• Anthropologie: un fémur de l’Homme d'Ust’-Ishim permet de cerner une période durant laquelle des Homo sapiens et des Néandertaliens se sont croisés!____¤201410

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Genome sequence of a 45,000-year-old modern human from western Siberia» ont été publiés dans la revue Nature, a permis, grâce à l’analyse de l'ADN d'un fragment relativement complet de fémur gauche d'un homme moderne, vieux de 45000 ans environ, de mieux cerner une période durant laquelle des Homo sapiens et des Néandertaliens se sont croisés.

     

     

    Ce fossile d'aspect noirâtre retrouvé en 2008 «pointant hors des alluvions sur les rives de la rivière Irtysh, dans la région d’Omsk» près du lieu-dit d'Ust’-Ishim (Sibérie Occidentale) par un chasseur d’ivoire de mammouth, a fait l'objet de deux datations au carbone 14.

     

     

    Il est alors apparu que l’Homme d'Ust’-Ishim était «le plus ancien homme moderne précisément daté d’Eurasie (les autres prétendants, en Asie notamment, n’offrant pas un pedigree aussi solide)».

     

    Avec ce fémur sibérien, on dispose d'une référence temporelle «pour mieux estimer le nombre de mutations génétiques qui interviennent au fil des générations»: ainsi «en prenant pour hypothèse que 29 ans séparent chaque génération, le croisement entre Néandertaliens et hommes modernes dont ce Sibérien est le fruit serait intervenu entre 232 et 430 générations avant sa naissance, il y a entre 50000 et 60000 ans».

     

    Cependant, cela ne veut pas dire «qu’il s’agit du seul métissage de ce type qui soit intervenu dans la préhistoire humaine, ni même que les populations actuelles d’Eurasie en soient les descendantes», car un petit groupe d’humains modernes parvenu en Sibérie, a pu s'accoupler avec des Néandertaliens et ensuite s'éteindre.

     

    Ce scénario semble même plausible, car «on ne retrouve effectivement pas de proximité génétique particulière du Sibérien avec les Européens actuels».

    Cette hypothèse est d'ailleurs renforcée par des données archéologiques. En effet, «entre les industries lithiques et les pratiques funéraires des néandertaliens (le moustérien) et celles clairement attribuées à l’homme moderne (l’aurignacien)», il existe, «de l’Europe centrale à l’Altaï, des vestiges d’une facture différente, dits du 'paléolithique supérieur initial', autour de 45 000 ans».

     

    Ainsi, l'Homme d'Ust’-Ishim serait un acteur de cette culture-là, qui «résulterait d’une première colonisation d’Homo sapiens depuis l’Afrique, la péninsule arabique et l’actuelle Israel 'qui n’a pas complètement réussi', avant qu’une deuxième vague n’aboutisse à une percée définitive jusqu’en Europe occidentale, vers 43500 ans (mais aussi vers l’Asie et l’Océanie)».

     

     


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