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    Une étude, dont les résultats intitulés «MAVS deficiency induces gut dysbiotic microbiota conferring a proallergic phenotype» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis d'établir chez la souris une relation surprenante entre un système de détection des virus, la composition du microbiote intestinal et le développement d'allergies cutanées.

     

    Rappelons tout d'abord que les micro-organismes présents dans notre tube digestif, qui sont «dix à cent fois plus nombreux que les cellules qui composent notre corps», constituent un écosystème en équilibre pouvant «être modifié par les traitements médicaux ou l'alimentation». Alors que «plusieurs types de données épidémiologiques suggèrent un lien entre des changements de composition de ce microbiote intestinal (ou flore intestinale) et le développement de maladies allergiques, y compris de type eczéma, à distance de l'intestin», l'explication de cette relation doit être élucidé.


    Dans ce contexte, l'étude ici présentée «s'est intéressée à des souris dépourvues du gène MAVS, un acteur central de la détection des virus par le système immunitaire». Il a été alors observé chez ces souris «un microbiote intestinal altéré et une réaction allergique cutanée exacerbée». Pour démontrer le lien entre ces deux observations, le microbiote altéré a été transféré à des souris normales. Comme ces dernières ont «développé une réaction allergique exacerbée», cela démontre «que le transfert de flore en était responsable».

    En outre, il est apparu que «cette modification du microbiote intestinal entraînait une augmentation de la perméabilité de l'intestin, permettant ainsi la migration de certaines bactéries intestinales vers la rate et les ganglions et l'augmentation de la sévérité de la réaction allergique cutanée».

    Cette étude, qui met en lumière «le rôle protecteur inattendu d'une protéine antivirale (MAVS) sur la stabilité de la flore intestinale», ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques «en démontrant l'impact de l'altération du microbiote intestinal sur l'exacerbation de la réponse allergique cutanée»: plus précisément, on peut entreprendre d'explorer la possibilité de traiter l'eczéma, ou d'améliorer les traitements actuels, en agissant sur le microbiote.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «2D titanium carbide (MXene) for wireless communication» ont été publiés dans la revue Science Advances, a permis de mettre au point une sorte d'encre que l'on peut vaporiser sur n'importe quelle surface pour transmettre des ondes radio, grâce à la technologie des MXenes qui pourrait révolutionner l'Internet des objets (*).

     

    Indiquons tout d'abord que les MXenes (à prononcer 'makesens') «sont des matériaux métalliques ultrafins conducteurs et hydrophiles». Mis au point aux États-Unis en 2011, ils combinent des métaux (titane, molybdène, vanadium, niobium...) avec des atomes de carbone ou d'azote pour créer un matériau épais de quelques atomes seulement». Ces MXenes ont déjà connu, ces dernières années, quelques succès: par exemple dans le stockage d’énergie, le blindage électromagnétique, la filtration de l’eau, la détection chimique, la séparation des gaz ou la protection contre les rayonnements électromagnétiques.

     

    Cette étude, pour sa part, présente «une nouvelle méthode pour incorporer ces MXenes dans une sorte d'encre transparente et vaporisable sur n'importe quelle surface, qui se comporte alors comme une antenne capable de transmettre et recevoir des ondes radio. Elle consiste à simplement à mélanger «des feuilles de carbure de titane avec de l'eau» de sorte que «lorsque l'eau s'évapore, il ne reste plus que les atomes de métal qui s'assemblent pour former une antenne».

     

    La couche métallique ainsi créée a à peine 62 nanomètres (nm), «soit un millième de l'épaisseur d'une feuille de papier». Comme, par comparaison, «le WiFi ou le Bluetooth nécessitent une couche de métal d'au moins cinq micromètres (μm), 100 fois plus, pour que le courant circule», non seulement ces antennes sont ultrafines, «mais elles surclassent largement les autres technologies existantes», puisque, selon cette étude, pour des épaisseurs de quelques micromètres, la qualité de transmission est «50 fois meilleure que celle des antennes en graphène et 300 fois meilleure que les antennes en encre argentée».

