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    Une étude, dont les résultats intitulés «Dual AAV-mediated gene therapy restores hearing in a DFNB9 mouse model» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de restaurer l’audition au stade adulte chez un modèle murin de la surdité DFNB9 (un trouble auditif représentant l’un des cas les plus fréquents de surdité congénitale d’origine génétique) grâce à l’injection intracochléaire du gène en question: concrètement, la fonction de la synapse auditive a alors été rétablie et les seuils auditifs des souris sont revenus à un niveau quasi-normal.

     

    Relevons tout d'abord que «plus de la moitié des cas de surdité congénitale profonde non syndromique ont une cause génétique, et la plupart (~ 80%) de ces cas sont dus à des formes autosomiques récessives de surdité (DFNB)». Actuellement, «la seule option permettant une récupération auditive chez ces patients» est celle des implants cochléaires.

     

    Par ailleurs, «les virus adéno-associés (AAV) sont parmi les vecteurs les plus prometteurs pour le transfert de gènes dans le but de traiter des maladies humaines». En particulier, «la thérapie génique basée sur les AAV est une option thérapeutique prometteuse pour le traitement des surdités, mais son application est limitée par une fenêtre thérapeutique potentiellement courte», car le développement de l’oreille interne chez l’humain «s’achève in utero et l’audition débute à environ 20 semaines de gestation». De plus, en général, «les formes génétiques de surdité congénitale sont diagnostiquées au cours de la période néonatale».

     

    En conséquence, les approches de thérapie génique dans les modèles animaux doivent «en tenir compte et l’efficacité du gène thérapeutique doit être démontrée pour une injection du gène effectuée après la mise en place de l’audition», qui doit «conduire à la réversion de la surdité déjà installée».

     

    Pour atteindre cet objectif, l'étude ici présentée a employé «un modèle murin de DFNB9, une forme de surdité humaine représentant 2 à 8 % de l’ensemble des cas de surdité génétique congénitale». Les sujets atteints de surdité DFNB9 sont, à la suite de mutations dans le gène qui code pour la protéine otoferline [qui est «essentielle à la transmission de l’information sonore au niveau des synapses des cellules sensorielles auditives» (les cellules ciliées internes)], dépourvus de cette protéine, ce qui les rend sourds profonds.

     

    Les souris mutantes DFNB9 constituent «un modèle approprié pour tester l'efficacité de la thérapie génique virale lorsqu’elle est administrée à un stade mature», car, étant dépourvues d'otoferline, elles «sont sourdes profondes en raison d'une défaillance complète de la libération de neurotransmetteur» par les synapses des cellules ciliées en réponse à la stimulation sonore «et ce malgré l’absence d’anomalie décelable de l'épithélium sensoriel».

     

    Comme «la capacité limitée d’empaquetage de l'ADN par les AAV (environ 4,7 kilo-bases (kb)), rend difficile l'utilisation de cette technique pour des gènes dont la séquence codante (ADNc) dépasse 5 kb, tel que le gène Otof codant pour l’otoferline, dont la séquence codante est de 6 kb», cette étude a contourné cet obstacle «en adaptant une approche d’AAV, dite duale, parce qu’elle utilise deux vecteurs recombinants différents, l’un contenant la partie 5’ et l’autre la partie 3’ de l’ADNc de l’otoferline».

     

    Au bout du compte, «une seule injection de la paire de vecteurs dans la cochlée de souris mutantes à des stades adultes a permis de reconstituer la séquence codante de l’otoferline par recombinaison des segments d’ADN 5' et 3', conduisant à la restauration durable de l'expression de l'otoferline dans les cellules ciliées internes, puis à une restauration de l’audition».

     

    Cette étude, qui suggère «que la fenêtre thérapeutique pour le transfert de gène local chez les patients atteints de surdité congénitale DFNB9 pourrait être plus large que prévu» et qui donne «l’espoir de pouvoir étendre ces résultats à d’autres formes de surdité», ouvre ainsi «la voie à de futurs essais de thérapie génique chez des patients atteints de DFNB9».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Detection of the Missing Baryons toward the Sightline of H1821+643» sont publiés dans la revue The Astrophysical Journal  et disponibles en pdf, a permis, grâce au satellite Chandra, de confirmer l'hypothèse qu'une partie des protons et des neutrons présents lors du Big Bang, qui manquaient à l'appel d'après la théorie de la nucléosynthèse primordiale, se trouvent, cachés sous forme de noyaux légers, très chauds mais très peu lumineux, dans des filaments de matière, entre les amas de galaxies.

