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    Une étude, dont les résultats intitulés «Monitoring ground water storage at mesoscale using seismic noise: 30 years of continuous observation and thermo-elastic and hydrological modeling» ont été publiés dans la revue Scientific Reports, a permis, grâce à «un jeu de données exceptionnel, consistant en 30 années d’observations sismiques continues, enregistrées avec les mêmes capteurs en Allemagne», de montrer le fort potentiel des méthodes de bruit sismique pour ausculter en continu les stocks d’eau dans les milieux souterrains à partir d’observations de surface.

     

    Soulignons tout d'abord que, du fait que «l'eau souterraine est une ressource vitale à la fois pour l’humanité et les écosystèmes», il est devient, «face aux défis posés par les changements globaux», indispensable «de bien comprendre la réponse des aquifères aux pressions climatiques et anthropiques».

     

    Alors que «la surveillance est classiquement assurée par des réseaux de piézomètres», aujourd’hui, de nouvelles méthodes géophysiques permettent de compléter les suivis à l’échelle locale (géophysique appliquée, gravimétrie au sol) ou à l’échelle du pays (gravimétrie satellitaire). Néanmoins, jusqu'à présent, «il n’existe pas de méthode robuste pour couvrir l’échelle régionale, pourtant critique pour les questions de ressources en eau».

     

    Dans ce contexte, depuis le début des années 2000, les méthodes sismiques dites passives, qui «consistent à exploiter le bruit sismique généré en continu par les océans» sont en développement rapide. Concrètement, «la houle, générée par les tempêtes, induit sur le fond des océans et sur les côtes des variations de pression qui sont alors converties en ondes sismiques de faible amplitude, que les sismomètres installés sur les continents enregistrent», ce qui rend possible la détermination des «variations de vitesse des ondes sismiques entre les stations avec une très grande précision».

     

    Comme ces variations sont «liées notamment aux modifications de l’état mécanique des milieux souterrains, elles peuvent s’interpréter comme la réponse du milieu solide aux variations de stock/pression d’eau dans les aquifères». C'est pour cela que l'objectif de l'étude ici présentée était de définir la bonne méthodologie pour extraire la composante hydrologique de ces «données indirectes».

     

    Pour parvenir à ce but, «30 ans d'enregistrements continus de quatre stations sismiques du réseau Gräfenberg (Allemagne) ont été traités». Comme ces données «montrent des variations interannuelles de vitesse de l’ordre de 0.01 %», pour expliquer les variations observées, «deux processus de surface ont été disséqués»: d'une part, «la diffusion des ondes thermiques dans les milieux souterrains» («les variations interannuelles de température ont notamment un effet important, puisqu’elles pénètrent des épaisseurs importantes, en gardant en mémoire les évènements du passé») et, d'autre part, «les variations de stock dans les systèmes aquifères» («bien que les variations de stock se localisent en profondeur dans des couches aquifères, les variations de vitesse sont très importantes»).

     

    Au bout du compte, il apparaît que les méthodes d’analyse de bruit sismique offrent «d'énormes possibilités pour la surveillance à long terme des stocks d’eau souterrains à partir des observations de surface», car les réseaux de surveillance sismologique, qui «se sont constitués aux échelles nationale et globale depuis les années 1960», fournissent «de longues chroniques temporelles reposant sur une densité de capteurs qui ne cesse de croitre», notamment via l’infrastructure RESIF (Réseau sismologique et géodésique français).

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Prion seeding activity and infectivity in skin samples from patients with sporadic Creutzfeldt-Jakob disease» ont été publiés dans la revue Science Translational Medicine, a permis de détecter des prions responsables de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), qui affecte le cerveau, dans la peau de malades, ce qui suscite de nouvelles inquiétudes sur une voie de transmission possible, mais jusqu'ici inconnue.

     

    Rappelons tout d'abord que la MCJ est une «maladie rare» (elle «n'affecte qu'une personne sur un million par an dans le monde») qui présente plusieurs formes. Les malades, dont « les symptômes sont surtout une perte soudaine de la mémoire, des problèmes de coordination et de vision» ont le cerveau qui «devient spongieux» et près de «90% des patients meurent dans l'année suivant le début des symptômes».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée s'est appuyée «sur des échantillons de peau provenant de 38 malades décédés de la maladie»: des expériences, effectuées sur des souris de laboratoire, ont montré que les prions découverts (des protéines anormales) «sont infectieux et capables de provoquer la MCJ».