     

    Ce qui est visé avec cette méthode, qui «ne nécessite pas d'additifs ni d'étape supplémentaire pour stabiliser les atomes sur le support» car après un simple 'pschitt' «l'antenne est directement opérationnelle», c'est «le vaste champ de l'Internet des objets (IoT), un marché estimé à 520 milliards de dollars en 2021»: concrètement, l'antenne étant «transparente, on peut par exemple l'appliquer sur du verre pour rendre les fenêtres communicantes, mais aussi sur un mur, du papier, des vêtements ou sur la peau».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Internet des objets

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «A hexagon in Saturn’s northern stratosphere surrounding the emerging summertime polar vortex» ont été publiés dans la revue Nature Communications, rapporte la détection d'une discontinuité de températures mesurée par la sonde Cassini, qui dessine au pôle nord de Saturne un hexagone identique à celui identifié en 1980 dans les nuages, mais 300 km plus haut en altitude.

     

    Indiquons tout d'abord que du fait que sur Saturne les années durent 30 ans, «lorsque la sonde Cassini de la NASA est arrivée à destination en 2004», le pôle nord était beaucoup trop froid pour que ses instruments infrarouges «puissent mesurer la température de la haute atmosphère».

     

    Cependant, «tout a changé à partir de 2014, quand l'ensoleillement est devenu suffisant pour établir des cartes de températures dans une couche transparente de l'atmosphère située 300 km au-dessus des premiers nuages» (Rappelons ici que la sonde, à cours de carburant, «a été projetée par la NASA dans les nuages de Saturne le 15 septembre 2017»).

     

    Les mesures ont fait apparaître «une discontinuité de température de quelques degrés dessinant un hexagone autour du pôle» et le réchauffement avec le temps de la région a confirmé l'existence de cette structure hexagonale, qui «n'a jamais disparu»: en fait, «elle délimite deux zones distinctes de températures, l'une où il fait plus chaud (à l'intérieur) et une autre où il fait encore très froid (à l'extérieur)».

     

    Ce qui est remarquable, c'est que «cette structure hexagonale correspond très exactement à un autre hexagone, tout aussi mystérieux, que l'on distingue à l'œil nu dans les nuages de Saturne, 300 km plus bas». Celui-ci, «découvert en 1980 par la sonde Voyager et étudié sous toutes les coutures par Cassini», reste également «très largement inexpliqué».

     

    On pense néanmoins que l'hexagone repéré dans les nuages de Saturne «est vraisemblablement lié à la rotation de la planète, comme les jet-streams polaires terrestres», mais ce qui surprend c'est son extrême stabilité, puisqu'en près de 40 ans, «il n'a pour ainsi dire pas changé»: en effet, «certains modèles parviennent à former naturellement un hexagone dans cette couche nuageuse», mais cette structure «a tendance à disparaître rapidement».

     

    Le nouvel hexagone stratosphérique, quant à lui, se superpose parfaitement, mais il n'y a pas d'assez de données «pour déterminer s'il est aussi stable que son jumeau situé dans la couche nuageuse en dessous».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Did Caravaggio die of Staphylococcus aureus sepsis?» ont été publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases et sont disponibles en pdf, conduit à conclure que le décès de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571–1610) (*), célèbre peintre italien connu pour son traitement particulier de la lumière et des fonds sombres, aurait été causé par une septicémie à staphylocoque doré.

     

    Rappelons tout d'abord que «la carrière tumultueuse du Caravage, personnage au caractère ombrageux et violent, fut émaillée de poursuites judiciaires, de rixes et de querelles». Comme en 1606, ces violences amènent le peintre à tuer «un joueur du jeu de paume qu’il connaissait, Ranuccio Tomassoni da Terni» et à prendre la fuite, il sera condamné à mort par contumace et passera les quatre dernières années de sa vie à «chercher par tous les moyens à obtenir la réhabilitation et l’amnistie pour le crime qu’il a commis».

