• Anthropologie: l'étude des populations de chasseurs-cueilleurs Pygmées et d'agriculteurs Bantous prouve que notre habitat et notre mode de vie influencent notre épigénome!____¤201512

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «The epigenomic landscape of African rainforest hunter-gatherers and farmers» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis, pour la première fois, de prouver, grâce à l'étude des modifications épigénétiques de l’ADN des populations de chasseurs-cueilleurs Pygmées et d'agriculteurs Bantous, que notre habitat et notre mode de vie peuvent influencer notre épigénome, qui contrôle l'expression de nos gènes sans en affecter la séquence.

     

    Plus précisément, les modèles choisis dans l'étude ici présentée «sont deux populations d’Afrique centrale aux modes de vie et aux habitats différents: les 'Pygmées', peuple de chasseurs-cueilleurs nomades vivant dans la forêt, et les 'Bantous', agriculteurs sédentarisés dans des habitats urbains, ruraux ou forestiers, deux populations qui se sont séparées il y a environ 60 000 ans» ce qui inclue «un groupe particulier d’agriculteurs (Bantous) qui se sont installés dans la forêt et partagent le même environnement que les Pygmées».

     

    Ces travaux se sont focalisés, en particulier, sur la méthylation «c’est-à-dire l’ajout de groupements chimiques méthyles sur la séquence des gènes». Ainsi, en comparant le niveau de méthylation génomique du groupe particulier de Bantous forestiers avec celui des Bantous urbains ou ruraux, il est apparu «que le changement récent d’habitat avait provoqué des modifications de l’épigénome concernant principalement les fonctions du système immunitaire».

     

    De plus, la comparaison des méthylations du groupe de Bantous forestiers avec celles des Pygmées, pour analyser «l'impact cette fois de leur mode de vie (agriculteurs pour les Bantous, chasseurs-cueilleurs pour les Pygmées)», met en lumière «des différences de l’épigénome, relatives cette fois au développement (la taille, la minéralisation osseuse…)» qui affectent «les caractéristiques physiques qui différencient, entre autres, les Bantous des Pygmées»: il en découle que ces différences sont «qualifiées 'd’historiques'».

     

    Alors que les modifications épigénétiques telles que la méthylation qui répondent «de façon très réactive à l’environnement», ne se transmettent pas, en général, de génération en génération, cela n'est plus le cas lorsqu'elles «sont contrôlées par une mutation de l’ADN»: l'étude a ainsi montré «que les changements 'récents' de l’épigénome qui affectent l’immunité étaient dépourvus de contrôle génétique, alors que les différences 'historiques' enrichies en contrôle génétique, étaient devenues héritables et ainsi pérennes». Ces observations «expliquent en partie certaines prédispositions aux maladies».

     

    Ce type d’étude, «qui combine la génétique et l’épigénétique des populations», va désormais pouvoir être appliqué dans le futur à d’autres populations en vue d'identifier «les fonctions biologiques qui seraient principalement affectées par les changements d’environnement, de mode de vie et d’habitat auxquels les populations humaines se voient de plus en plus confrontées».

     

     

     


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