• Anthropologie: deux évènements d'hybridation d'Homo sapiens avec deux populations dénisoviennes distinctes ont eu lieu! ____¤201803

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Analysis of Human Sequence Data Reveals Two Pulses of Archaic Denisovan Admixture» ont été publiés dans la revue Cell, indique que deux évènements d'hybridation d'Homo sapiens avec deux populations dénisoviennes, distinctes et «a priori géographiquement éloignées», se sont produits puisque l'un aurait eu lieu en Asie de l'est et l'autre en Australasie.

     

    Plus précisément, en examinant «très exactement 5.639 génomes d'individus originaires d'Europe, des Amériques, d'Asie et d'Océanie», cette étude n'a pas seulement «repéré de l'ADN dénisovien chez les populations d'Asie de l'est, notamment les Chinois et les Japonais», mais elle a aussi découvert «que cet ADN différait significativement de celui retrouvé dans les populations d'Australasie»: autrement dit, «l'Homme de Denisova qui s'est hybridé avec les ancêtres des populations d'Asie de l'est était peu apparenté à celui vivant en Australasie».

     

    Indiquons ici que les séquences d'ADN archaïques se repèrent par leurs signatures génomiques particulières, qui «contiennent plus de mutations par rapport au génome humain contemporain». Concrètement, «l'ADN ancien, qui provient d'une espèce Homo éteinte, porte des allèles (versions d'un même gène) inexistants dans l'ADN de Homo sapiens, parce que ces espèces ont évolué séparément pendant des milliers d'années».

     

    Après avoir été isolé, cet ADN ancien a été comparé aux génomes de l'unique spécimen dénisovien connu et à celui de Néandertal, pour identifier auquel des deux il appartenait» («l'Homme de Denisova a été découvert en 2010 dans une grotte des montagnes de l'Altaï, en Sibérie» qui est «le seul endroit où ses restes ont été retrouvés» ; ils appartenaient à «un seul individu, une jeune fille, ayant vécu il y a 40.000 ans»).

     

    Au bout du compte, il est apparu «que les populations d'Asie de l'est, en particulier deux ethnies chinoises, les Hans et les Dai, ainsi que les Japonais, avaient de l'ADN dénisovien dans leur génome». Comme celui-ci est «plus proche du spécimen sibérien de référence, que celui trouvé chez les Australasiens», il ne peut pas «être issu du même évènement d'hybridation».

     

    On peut dire, en conséquence, qu'il y a eu «au moins deux populations dénisoviennes, que Homo sapiens a rencontrées respectivement en Asie de l'est et en Asie du sud-est (Indonésie et Australasie), mais l'étude ne peut néanmoins rien affirmer «quant à l'ordre dans lequel ces deux interactions sont arrivées».

     

    Surtout, «l'histoire pourrait ne pas s'arrêter là, puisque certains bouts d'ADN anciens identifiés dans les génomes contemporains n'appartiendraient ni à l'Homme de Denisova, ni à Néandertal». De ce fait, il pourrait s'agir là «des premiers indices d'un métissage encore inconnu entre nos ancêtres et d'autres espèces du genre Homo».

     

     


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