    Le Caravage «meurt le 18 juillet 1610, à l’âge de 39 ans, dans un lit d’hôpital à Porto Ercole, en Toscane, trois jours après avoir présenté une fièvre élevée et un délire, dans un tableau qui ressemble à ce que l’on appelle aujourd’hui un choc septique» et son cadavre «aurait été enterré dans un petit cimetière» près «de l’hôpital où il a succombé».

     

    
Les biographes s’accordent, jusqu'à présent, «à dire que Caravage mourut d’une 'fièvre maligne', expression utilisée à l’époque pour toute maladie mortelle dont le symptôme était une forte fièvre» et comme le peintre «avait traversé des marais et que la chaleur sévissait en ce mois de juillet, il fut longtemps retenu que Caravage était mort du paludismeinfection alors endémique dans cette région».

     

    Dans ce contexte, «une équipe de recherche multidisciplinaire a entrepris de retrouver dans ce vieux cimetière un squelette correspondant à celui d’un homme mesurant 1,65 m, d’un âge compris entre 35 et 40 ans». Parmi les neuf squelettes répondant à ces critères, «un seul remontait au 17e siècle selon les analyses de datation au carbone 14». De plus, «l’analyse des os de ce squelette devait révéler une forte teneur en plomb», un détail essentiel «dans la mesure où l’on sait que Le Caravage, pionnier du clair-obscur, est connu pour avoir utilisé des peintures au plomb».

     

    Pour confirmer que ce squelette était bien celui du Caravage, «une comparaison génétique de l’ADN contenu dans les restes osseux avec celui d’autres individus ayant pour nom patronymique Merisi or Merisio, considérés comme appartenant à la famille de l’illustre peintre», a été entreprise. Elle a porté «sur des séquences ADN répétées en tandem un grand nombre de fois, appelées microsatellites», car «ces marqueurs présents sur le chromosome Y (transmis par le père)» sont «reliés au patronyme, ce qui permet de retracer la lignée familiale».

     

    Au total, sur les 17 microsatellites du chromosome Y analysés, onze «ont été retrouvés chez les personnes dont l’ADN avait été analysé». Du fait que ces personnes ayant pour nom Merisi ou Merisio» possèdent en «très forte proportion», «la même signature génétique que celle du Caravage, par ailleurs très rare dans la population générale», l'étude en déduit «que le squelette retrouvé dans le cimetière de Porte Ercole est bien celui du Caravage».

     

    En vue «de déterminer une cause infectieuse à la mort du Caravage, les équipes de l’IHU Méditerranée Infection ont collecté des dents du squelette afin de procéder à des analyses sur la pulpe dentaire». Ici, il faut savoir que «du vivant d’un individu, la pulpe dentaire est riche en vaisseaux sanguins», qui «se dessèchent après la mort». Cependant, «si le sang contient des germes pathogènes, comme c’est le cas lorsqu’un patient meurt d’une septicémie, il est possible détecter des traces, même plusieurs siècles plus tard en utilisant plusieurs techniques de biologie moléculaire».

     

    Ainsi, dans le cadre de cette étude, il a été procédé «à une analyse par métagénomique, consistant en un séquençage massif et aléatoire de tous les gènes bactériens contenus dans l’échantillon de pulpe dentaire». Au bout du compte, les seules traces de micro-organisme pathogène obtenues «étaient celles d’un staphylocoque doré».

     

    En outre, deux autres méthodes ont été mises en œuvre pour confirmer ce résultat. D'une part, «la recherche ciblée du génome de cette bactérie par la technique PCR quantitative (polymerase chain reaction)», qui «amplifie le nombre des acides nucléiques», a permis «de détecter le génome du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus)». D'autre part, une méthode, la paléométaprotéomique, développée l’Institut Hospitalier Universitaire (IHU), a été utilisée.

     

    Cette dernière technique «contrairement à la métagénomique qui analyse des fragments de génomes dans un échantillon», permet «de détecter les protéines spécifiques à une bactérie». Comme les protéines sont «plus résistantes que les gènes au fil du temps», elle «semble plus sensible que la métagénomique». En tout cas, cette analyse par paléométaprotéomique «a permis de trouver la signature de protéines du staphylocoque doré».