     

    Il semble cependant que «le risque de transmettre la maladie par de simples contacts entre des personnes» soit très faible car «les teneurs des prions dans l'épiderme sont de mille à cent mille fois plus faibles que dans le cerveau».

     

    Néanmoins, «il n'est pas impossible que la maladie mortelle à évolution rapide puisse être transmise par des instruments chirurgicaux autres que ceux utilisés pour des interventions dans le cerveau»: en effet, «il est bien connu que cette maladie peut se transmettre par des interventions chirurgicales avec des instruments ayant été utilisés sur des tissus cérébraux infectés».

     

    Par ailleurs, cette étude laisse également penser «que des biopsies de la peau pourraient améliorer le diagnostic de Creutzfeldt-Jakob pre et post-mortem» alors qu'actuellement, «seules des analyses du liquide céphalorachidien ou un prélèvement de tissu cérébral» peuvent établir le diagnostic et que, souvent, pour confirmer la MCJ, il est nécessaire d'examiner «le cerveau d'une personne après sa mort».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Superhydrophobic diving flies (Ephydra hians) and the hypersaline waters of Mono Lake» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de percer le secret de la mouche Ephydra hians qui vit sur les berges du lac Mono, une étendue d'eau extrêmement salée de Californie dans laquelle l'insecte plonge sans dommage en enveloppant son corps d'une bulle d'air protectrice, comme un scaphandre.

     

    Pour analyser ce comportement remarquable, des mouches Ephydra hians ont été plongées dans différentes solutions chimiques pendant qu'on les filmaient avec des caméras à haute vitesse. Il est ainsi apparu que ces insectes «créent une bulle d'air autour de leur corps, leur permettant de rester sèches et de sortir indemnes d'une immersion dans ce lac peu hospitalier», puisque ses eaux sont «trois fois plus salées que l'océan, riches en carbonate de sodium et en borax, utilisé comme détergent».

     

    Alors que «aucun poisson, ni vertébré ne peut survivre dans cet environnement aquatique toxique» et que «seules des algues et des bactéries y sont abondantes», Ephydra hians «s'y nourrit et y pond même des œufs», grâce l'imperméabilité obtenue avec «cette bulle formée par une densité de poils supérieure à la moyenne des insectes qui, en plus, sont enduits d'une cire». En outre, cette mouche a de grandes griffes sur ses pattes, «pour se déplacer sur les rochers immergés et résister à la force de flottaison de la bulle» qui ne recouvre pas ses yeux pour permettre de voir clairement sous l'eau.

     

    En fait, «ces mouches n'ont pas développé dans leur évolution un mécanisme nouveau et unique pour rester imperméables», mais ont simplement «amplifié les capacités normales dont sont dotés la plupart des insectes». Cependant, il faut souligner qu'après avoir plongé dans le lac Mono «d'autres insectes, y compris des espèces proches de l'Ephydra hians», aucun «n'a pu entrer sans être mouillé et donc aucun n'a pu ressortir de l'étendue d'eau».

     

    Comme lorsqu'on rince les mouches Ephydra hians «avec du dissolvant pour enlever la cire de leurs poils, les mouches Ephydra hians perdent leur capacité de former leur bulle», au bout du compte, cette substance semble «la clé de ce phénomène hydrofuge».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Typhoon-Induced Ground Deformation» ont été publiés dans la revue Geophysical Research Letters, révèle que les cyclones déformeraient significativement la croûte terrestre, car les dépressions atmosphériques et les pluies torrentielles qui les accompagnent conduisent respectivement à une dilatation et à une contraction de celle-ci, toutes les deux quantifiables.

     

    Rappelons tout d'abord que «les cyclones tropicaux, aussi appelés ouragans ou typhons, sont des phénomènes météorologiques extrêmes caractérisés par de fortes dépressions atmosphériques, des vents violents et des pluies torrentielles». Les «glissements de terrain, coulées de boueinondations et ondes de tempêtes» qu'ils déclenchent sont responsables de dommages importants comme «Harvey, Irma et Maria, évènements majeurs de la saison cyclonique 2017», l'ont encore démontré récemment.


