des LTCD8+ augmente progressivement au cours des semaines suivantes, mais ceci uniquement chez certains individus (ceux qui justement deviendront plus tard les contrôleurs)», de telle sorte que «leurs LTCD8+ parviennent à diminuer progressivement la virémie et à établir un contrôle durable de l’infection par le SIV sans traitement antirétroviral».

     

    Il a été établi «qu’il fallait deux à trois mois pour que la maturation de la réponse des LTCD8+ ait lieu et que le contrôle de l’infection puisse s’établir chez les individus contrôleurs». Cependant, «c’est dans les deux premières semaines qui suivent l’infection que serait déterminée la capacité à contrôler ou non le SIV».

     

    En fait, «si les LTCD8+ des non-contrôleurs semblent conférer une réponse immédiate, ils s’épuisent face à la présence continue du SIV», tandis que «les animaux contrôleurs développent des cellules T CD8+ mémoires capables de régénérer de nouvelles cellules face aux stimulations répétées du SIV». L'étude émet l’hypothèse «que cette différence pourrait être due à une protection relative des ganglions, qui présentent moins de cellules infectées dans les premiers jours de l’infection chez les contrôleurs».



    En fin de compte, ces travaux, qui «montrent que des différences entre les LTCD8+ des contrôleurs et non contrôleurs s’établissent très tôt lors de l’infection aigüe», ouvrent «des perspectives importantes pour développer de nouvelles approches de vaccin ou d’immunothérapie en vue d’obtenir une rémission de l’infection par le VIH».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Rocklines as Cradles for Refractory Solids in the Protosolar Nebula» sont publiés dans la revue The Astrophysical Journal, a permis d'étendre le concept de ligne de glace (snowline, distance à laquelle la glace passe de l’état liquide à l’état solide) dans la nébuleuse protosolaire à la matière réfractaire qui constitue les planètes telluriques avec le concept de lignes de roches, ou rocklines.

     

    Relevons tout d'abord que «la nébuleuse protosolaire, disque de gaz et de poussière à l’origine du Système solaire, est le siège de nombreux phénomènes de transport de matière tels que la diffusion et l’advection du gaz et des solides, dont l’effet est de redistribuer radialement les espèces chimiques».

     

    Comme «les matériaux solides ayant formé les planètes terrestres et les astéroïdes se sont agglomérés à partir de grains de poussières condensés dans la nébuleuse protosolaire», il est nécessaire de remonter aux conditions de formation de ces briques élémentaires dans la nébuleuse protosolaire pour «comprendre l’origine de la diversité des compositions des objets du Système solaire interne».

     

    Ainsi, «lorsqu’ils sont pris en compte, les processus de transport dans le disque ont tendance à concentrer la matière à l’emplacement de la ligne de condensation de l’espèce, attribuant aux planètes géantes des compositions différentes selon la distance à laquelle elles se sont formées».

     

    Pour sa part, le modèle utilisé dans l’étude ici présentée «reproduit les compositions des chondrites, des chondres et des sphérules cosmiques, ce qui suggère que les rocklines ont joué un rôle important dans la transformation de la matière réfractaire aux moments les plus précoces de la formation du Système solaire».

     

    D'autre part, «si la teneur globale en fer de la Terre et de Vénus est sensiblement identique à celle de la nébuleuse protosolaire lors de sa formation (~ 47% en masse dans le mélange Mg-Fe-Si), les mesures récentes du moment d'inertie de Mercure effectuées par la sonde MESSENGER suggèrent que celle-ci est beaucoup plus riche en fer (~ 83%)».

     

    Alors que «cette différence est souvent attribuée à un impact géant qui aurait arraché le manteau de Mercure n'en laissant que le noyau» dans un contexte où «les simulations reproduisent avec difficulté la réalité», cette étude prouve «que les lignes de condensation du fer et de ses alliages se trouvent proches de la zone de formation de Mercure, impliquant que le mécanisme proposé contribue naturellement à son enrichissement en fer».

     

    De ce fait, la présence d'une planète de type Mercure dans d'autres systèmes planétaires deviendrait «plutôt une règle qu'une exception, résultat qui est en accord avec les détections récentes».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Global distribution and conservation status of ecologically rare mammal and bird species» ont été publiés dans la revue Nature communications, a permis, en étudiant deux bases de données regroupant l’ensemble des mammifères terrestres et des oiseaux à l’échelle mondiale, de montrer que, bien que les espèces peu abondantes soient présentes sur tous les continents, elles sont déjà plus menacées par l’Homme que les espèces écologiquement communes et seront plus impactées par les changements climatiques à venir.