     

    Rappelons tout d'abord que «lorsque l'on calcule la densité de matière baryonique normale dans le cosmos observable (et ce, à partir des contraintes de la nucléosynthèse primordiale qui relie cette densité aux rapports d'abondance des noyaux les plus légers, c'est-à-dire, en ce qui concerne les isotopes, de l'hydrogène et de l'hélium)», on constate que de la matière baryonique manque sous forme d'étoile ou de gaz dans les galaxies.

     

    L'hypothèse avancée depuis longtemps est que ces protons manquants se trouvent «très probablement dans le Warm-Hot Intergalactic Medium (WHIM), c'est-à-dire sous forme de filaments de gaz chaud entre les galaxies». Alors que «plusieurs observations soutiennent cette hypothèse depuis quelques années», c'est «maintenant au tour du satellite Chandra de la Nasa de conforter cette solution à l'énigme des protons, et plus généralement des baryons manquants» à partir «de mesures effectuées dans le domaine des rayons X (celles obtenues dans le même domaine de longueur d'onde avec le télescope spatial XMM-Newton allaient déjà dans ce sens il y a quatre ans)».

     

    Si «les filaments de baryons perdus ne sont pas détectables en lumière visible», ils peuvent l'être «indirectement avec des rayons X qu'ils sont en mesure d'absorber». Dans l'observation présentée dans cette étude, la difficulté venait du fait que «les télescopes en rayons X ne peuvent pas être aussi performants que des télescopes fonctionnant à des longueurs d'ondes plus élevées» et «qu'il existe un bruit qui s'ajoute au signal recherché dans le spectre utilisé», celui «des émissions en rayons X produites par la matière qui s'accrète autour d'un trou noir super massif» au cœur d'un quasar».

     

    Afin de faire émerger ce bruit, l'étude, qui a fait ses observations sur la ligne de visée du quasar immatriculé H1821+643 (*) «situé à environ 3,5 milliards d'années-lumière de la Voie lactée, a «commencé par estimer la présence de 17 filaments présents entre nous et le quasar, grâce à des observations dans le domaine des ultraviolets»: en fait, il s'agissait «surtout d'estimer leur distance, et donc l'effet exact du décalage vers le rouge de la raie d'absorption des rayons X d'atomes d'oxygène ionisés, présent dans le WHIM». Cela a permis «de faire baisser le bruit de fond en se concentrant sur des régions des spectres où l'information devait se trouver». En outre, «ces spectres ont été empilés les uns sur les autres pour les mêmes raisons».

     

    Ainsi, non seulement les raies d'absorption cherchées ont été mises en évidence, mais il a été possible «de calculer la quantité de baryons présents dans les filaments du WHIM ainsi que leur température: environ un million de degrés kelvins». Au bout du compte, «la quantité estimée est conforme à celle attendue si les protons et les neutrons perdus du Big Bang sont bel et bien dans le WHIM».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Simbad)

    (*) H1821+643

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Impact of the last interglacial climate change on ecosystems and Neanderthals behavior at Baume Moula-Guercy, Ardèche, France» ont été publiés dans la revue Journal of Archaeological Science, a permis de montrer l’impact du puissant et brutal réchauffement climatique de la dernière période interglaciaire à la fois sur les paléoenvironnements et les comportements des populations de chasseurs-cueilleurs Néandertaliens en Europe.

     

    Relevons tout d'abord que l'analyse «des glaces polaires, des sédiments marins et des tourbières» indiquent que «la dernière période interglaciaire (128 000 à 114 000 ans) a été la plus chaude des derniers 400 000 ans»: en fait, «les températures étaient supérieures à celles que nous connaissons aujourd’hui et le niveau de la mer plus élevé de 6 à 9 mètres». Cependant, en raison «de l’extrême rareté des sites archéologiques appartenant à cette période, l’effet de cet événement majeur sur les paléoenvironnements et les défis auxquels les populations de chasseurs-cueilleurs Néandertaliens ont été confrontées, sont peu connus».

