• Anthropologie: des séquences d'ADN néandertaliens, impliquées dans le développement du cerveau et la forme du crâne, sont toujours présentes chez des humains actuels! ____¤201812

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Neandertal Introgression Sheds Light on Modern Human Endocranial Globularity» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de découvrir des séquences d'ADN néandertaliens, impliquées dans le développement du cerveau et la forme du crâne, qui sont toujours présentes chez des humains actuels.

     

    Rappelons tout d'abord qu'on sait aujourd'hui que «les humains qui ont des ancêtres européens peuvent avoir des séquences d’ADN néandertalien dans leur génome, en raison des croisements qui ont eu lieu entre Homo sapiens et Néandertal». Cette information amène à se demander si certaines séquences néandertaliennes ne pourraient pas influencer notre cerveau et la forme de notre crâne. Pour répondre à cette question, l'étude ici présentée a analysé plusieurs types de données: «des crânes fossiles, des imageries cérébrales et des séquences génomiques».

     

    Concrètement, la tomographie a été utilisée «pour avoir une vision de la face interne de crânes de fossiles de Néandertal et de crânes d’Hommes modernes». Puis, comme «les Hommes modernes possèdent un crâne de forme globulaire, arrondie» alors que «les autres espèces humaines, comme les Néandertaliens, ont souvent des crânes plus allongés», un 'degré de globularité' de milliers de crânes d’humains actuels a été déterminé «grâce à l’imagerie par résonance magnétique»(IRM).

     

    Il est ainsi apparu que, «même si les crânes actuels sont bien distincts des crânes de Néandertal», des différences existent entre humains actuels. L'étude a alors recherché «dans les génomes de plus de 4.000 participants des fragments d’ADN néandertalien, des SNP (Single Nucleotide Polymorphisms)», en vue d'établir «si ces séquences néandertaliennes influençaient la forme du crâne».

     

    Au bout du compte, il a été constaté que «des séquences d’ADN de Néandertal sur les chromosomes 1 et 18» étaient «associées avec des cerveaux plus allongés, donc moins globulaires»: plus précisément, ces fragments d’ADN modifient «l’expression de deux gènes, UBR4 et PHLPP, connus pour être impliqués dans le développement du cerveau» («le premier intervient dans la neurogenèse et le second dans la myélinisation, c’est-à-dire la formation de la gaine de myéline qui protège les fibres nerveuses»).

     

    En fait, les ADN néandertaliens ont «une influence sur l’activité de ces gènes dans deux régions du cerveau», le putamen, situé dans les ganglions de la base, et le cerebellum, deux structures qui «reçoivent des informations du cortex moteur et sont impliquées dans la préparation, l’apprentissage et la coordination des mouvements». Notons aussi que «les ganglions de la base ont aussi des fonctions cognitives, dans la mémoire, l’apprentissage, l’attention, voire le langage».

     

     


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