• Anthropologie: chez les Inuits, des mutations génétiques neutralisent les effets néfastes d'un régime alimentaire riche en graisses de mammifères marins!____¤201509

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Greenlandic Inuit show genetic signatures of diet and climate adaptation» ont été publiés dans la revue Science et sont consultables en pdf, a permis de mettre en évidence que des mutations génétiques qui agissent sur le métabolisme des Inuits, neutralisent les effets néfastes d'un régime alimentaire riche en graisses de mammifères marins, leur principale source d'alimentation.

     

    Pour le montrer, l'étude ici présentée a «analysé les génomes de 191 Groenlandais avec moins de 5 % de gènes européens» et les a comparé à «ceux de 60 Européens et de 44 Chinois de l'ethnie Han». Il est ainsi apparu que «près de 100 % des Inuits ont, sur le chromosome 11, des gènes dédiés au traitement des acides gras dans le développement de l'organisme mutés» alors que «seuls 2 % des Européens et 15 % des Chinois de l'ethnie Han possèdent ces mutations génétiques».

     

    Rappelons à ce propos que les Inuits consomment, en plus de la viande de baleine et de phoque, «de grandes quantités de poissons dont l'huile est riche en acides gras oméga 3». Comme «malgré cette alimentation traditionnelle très pauvre en fruits et légumes et riche en graisses animales, les Inuits sont généralement en bonne santé avec une faible incidence de maladies cardiovasculaires», dans les années 70, des chercheurs danois avaient «conclu que les oméga 3 devaient avoir des effets protecteurs pour expliquer ce paradoxe».

     

    Ce sont ces conclusions qui ont été «à l'origine des recommandations en Europe et dans le reste du monde de consommer davantage de poissons gras ou de prendre des compléments d'oméga 3 pour aider à préserver la santé du cœur et des artères». Cependant, «les résultats de récents essais cliniques» n'ont pas confirmé les bienfaits supposés des oméga 3 pour les maladies cardiovasculaires ou pour protéger contre la maladie d'Alzheimer.

     

    Il apparaît maintenant qu'en réalité «les Inuits ont une adaptation génétique unique à ce régime alimentaire» et qu'on ne peut pas extrapoler ce régime à d'autres groupes ethniques, car, s'il «est très bon pour les Inuits de consommer beaucoup d'oméga 3», ce n'est pas forcément le cas pour le reste de l'humanité: en effet, les mutations génétiques des Inuits sont bénéfiques dans plusieurs domaines «comme la réduction du 'mauvais cholestérol' (LDL) et de sucre dans le sang, ce qui a des effets protecteurs contre les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2».

     

    En outre, ces caractéristiques génétiques agissent «sur la taille car la croissance est en partie régulée par le métabolisme des graisses» de sorte que la taille des Inuits est réduite de deux centimètres.

     

    Soulignons que, d'un point de vue évolutif, ces mutations génétiques devraient «avoir aidé de nombreuses peuplades humaines comme les chasseurs-cueilleurs à s'adapter à des régimes alimentaires riches en graisse animale et à certains types d'acide gras oméga-3 et oméga-6».

     

    Plus précisément, cette sélection génétique qui pourrait s'être faite «initialement chez des Sibériens qui vivaient dans l'Arctique il y a plus de 20.000 ans», a «aidé les humains à s'adapter à l'environnement lors du dernier âge glaciaire mais a été nettement plus marquée chez les Inuits» qui se sont installés au Groenland au moment où les Sibériens y sont arrivés, il y a environ mille ans.

     

     

     


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