     

    Relevons tout d'abord que si «il a longtemps été supposé que les espèces rares contribuaient faiblement au fonctionnement des écosystèmes», des études récentes ont «remis en cause cette hypothèse, la notion de rareté ne recouvrant pas seulement l’abondance ou l'étendue géographique des espèces, mais aussi l’originalité de leurs rôles écologiques». Ces espèces étant irremplaçables en raison de leurs fonctions uniques, il est impératif «de comprendre leurs caractéristiques écologiques, de cartographier leur distribution et d’évaluer leur vulnérabilité aux menaces actuelles et futures».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a «cartographié le nombre d'espèces écologiquement rares dans des zones géographiques de 50 km par 50 km à travers le monde», à «partir de deux bases de données regroupant les espèces de mammifères terrestres (4 654 espèces) et d’oiseaux (9 287 espèces) à l’échelle mondiale».

     

    Il est ainsi apparu «que la rareté écologique des mammifères se concentre dans les tropiques et dans l'hémisphère sud, avec des pics dans les îles indonésiennes, à Madagascar et au Costa Rica». Elle concerne surtout les espèces nocturnes et frugivores («par exemple, les chauves-souris ou les lémuriens) ou insectivores (comme certains petits rongeurs»).

     

    Pour leur part, «les espèces d’oiseaux écologiquement rares se rencontrent principalement dans les régions montagneuses tropicales et subtropicales, en particulier en Nouvelle-Guinée, en Indonésie, dans les Andes et en Amérique centrale». Ce sont essentiellement  des «espèces frugivores ou nectarivores (comme les oiseaux mouches)». Cette rareté écologique est, dans les deux cas, «largement surreprésentée dans les îles».

     

    Cette étude, qui a, de plus, classé ces espèces en fonction de leur statut sur la liste rouge de l’UICN, montre «que les espèces écologiquement rares étaient surreprésentées dans les catégories menacées de l'UICN, tant pour les mammifères (71%) que pour les oiseaux (44,2%) par rapport aux espèces écologiquement communes (2 % et 0,5 %, respectivement)».

     

    Pour chaque espèce, «leur exposition à l’impact anthropique, au développement humain (IDH) et aux conflits armés, ces deux derniers influençant les politiques de conservation» a été évaluée. Le constat est «que les mammifères et les oiseaux écologiquement rares étaient plus touchés par l'influence humaine que les espèces plus communes et qu’ils étaient présents dans tous les types de pays, indépendamment de leur indice de développement ou du nombre de conflits».

     

    L'étude montre enfin «à l’aide de modélisations, que les oiseaux écologiquement rares seront les plus touchés» par le changement climatique et que «nombre d’entre eux risquent l’extinction d’ici 40 ans».

     

    Au bout du compte, «ce 'profilage' des espèces écologiquement rares met en évidence que leur préservation, même dans les zones actuellement protégées, n’est pas suffisante», car, alors que «la conservation des espèces est, aujourd’hui encore, trop souvent basée sur leur identité et leur statut démographique», la prise en compte essentielle «de l’originalité de leurs rôles écologiques» devrait «guider les actions de conservation».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The interplays between Crimean-Congo hemorrhagic fever virus (CCHFV) M segment-encoded accessory proteins and structural proteins promote virus assembly and infectivity» ont été publiés dans la revue PLOS Pathogens, a permis d'identifier la protéine GP38 comme le chef d’orchestre de l’assemblage des particules virales du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, ce qui en fait une cible de choix pour de futurs traitements.

     

    Relevons tout d'abord que le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV) est un virus émergent qui «provoque le décès des personnes infectées dans près de 30% des cas» et qu'il n’existe «ni vaccin ni traitement pour s’en prémunir». Ce virus est «transmis par les tiques du genre Hyalomma, présentes dans de nombreuses régions du monde dont l’Europe du Sud».

     

    Notons qu'actuellement, les tiques (TBD) sont «les principaux arthropodes vecteurs de maladies humaines et animales dans les pays développés» en raison de «l'intensification du commerce, de la mobilité et de l'agriculture dans une Europe plus chaude, plus âgée, plus peuplée, multiethnique et socialement inégale». Ainsi, la tique Hyalomma marginatum, principal vecteur et réservoir du CCHFV, dotée d'une «aire de répartition déjà très étendue», a une distribution géographique qui continue à progresser vers le Nord.

     

    Dans ce contexte, «la présence du CCHFV en dehors des zones endémiques a été récemment mise en évidence chez les tiques retrouvées sur des cerfs sauvages en Espagne ainsi que chez les humains en Grèce, au Portugal et en Espagne». De plus, «des preuves sérologiques de la circulation du CCHFV en Corse ont été rapportées, principalement chez les bovins».

     

    Le CCHFV, qui appartient au genre Orthonairovirus comprenant «des virus à ARN segmenté transmis par certaines tiques», est «actuellement l'orthonairovirus le plus important en termes de maladie humaine (classé comme agent de niveau de biosécurité 4), causant des formes graves de fièvre hémorragique, mortelle dans jusqu'à 30 % des cas, avec un nombre croissant de cas sporadiques et d'épidémies au fil des ans».