     

    En conséquence, «Le Caravage serait mort d’une septicémie, diagnostic qui contredit de nombreuses théories infectieuses sur la cause de son décès, notamment celle du paludisme, de la brucellose, de la syphilis». 
Comme «son squelette présente une lésion d’ostéomyélite (infection osseuse causée par un micro-organisme)» et que «le germe le plus souvent responsable de cette pathologie est le staphylocoque doré», tout semble «indiquer que l’illustre peintre italien aurait succombé à une septicémie, conséquence d’une infection osseuse contractée lors d’une blessure occasionnée par une bagarre».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Le Caravage

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Elastohydrodynamic Lift at a Soft Wall» ont été publiés dans la revue Physical Review Letters et sont disponibles en pdf, a permis de mettre en évidence l’influence de la déformation d’une paroi molle sur la trajectoire d’objets microscopiques dans un fluide, un effet qui pourrait contribuer à expliquer comment les globules rouges se répartissent dans les petits vaisseaux sanguins.

     

    Indiquons tout d'abord que, «contrairement aux situations d’écoulements à haute vitesse pour lesquelles des forces de portance permettent par exemple aux avions de décoller, une microparticule sphérique se déplaçant lentement dans un fluide au voisinage d’une surface n’est pas censée s’en éloigner», sauf «si la sphère ou la surface sont suffisamment molles pour être déformées par la pression dans le fluide».

     

    Ce couplage entre «la déformation élastique d’objets immergés et des forces de pressions induites par un écoulement», qui «est au cœur de sujets variés en biophysique, tels que la nage de microorganismes, les processus de biolubrification ayant lieu dans les articulations ou la circulation sanguine», se nomme élastohydrodynamique.

     

    Dans la circulation sanguine, «il est déjà bien établi que la déformabilité des cellules sanguines joue sur leur répartition dans les vaisseaux: les globules blancs et les plaquettes, peu déformables, se répartissent au voisinage des parois tandis que les globules rouges, plus mous, s’en éloignent sous l’effet de forces élastohydrodynamiques répulsives».

     

    Cependant, jusqu'ici, «la déformabilité des parois elle-même n’avait jamais été prise en compte», alors que «les cellules couvrant la surface intérieure des vaisseaux sanguins sont recouvertes d’une couche de biopolymères très molle (module élastique de 10-100 Pa) atteignant jusqu’à 1 micron d’épaisseur, appelée glycocalyx».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a montré, «en utilisant un modèle in vitro de circulation sanguine», que «la présence d’une couche très mince de biopolymères décorant une surface plane indéformable suffit à induire des forces élastohydrodynamiques répulsives qui font décoller des microsphères rigides».

     

    Plus précisément, la surface d’un canal microfluidique a été décorée «avec une brosse dont les poils sont composés de brins d’acide hyaluronique, l’un des principaux composants du glycocalyx», et «le mouvement en trois dimensions de microbilles entrainées par un écoulement contrôlé au voisinage de cette couche de biopolymères» a été analysé optiquement.

     

    Alors qu'en l’absence de brosse, «les billes, modélisant des cellules sanguines non déformables, restent plaquées par la gravité sur la paroi rigide», la présence d’une brosse déformable «suffit à induire des forces élastohydrodynamiques répulsives qui font décoller des microsphères rigides, et cet effet de portance est directement contrôlé par l’élasticité de la couche de polymère».

     

    Du fait que «les données expérimentales sont en très bon accord avec les prédictions théoriques existantes», cette étude valide «quantitativement le cadre théorique de la 'lubrification molle'».Au bout du compte, elle «met en relief l’importance des interactions élastohydrodynamiques dans le contexte de la circulation sanguine et révèle un nouveau rôle du glycocalyx dans la régulation des interactions entre cellules sanguines et parois vasculaires».

     

     

     


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