• Anthropologie: une vaste analyse génomique menée en Afrique centrale remet en cause l'impact de l'agriculture dans l'histoire néolithique africaine!____¤201402

     

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Communications, remet en cause l'impact de l'agriculture dans l'histoire néolithique africaine, grâce à une vaste analyse génomique menée en Afrique centrale sur des populations de chasseurs-cueilleurs pygmées et de villageois agriculteurs: en effet, l'agriculture ne serait pas la cause directe ni du succès démographique des populations l'ayant adoptée, ni du fort brassage de ces dernières avec les populations pygmées.

     

    Comme «l’émergence de l’agriculture a constitué pour l’espèce humaine une révolution technologique, culturelle et environnementale sans précédent», on croyait jusqu’à récemment «que l’abondance des ressources qu’elle a générée, associée à la domestication et à la sédentarisation, avait constitué le point de départ sur chaque continent des plus grandes explosions démographiques que notre espèce ait connues».

     

    L'étude, ici présentée, vient «corroborer et compléter» de récents travaux, qui ont «déjà quelque peu mis à mal cette théorie pour le continent africain». Son argumentation repose «sur l’analyse poussée du génome entier de plus de 300 individus d’Afrique centrale, issus des populations pygmées, le plus grand groupe de chasseurs-cueilleurs persistant aujourd’hui, et des populations sédentaires d’agriculteurs».

     

    Alors qu'on «peut dater le développement de l’agriculture en Afrique subsaharienne à il y a environ 5 000 ans», cette analyse génomique «établit que la principale explosion démographique qu’ont connue les ancêtres des agriculteurs est bien antérieure à cette période».

     

    Même s'il ne faut pas exclure «que les premières communautés de fermiers soient également entrées en expansion il y a 5 000 ans», il semble «qu’en réalité les ancêtres des actuels agriculteurs, alors chasseurs-cueilleurs, auraient connu il y a 10 000 ans à 7 000 ans un succès démographique tel qu’il leur aurait été nécessaire d’adopter un nouveau mode de vie, de s’établir et d’avoir recours à l’agriculture pour subvenir à leur besoins», tandis qu'inversement, «les populations de chasseurs-cueilleurs pygmées auraient elles subi entre - 30 000 et - 10 000 ans un goulot d’étranglement démographique», de sorte que, «bien avant l’agriculture, ces deux populations auraient évolué très différemment, indépendamment de toute activité agricole».

     

    De plus, cette enquête fait apparaître que «les brassages génétiques entre les pygmées et les peuples fermiers n’auraient commencé qu’il y a environ 1 000 ans».

     

     

    Comme, «grâce à l’étude de leurs traditions orales et de leurs langues, ainsi qu’à la diversité génétique de certains agents pathogènes qu’ils partagent», on savait «que ces populations cohabitent et entretiennent des contacts depuis déjà 5 000 ans», ce mélange tardif, qui sort du «schéma démographique classique» à cause «de la structure socioéconomique particulière de ces populations», a été par la suite particulièrement intense: ainsi, actuellement, «les génomes des populations pygmées montrent jusqu’à 50% de mélange avec les populations d’agriculteurs», ce brassage ne s’étant opéré «que de manière unilatérale», car, en fait, «les hommes agriculteurs se sont associés aux femmes pygmées, mais rarement l’inverse».

     

     


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