• Anthropologie: l'ADN d'une population pygmée habitant sur l'île de Florès, où vivait l'Homme de Florès il y a plusieurs dizaines de milliers d'années, a été analysée!____¤201808

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Evolutionary history and adaptation of a human pygmy population of Flores Island, Indonesia» ont été publiés dans la revue Science, a cherché à voir s'il existait un lien entre la taille n'excédant pas 1m50 d'une population pygmée habitant sur l'île de Florès (Indonésie) et celle de leurs lointains prédécesseurs sur cette île il y a plusieurs dizaines de milliers d'années, caractérisée par sa très petite taille (il ne mesurait pas plus d'1,05 m) et faisant partie d'une «espèce humaine aujourd'hui disparue, l'Homme de Florès».

     

    Notons tout d'abord que l'île de Florès est «le seul exemple où le nanisme insulaire a frappé deux fois les hominines». Pour ce qui concerne l'Homme de Florès, qui «a été découvert il y a une quinzaine d'années», on «connaît ses caractéristiques physiques et on estime qu'il vivait sur cette île il y a entre 100.000 et 60.000 ans». Cependant, comme les conditions de conservation en milieu tropical sont très difficiles, jusqu'ici son ADN n'a pu être séquencé.

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a été entreprise dans l'espoir de «trouver une résurgence de l'Homme de Florès dans l'ADN des populations habitant aujourd'hui le même territoire» en partant de l'idée «que différentes espèces d'hominines ont pu se croiser et se mélanger» de sorte qu'en «séquençant l'ADN des populations pygmées actuelles de l'île», des traces d'ADN inconnues «qui auraient pu être assimilées à celui de l'Homme de Florès» auraient pu être détectées.

     

    Au bout du compte, «si des marques d'introgression ont bien été retrouvées, il s'agissait de deux espèces déjà identifiées», dont la réminiscence dans les génomes des populations modernes avaient déjà été découverte, «à savoir Néandertal (croisé par nos ancêtres il y a 40.000 ans au Proche-Orient) et Dénisova (qui vivait il y a 70.000 ans en Asie et a croisé au moins à deux reprises les premières populations sapiens d'Asie)».

     

    Pour le moment, «le mystère de l'homme de Florès reste donc entier»: l'hypothèse la plus probable «est de voir dans cette population des descendants des Homo erectus qui peuplait l'Asie depuis un million d'années (et qui ont fini par disparaître il y a environ 140.000 ans)». Suivant «un phénomène évolutif assez courant», en s'isolant, «leur morphologie se serait adaptée»: en effet, «sur les îles, les petites espèces ont tendance à grandir et les grandes à rapetisser».

     

    Pour ce qui concerne la population pygmée actuelle de l'île de Florès, l'étude a mis au jour «des traces d'adaptations dans le génome» propre à la petite taille. De ce fait, l'enjeu, désormais, est de rechercher ces gènes «dans d'autres populations de petite taille en Asie, pour comprendre si ce sont les mêmes mécanismes qui les ont toutes conduites à rapetisser».

     

     


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