• Anthropologie: l'herpès génital, présent chez les ancêtres des chimpanzés avant de l'être dans la lignée humaine, a passé la barrière d'espèces grâce à Paranthropus boisei! ____¤201710

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Network analysis of the hominin origin of Herpes Simplex virus 2 from fossil data» ont été publiés dans la revue Virus Evolution, laisse penser que le virus de l'herpès génital, qui était présent chez les ancêtres des chimpanzés avant d'arriver dans la lignée humaine, a franchi la barrière d'espèces en passant par un hominidé appelé Paranthropus boisei.

     

    Rappelons tout d'abord que le virus de l'herpès génital HSV2 (herpes simplex 2) qui est aujourd'hui présent dans le monde entier, «est responsable de lésions génitales et de rares cas d'encéphalite». Il «peut être transmis de la mère au bébé ou lors d'un rapport sexuel» et, après l'infection, «le virus entre dans un cycle de latence, ponctué par des périodes de réplication au cours desquelles un nouvel hôte peut être infecté par contact génital».

     

    Alors que «les chimpanzés anciens ont transmis l'herpès buccal aux humains primitifs il y a des millions d'années, quand nos lignées se sont séparées», il n'en est pas de même pour le virus HSV2 génétiquement plus proche du virus HSV1 du chimpanzé que du HSV1 humain: en réalité, «les virus HSV1 du chimpanzé et HSV2 auraient divergé il y a 1,4 à 3 millions d'années».

     

    Pour l'étude ici présentée, c'est Paranthropus boisei qui a joué un rôle clé pour permettre à HSV2 de sauter la barrière des espèces («Haut de 1,2 m environ, Paranthropus boisei, qui avait un petit cerveau et des mâchoires massives», a été «surnommé Nutcracker man, ou Casse-noisettes» à cause de «son alimentation supposée et de ses dents puissantes»).

     

    L'outil utilisé pour découvrir «la voie la plus probable de transmission d'HSV2 des ancêtres des chimpanzés aux ancêtres de l'Homme moderne», a été «une modélisation de réseau bayésien»: ce «modèle graphique utilisant des probabilités» permet d'exploiter «les données des maladies pour reconstituer des évènements complètement invisibles aux archives archéologiques et fossiles».

     

    Les données «sur la répartition de la forêt tropicale humide africaine et la localisation des fossiles» ont été combinées («les anciens chimpanzés, Paranthropus boisei et Homo erectus vivaient tous en Afrique entre 1,4 et 3 millions d'années, dans la région où sont nés les Hommes modernes»). Ce modèle a alors fait apparaître «que Paranthropus boisei était l'hôte intermédiaire le plus probable».

     

    Deux hypothèses ont été avancées pour expliquer la transmission du virus HSV2 des anciens chimpanzés à P. boisei: d'une part, elle «aurait pu se produire directement (par des blessures de chasse ou par de la viande de chimpanzé)» ou d'autre part, «par l'intermédiaire d'un autre hominidé: Homo habilis». Néanmoins, selon cette analyse, «H. habilis ne peut pas avoir transmis directement HSV2 à H. erectus».

     

    De ce fait, la transmission du virus entre les ancêtres de l'Homme moderne «a pu se faire par voie sexuelle, mais pas seulement», car «H. erectus aurait pu consommer de la viande de P. boisei». Soulignons que cette consommation de viandes de primates «favorise la transmission de virus aux Hommes, ce qui a pu également être le cas avec le VIH»: en effet, «manger d'autres espèces étroitement liées à soi présente des risques, car les agents pathogènes adaptés à des espèces génétiquement similaires à nous trouveront plus facilement comment sauter la barrière des espèces». Par la suite, en partant d'Afrique, il y a environ 100.000 ans, les Hommes modernes «ont probablement emmené avec eux les virus HSV2».

     

     


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