• Anthropologie: le génome d’un Éthiopien, vieux de 4500 ans, suggère que chez les Africains d'aujourd’hui jusqu’à 7% de gènes viennent d’ancêtres agriculteurs au Moyen-Orient!____¤201510

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Ancient Ethiopian genome reveals extensive Eurasian admixture throughout the African continent» ont été publiés dans la revue Science, laisse penser, à partir de la description du génome complet d’un Éthiopien vieux de 4500 ans, que les Africains vivant aujourd’hui tiennent une part importante de leur hérédité (jusqu’à 7%) d’ancêtres ayant pratiqué l’agriculture au Moyen-Orient.

     

    Les restes fossilisés de cet homme adulte ont été retrouvés en 2012 enterrés sous une pierre dans la grotte de Mota (ouest de l’ Éthiopie), une «cachette utilisée par les habitants de la région lors de conflits armés». Comme de l'ADN de bonne qualité a pu être extrait de l’os de son oreille interne, l’ensemble de son génome a pu être décrypté.

     

    Ce décryptage est précieux car c'est la première fois qu'on a accès «au génome entier d’un Africain ancien», du fait que «le climat chaud et humide empêche généralement la préservation de l’ADN sur ce continent».

     

    Il est ainsi apparu que «Mota, ainsi qu’il a été surnommé, avait été très proche des Aris, un groupe ethnique qui vit toujours aujourd’hui sur les hauts plateaux d’Éthiopie». Son génome indique «qu’il avait la peau sombre et les yeux marrons, qu’il était dépourvu d’une mutation qui permet la bonne digestion du lait chez l’adulte (ce qui était attendu pour un chasseur-cueilleur), mais qu’il en possédait trois qui favorisent encore aujourd’hui l’adaptation à la vie en altitude chez les habitants de ces hauts plateaux éthiopiens».

     

    L'étude a alors comparé ces données avec celles provenant d’Africains actuels et de fossiles d’Europe. Alors qu'on soupçonnait «que l’Afrique avait reçu il y a environ 3 000 ans un flux de populations en provenance du Croissant fertile, au Moyen-Orient», sans surprise, «Mota, plus ancien, ne portait aucune trace de cet apport génétique» ce qui en fait «un point de référence unique pour déterminer ce qui, dans l’hérédité des populations africaines actuelles», peut provenir d’Eurasie.

     

    Il en découle «que 4% à 7% de leur génome a une source eurasiatique, et pas seulement dans la Corne de l’Afrique» puisqu'il en est de même «pour les Yoruba (7%) à l’ouest du fleuve Niger et pour les pygmées Mbuti (6%), souvent considérés comme des populations africaines de référence, c’est-à-dire peu métissées».

     

    De plus, comme l'étude mène à la conclusion que «le génome des Yorubas et des Mbutis comprend entre 0,2% et 0,7% de séquences néandertaliennes» et comme la part d’ADN provenant de Neandertal avait été évaluée à 3% environ dans les populations non africaines («en considérant que les Africains actuels n’avaient pas hérité d’ADN eurasiatique»), il en résulte «que la part de Néandertal chez les Européens est un peu plus haute qu’on ne le pensait».

     

     

     


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