     

    Pour sa part, «grâce à une couche archéologique exceptionnelle, sans équivalent sur le continent européen conservée sans perturbation pendant plus de 120 000 ans dans la Baume Moula-Guercy à Soyons», l'étude ici présentée révèle que «le réchauffement climatique rapide a entraîné une reconfiguration générale des écosystèmes et une redistribution de toutes les espèces vivantes du continent européen, des plantes aux arbres et des reptiles aux grands mammifères, par la mise en place d’une épaisse forêt tempérée en remplacement de la steppe à graminées précédente».

     

    Dans ce contexte, «les mammifères caractéristiques des biotopes froids ont été remplacés par des espèces tempérées qui avaient trouvé refuge dans les péninsules méditerranéennes au cours de la phase glaciaire antérieure» et «des reptiles méditerranéens, dont la Tortue d’Hermann, absents de cette région ardéchoise de nos jours, ont occupé les espaces découverts, démontrant ainsi que le climat de cette région était plus chaud et plus sec que de nos jours».

     

    Soulignons ici, «comme de nombreux auteurs», que, «contrairement à l’idée généralement admise», la forêt tempérée «est un milieu de vie hostile pour les chasseurs-cueilleurs de nos jours comme dans le passé». Concrètement, «la biomasse de grands mammifères, qui constituaient les proies privilégiées des Néandertaliens y est nettement plus réduite que dans les steppes froides». Selon l'étude, «l’extension des milieux arborés a provoqué un effondrement drastique des populations néanderthaliennes», qui ne se maintiennent «que dans quelques rares régions européennes, dont le sud-est de la France».

     

    D'ailleurs, «alors que le cannibalisme des Néanderthaliens n’est attesté que dans 4 sites seulement durant les derniers 100 000 ans de leur existence sur le continent européen, deux sont datés de la dernière période interglaciaire, malgré sa faible durée». Le site le mieux documenté de cette période, «est celui de la Baume Moula-Guercy à Soyons», puisque «les stries au silex observées sur les os, les points d’impact pour casser les os et les crânes» amènent à conclure «que les occupants de la grotte ont consommé 6 de leurs congénères au cours d’un épisode unique d’endocannibalisme de survie».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Geoarchaeological Evidence of Middle-Age Tsunamis at Stromboli and Consequences for the Tsunami Hazard in the Southern Tyrrhenian Sea» ont été publiés dans la revue Scientific Reports, laisse penser que le Stromboli en s'effondrant à provoqué des tsunamis en Méditerranée au Moyen-Âge.

     

    Relevons tout d'abord que «depuis le début du XXe siècle, une centaine de tsunamis ont été observés en Méditerranée et dans les mers qui lui sont reliées, telle la Mer noire», ce qui «représente 10 % du total des tsunamis sur Terre pendant cette période». Cependant, ces tsunamis qui «sont produits généralement à l'occasion de séismes», n'ont pas causé «des dégâts aussi importants que ceux constatés en Asie».

     

    Néanmoins, «des tsunamis peuvent aussi se produire à l'occasion d'effondrements d'édifices volcaniques actifs»: ainsi, trois effondrements au moins, depuis l’Antiquité en Méditerranée occidentale, illustrent ce cas: ils impliquent «le Vésuve, mais surtout l'Etna et le Stromboli». Or, «l'effondrement d'une partie de l'Anak Krakatau» prouve que ces effondrements générant des tsunamis sont bel et bien dangereux».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée conduit «à réévaluer à la hausse le risque de tsunami au moins sur les bords de la mer Tyrrhénienne». Elle s'appuie sur des coupes géologiques effectuées «dans des couches à entre 170 et 250 m du rivage de Stromboli». En fait, «trois tranchées profondes de plus d'un mètre» ont permis de découvrir «trois strates manifestement constituées de dépôts de sable noirsable qui ne se trouve normalement que sur les plages de l'île»: «ce sable et les roches en forme de galets qu'il contenait ne pouvaient avoir été apportés que par trois tsunamis».

     

    Grace à «des fragments de charbon de bois», des datations au carbone 14 ont fait apparaître «que ces trois tsunamis se sont produits entre le XIVe et XVIe siècle». Historiquement, il y a le «témoignage de l'érudit, poète et humaniste florentin, Pétrarque (Francesco Petrarca, en italien) qui était alors en mission au titre d'ambassadeur envoyé à Naples par le pape Clément VI»: plus précisément, «dans une lettre, il raconte qu'il a assisté à ce qui semble être bel et bien un tsunami à la fin de l'année 1343, causant des destructions dans les ports de Naples et d'Amalfi».