     

    Dans l'étude ici présentée, sont décrits «des mécanismes inédits utilisés par le virus pour former de nouvelles particules virales suite à l’infection d’une cellule cible». En général, «l’assemblage des virus fait intervenir à la fois des protéines virales et cellulaires dans un processus hautement régulé»: concrètement, «après la synthèse des protéines formant la structure du virus, des protéines virales interagissent entre elles et avec des protéines cellulaires afin de permettre la formation de nouvelles particules virales infectieuses».

     

    Jusqu'ici, les mécanismes d’assemblage du virus de la fièvre hémorragique étaient «peu connus, à la fois en raison de la nature hautement pathogène du virus, mais aussi de la complexité du segment codant les protéines structurales», car «le segment M du CCHFV est considéré comme le plus complexe des nairovirus», en raison du fait qu'il code «au moins six protéines, dont les deux glycoprotéines d’enveloppe Gn et Gc».

     

    Pour sa part, cette étude a pu mettre en évidence «le rôle des protéines non-structurales NSm et MLD-GP38 dans la formation de nouvelles particules virales infectieuses». Si la protéine NSm «n’apparaît pas essentielle pour la formation de nouvelle particules virales infectieuses» dans les analyses du CCFHV in vitro, elle «induit le remodelage de l’appareil de sécrétion cellulaire au profit de la production de particules virales infectieuses».

     

    D'autre part, la protéine GP38, qui «joue un véritable rôle de chorégraphe de l’assemblage en permettant à la fois la maturation de la protéine Gc ainsi que sa localisation et sa concentration dans le site d’assemblage du virus», possède «l’étonnante propriété d’être sécrétée dans le milieu extérieur, ce qui suggère une activité extracellulaire de cette protéine aux multiples facettes».

     

    Au bout su compte, cette étude, qui met «en lumière les relations particulièrement complexes entre les différentes protéines du segment M au cours de la morphogenèse des Nairovirus», permet «également d’identifier avec ces protéines structurales des cibles de choix pour de futurs traitements dirigés contre le CCHFV».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Brain disconnections link structural connectivity with function and behaviour» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis de produire le tout premier atlas fonctionnel de la substance blanche cérébrale humaine, qui cartographie plus de 500 fonctions cérébrales. Il devrait servir à analyser de nouvelles fonctions cérébrales sur la base de leur schéma de connexions et, aussi, à identifier des lésions d’AVC et des interruptions des circuits fonctionnels qu’elles entraînent.

     

    Relevons tout d'abord qu'on «appelle communément matière grise la couche externe du cerveau (ou cortex cérébral) dévolue aux fonctions cérébrales les plus intégrées, comme le sont les aptitudes visuo-spatiales, langagières ou encore mnésiques». Le cortex cérébral tient sa coloration grisée du fait qu'il «est composé des corps cellulaires des neurones».

     

    La communication dans le cerveau «est assurée par les prolongements des neurones, les axones, qui se regroupent en faisceaux pour relier entre elles les différentes régions cérébrales, sur des longueurs pouvant atteindre parfois plus de 20 cm». Ces faisceaux de substance blanche, «véritables canaux de communication, en reliant les fonctions de plusieurs régions cérébrales», permettent «de créer de nouvelles fonctions, plus élaborées ou plus complexes, de la même façon que l’assemblage des syllabes détermine le sens précis d’un mot».

     

    En premier lieu, «la recherche en neurosciences humaines s’est focalisée sur l’étude des fonctions cérébrales associées aux régions corticales» grâce aux techniques d’imagerie cérébrale développées dans les années 1990, comme l’IRM fonctionnelle par exemple», qui «ont permis de cartographier les fonctions cérébrales (langage, logique, mémoire…) à la surface du cortex».

     

    Cependant, les limites de ces techniques «ne permettent pas d’appréhender les relations existantes entre différentes régions corticales pour une même fonction». Une nouvelle ère de recherche, «où le support anatomique des fonctions cérébrales n’est plus seulement envisagé comme un éparpillement de régions à la surface du cerveau, mais bien comme un réseau de régions interconnectées et communicant entre elles», est apparue «avec l’avènement de nouvelles techniques d’imagerie permettant de modéliser les faisceaux de substance blanche (depuis une vingtaine d’années environ)».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée, «en se basant sur la plus grande collection de cerveaux lésés par un AVC (1333 patients) combinée à la base de méta-analyses la plus complète en neuroimagerie (Neurosynth) et la meilleure cartographie actuelle de substance blanche dérivée du projet 'Human Connectome 7T'», a permis «de produire le tout premier atlas fonctionnel de la substance blanche, qui cartographie à lui seul plus de 500 fonctions différentes dans le cerveau».

     

    Au bout du compte, dans cet atlas, «les fonctions cérébrales ne sont plus définies a priori et recherchées dans le seul cortex cérébral, mais elles émergent désormais de l’analyse approfondie des réseaux de substance blanche conçus comme des territoires fonctionnels définis par leur schéma de connexions».

     

     


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