• Anthropologie: le plus petit primate du monde, le microcèbe mignon, révèle l’incroyable conservation de notre système visuel pendant les millions d’années de l’évolution!____¤202012

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Orientation Preference Maps in Microcebus murinus Reveal Size-Invariant Design Principles in Primate Visual Cortex» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis, grâce au microcèbe mignon, le plus petit primate du monde, de révéler l’incroyable conservation de notre système visuel pendant les millions d’années de l’évolution.

     

    Relevons tout d'abord que depuis plus d’un siècle, «le système visuel des primates fait l’objet d’études scientifiques approfondies», qui «ont révélé que contrairement à d’autres mammifères comme les rongeurs», l’information visuelle est traitée par 'pixel' apparenté «à un pixel d’une caméra digitale», grâce «à de petites unités de calcul dédiées, localisées dans le cortex visuel». Comme «les différentes espèces de primates couvrent une large gamme de tailles», en vue de comprendre les origines de nos capacités visuelles, l'étude ici présentée a voulu «savoir si ces unités de calculs s’adaptaient aux grandes différences de taille entre primates, pouvant varier d’un facteur 1000».

     

    Pour ce faire, le fonctionnement du système visuel du Microcebus murinus ou microcèbe mignon, «un lémurien de Madagascar qui pèse à peine 60 grammes» et «figure parmi les plus petits d’entre eux», a, en premier lieu, «dû être analysé par une technique d’imagerie optique»: concrètement, «des formes géométriques représentant des lignes d’orientation diverses sont présentées aux petits lémuriens puis les neurones répondant au stimulus visuel sont repérés par imagerie».

     

    La répétition des mesures, qui «dessine petit à petit les unités de calculs traitant les informations directionnelles, soit la définition d’un pixel pour cette approche expérimentale», a révélé que ces pixels mesuraient plus d’un demi-millimètre de diamètre» alors qu'on pouvait s'attendre «à voir des pixels de taille minuscule, proportionnels à la petite taille du lémurien».

     

    La comparaison de ces données «à celles disponibles pour les circuits visuels des différentes espèces de primates étudiées jusqu’ici», montre que «cette unité de traitement de base est de taille presque identique chez le microcèbe de 60 grammes, les macaques d’environ sept kilos et les grands primates de plusieurs dizaines de kilos, dont l’homme». En outre, «le nombre de neurones par unité de traitement ainsi que leur organisation fonctionnelle était presque identique chez tous les primates», alors qu'il y a entre eux «55 millions d’années de séparation sur différents continents», donc «un très long chemin évolutif à parcourir».

     

    Au bout du compte, le fait «que cette unité soit si bien conservée suggère qu’elle a probablement évolué très tôt dans l’histoire des primates, indiquant que nos ancêtres primates avaient des capacités visuelles similaires aux nôtres». De plus, cette découverte montre «que cette partie du système visuel ne peut pas être comprimée ou réduite», un nombre fixe de neurones devant être impliqué pour assurer sa fonctionnalité optimale.

     

    Ainsi, «pour les minuscules espèces de primates ayant une excellente vision, comme le microcèbe mignon, le système visuel doit être relativement grand, comparé à la taille de leur cerveau, pour accueillir un nombre suffisant d’unités de traitement des pixels», puisque «plus d’un cinquième du cortex cérébral de ce lémurien est dédié au traitement visuel» alors que «les circuits neuronaux de la vision occupent à peine 3 % du cerveau humain».

     

     

     


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