     

    Par ailleurs, «on sait aussi que l'île Stromboli a été abandonnée du milieu du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle, alors que dans la première moitié des années 1300, cette île était habitée et jouait le rôle important de plaque tournante du trafic naval de croisés en provenance des côtes italiennes, espagnoles et grecques».

     

    S'il «n'existe aucune trace écrite de séismes à cette époque en Sicile ou en Italie», il existe, par contre, «des traces d'une éruption volcanique importante vers 1350». De ce fait, les volcanologues supposent «qu'il s'est produit un événement analogue à celui de l'Anak Krakatau et qu'une partie du volcan Stromboli s'est effondré, générant le tsunami observé». Ils pensent également «qu'un événement similaire s'est aussi produit en 1456».

     

    Au bout du compte, cette découverte «confirme ce qui était pressenti, à savoir le danger des tsunamis générés par le Stromboli dans la mer Tyrrhénienne méridionale».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The SOPHIE search for northern extrasolar planets. XIV. A temperate (Teq300 K) super-earth around the nearby star Gliese 411» ont été soumis à la revue Astronomy & Astrophysics et sont disponibles en pdf, rapporte la découverte, grâce au spectrographe SOPHIE installé sur le télescope de 1,93m de l’Observatoire de Haute-Provence, de la troisième exoplanète la plus proche de notre système solaire, distante de 8 années-lumière seulement.

     

    Relevons tout d'abord que cette détection est le fruit de recherches focalisées «sur les planètes en orbite autour des étoiles de type 'naines rouges', de petites étoiles dont la masse est moins de la moitié de celle du Soleil».

     

    L'intérêt de ce type d’étoiles est que «les naines rouges représentent 80 % des étoiles de notre galaxie, et sont donc majoritaires parmi les étoiles entourant notre Système solaire». En outre, leur moindre masse «facilite la détection de planètes à la fois plus petites (et donc potentiellement de type terrestre), et situées dans la zone habitable de leur étoile (où les conditions seraient favorables à l'apparition de la vie) ; des planètes qui auraient donc des points communs avec la Terre».

     

    Dans le cadre de ces observations effectuées depuis 12 années, c'est «le spectrographe SOPHIE, installé sur le télescope de 193cm de l’Observatoire de Haute-Provence, situé dans les Alpes-de-Haute-Provence (04)» qui est utilisé (ce même télescope «a permis la découverte de la toute première planète extra-solaire en 1995»).

     

    L'analyse très détaillée de 155 mesures accumulées sur Gl 411 (*), «le quatrième système stellaire le plus proche de nous, situé à seulement 8 années-lumière» dans la constellation de la Grande Ourse, a clairement fait apparaître «qu’une planète est en orbite autour de cette étoile». Plus précisément, les mesures de vitesses de l’étoile au moyen de SOPHIE a révélé «de très petits mouvements provoqués par la masse de la planète sur son étoile au cours de son orbite».

     

    Cette exoplanète, immatriculée Gl 411b, «a une masse trois fois supérieure à celle de la Terre, et tourne autour de son étoile en 13 jours». Elle est «très proche de cette dernière, puisque la distance qui la sépare de son astre est de 0,08 UA: en fait, «Gl 411b est cinq fois plus proche de son étoile que Mercure ne l’est de notre Soleil».

     

    Néanmoins, du fait que «l’étoile Gl 411 est elle-même plus froide que le Soleil (sa température de surface est de 3300°C, contre 5500°C pour le Soleil)», Gl 411b ne reçoit «de son étoile que 3,5 fois plus d’énergie que la Terre n’en reçoit du Soleil», ce qui la place «en deçà de la zone habitable»: il est donc «probable que cette planète ait davantage de points communs avec Vénus».

     

    Alors qu'environ «200 exoplanètes ont déjà été détectées et caractérisées à l’Observatoire de Haute-Provence», dans cet ensemble «Gl 411b est la plus proche (et la moins massive)» puisqu'au moment de sa découverte, il s'agit «de la troisième exoplanète la plus proche de notre Système solaire». Au bout du compte, «sa proximité et sa luminosité en font une cible idéale pour de futures études destinées notamment à étudier son atmosphère».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Simbad)

    (*) Gl 411

     

     


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