    En fait, comme l'étude ici présentée l'explique, «l’impact des cyclones ne se restreint pas à la surface de la Terre», puisque «les dépressions atmosphériques et l’accumulation de grandes quantités d’eau de pluie» sont «des charges capables de déformer la croûte terrestre». Cette conclusion a été déduite de l'analyse des déformations en question à partir de 10 années de données d’extensomètres installés à Taiwan, «un laboratoire naturel idéal pour ce travail car situé dans le bassin de formation de cyclones le plus actif de la planète».

     

    Plus précisément, «les effets d’environ 30 cyclones tropicaux ont été enregistrés par ces extensomètres enfouis à 200 m de profondeur et capables de mesurer des déformations extrêmement ténues, de l’ordre du nanostrain, c’est-à-dire une déformation relative de 1 mm pour 1 000 km de roche».

     

    En s'appuyant «conjointement sur ces mesures de déformation et sur leur modélisation numérique, contrainte par les variations de pression atmosphérique et les quantités de pluie mesurées localement, à proximité de chaque extensomètre», il est apparu que «la signature en déformation des cyclones» se décompose en deux phases: «la première est une dilatation de la croûte terrestre, jusqu’à 150 nanostrains, synchrone de la dépression atmosphérique qui accompagne chaque cyclone», tandis que «la seconde est une contraction, jusqu’à 800 nanostrains, due à la charge de l’eau de pluie à la surface du sol».

     

    Notons ici que «selon la topographie avoisinante, les volumes de pluie tombés sur de grandes surfaces peuvent être drainés et concentrés vers des régions plus petites, très souvent les fonds de vallées, qui vont alors subir des déformations de plus en plus fortes». Comme, d'autre part, «la dynamique temporelle de cette contraction reflète le temps nécessaire à l’eau de pluie pour ruisseler vers ces vallées», cela nous renseigne «sur la vitesse de ce ruissellement et la surface moyenne des bassins versants drainés».

    Ces résultats, «dans un contexte de changement climatique qui voit s’accroitre l’intensité des cyclones tropicaux», illustrent «les profondes interactions qui lient les enveloppes fluides et la Terre solide et posent la question de l’influence potentielle des évènements météorologiques extrêmes sur l’activité sismique des régions tropicales» qui sont «à la fois tectoniquement actives et soumises à ces phénomènes météorologiques extrêmes (e.g. Taiwan, Japon, Antilles)».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Evidence for rRNA 2′-O-methylation plasticity: Control of intrinsic translational capabilities of human ribosomes» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de démontrer que le ribosome, un des composants essentiels de la 'machinerie cellulaire' qui fabrique les protéines, est dénaturé dans les tumeurs au point de produire préférentiellement des protéines favorisant la prolifération et la survie des cellules cancéreuses.

     

    Rappelons tout d'abord que la production des protéines est «réalisée par l’intermédiaire de 'petits robots spécialisés' appelés ribosomes», dont la mission est «de récupérer le message génétique qui est encore codé, et de le décoder sous forme de protéines actives». Comme «les cellules cancéreuses ont une activité métabolique et une prolifération anormalement élevée, ce qui requiert de fabriquer plus de protéines», il est essentiel de comprendre le rôle que peuvent jouer les ribosomes dans le cancer.

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée met en évidence que le mécanisme par lequel les modifications des ribosomes (des 2'-O-méthylations), identifiées en 2013 et «qui surviennent au cours du développement des cancers du sein et du côlon», altèrent la synthèse des protéines. Il a été, en particulier, montré «que la plasticité de la 2'-O-méthylation modifie le fonctionnement des ribosomes».

     

    Cette découverte, qui «met en lumière une nouvelle facette du ribosome, celle d'un régulateur direct de la synthèse des protéines, alors qu'il était considéré, jusqu'à aujourd'hui, comme un simple effecteur», ouvre «des perspectives nouvelles sur l'utilisation des ribosomes, notamment en cancérologie».

     

    Plus précisément, la description détaillée, au niveau moléculaire, des ribosomes des cellules tumorales dans différents cancers, pourra, à l'avenir, permettre d'identifier «de nouveaux marqueurs pronostiques du développement des tumeurs» et «développer de nouvelles thérapies ciblées contre ces ribosomes particuliers».

     

     


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