• Archéologie: 16 perles en verre datées entre le 7e et le 13e siècle retrouvées en Afrique prouvent que le commerce international s’articulait avec un commerce régional et local!____¤202012

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Compositional and provenance study of glass beads from archaeological sites in Mali and Senegal at the time of the first Sahelian states» ont été publiés dans la revue PLOS ONE, a permis d'analyser 16 perles en verre archéologiques découvertes sur trois sites ruraux du Mali et du Sénégal datés entre le 7e et le 13e siècle de notre ère. Il apparaît que le verre qui les compose provient probablement d’Égypte, de la côte levantine et du Moyen-Orient, ce qui indique que le commerce international reliant le continent africain à l’Europe et à l’Asie pendant le développement des grandes formations étatiques ouest-africaines ne s’arrêtait pas aux grands centres urbains situés le long du fleuve Niger, mais s’articulait également avec un commerce régional et local.

     

    Relevons tout d'abord que «l'origine des perles de verre remonte à des temps très anciens». Ainsi, en Afrique subsaharienne de l’ouest, des perles de verre «ont notamment été retrouvées sur des sites archéologiques urbains de l’époque médiévale, situés le long du fleuve Niger». Par ailleurs, «plusieurs textes arabes décrivent ces voies commerciales traversant le Sahara et reliant le continent africain à l’Europe et à l’Asie».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a cherché à comprendre la provenance de «16 perles en verre archéologiques découvertes sur trois sites ruraux du Mali et du Sénégal datés entre le 7e et le 13e siècle de notre ère» en vue d'en tirer «une image du commerce à cette époque où se développaient les premiers royaumes africains». Pour y parvenir, l'étude a analysé «leurs caractéristiques morphologiques et techniques, ainsi que de leur composition chimique».

     

    Notons ici que «trois composants principaux sont nécessaires pour la production du verre», la silice étant «l'ingrédient primaire qui permet la formation du verre». Cette silice «est obtenue à partir de minerais quartzeux ou de sable». Le sable «doit être fondu, mais, ayant une température de fusion trop élevée, du 'fondant' d’origine minérale ou végétale est ajouté pour aider le processus». En dernier lieu, «de la chaux issue de roches calcaires ou de coquillages sert de stabilisant pour la structure du verre». Grâce à l'analyse de la composition chimique du verre, il est possible d'arriver à comprendre l’origine des matières premières utilisées pour sa fabrication et, dans certains cas, sa période de production».

     

    Néanmoins, il faut aussi «savoir que la production des perles en verre passe par plusieurs étapes, généralement localisées en différents endroits». Concrètement, «la première étape consiste à collecter les matières premières, qui sont ensuite transportées dans un centre de production primaire où le verre brut est fabriqué». Puis, il est «acheminé vers des centres secondaires pour la fabrication d’objets en verre, distribués ensuite sur les divers sites grâce au commerce». Des informations précises sur l’origine des perles sont donc obtenues en croisant «les résultats de l’analyse chimique des perles avec les sources historiques et les données des fouilles archéologiques».

     

    Ainsi, «en utilisant la spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif couplée à l’ablation laser (LA-ICP-MS)», la composition chimique des perles a été analysée sans les endommager, «grâce à l’échantillonnage par laser qui permet le prélèvement de très petites quantités de matière». Les provenances probables de ces perles trouvées sont «l’Égypte, la côte levantine et le Moyen-Orient».

     

    Il en résulte que «les agropasteurs subsahariens dont les archéologues ont retrouvé les traces d’habitation et de sépultures dans les fouilles» étaient bien «intégrés dans des réseaux de commerce très larges, révélés par la présence d’objet de provenance lointaine». Si ces lieux «étaient dans une position périphérique par rapport aux centres de pouvoir régionaux», au moins l’un d’entre eux, au Sénégal oriental, «était proche de mines d’or, une ressource qui a grandement contribué à la richesse de ces derniers». D'autre part, on peut souligner «qu’aucune des perles analysées ne présente les caractéristiques typiques du seul centre de production primaire africain actif à cette époque, situé au Nigéria, et ceci malgré le fait qu’il existait un commerce intérieur est-ouest».

     

    Au bout du compte, cette «étude renforce l’idée qu’à cette époque, des biens de prestige circulaient à travers des voies commerciales reliant l’Afrique subsaharienne au reste du monde»: en fait, alors que «la pensée populaire occidentale imagine une Afrique déconnectée au-delà du Sahara», elle apparaît en réalité, grâce à ce travail, «totalement intégrée à un grand réseau commercial international qui reliait l’Afrique, l’Europe et l’Asie».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :