• Archéologie: des analyses géochimiques des sédiments de l’ancien port de Naples révèlent divers éléments de l'histoire de cette ville!____¤201605

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «A lead isotope perspective on urban development in ancient Naples» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis de reconstituer, grâce à des analyses géochimiques des sédiments de l’ancien port de Naples, certains pans de l’histoire de cette ville, près de deux mille ans après l’éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi et Herculanum.  

     

    Ces analyses ont été réalisées dans le cadre de fouilles archéologiques «menées dans le port antique de Naples», à l’occasion «de la construction d’une nouvelle ligne de métro», les excavations permettant «d’étudier les couches de sédiments qui se sont déposés dans l’ancien port au cours des siècles, sur six mètres d’épaisseur».

     

    Il est ainsi apparu «que l’eau du port a été contaminée durant les six premiers siècles de notre ère par du plomb provenant du système d’adduction d’eau de Naples et des cités voisines»: en effet, ce métal, «principal composant des canalisations», s'est répandu, en se dissolvant au contact de l’eau, «dans les différentes fontaines et points d’apport des cités, pour finalement se déverser dans le port».

     

    Les mesures de proportion des différents isotopes du plomb contenu dans les dépôts «ont principalement révélé deux compositions isotopiques du plomb bien distinctes, avant et après l’éruption du Vésuve en 79». Elles confirment «que le vaste système d’alimentation en eau de la baie de Naples a été détruit lors de l’éruption volcanique» et elles indiquent «que les réparations ont été effectuées avec un plomb extrait d’un ou plusieurs districts miniers différents».

     

    Ces données, qui suggèrent «que les Romains ont réparé l’aqueduc et les canalisations en un temps relativement court», ont abouti à une reconstitution des «différentes phases du développement urbain de Naples». Plus précisément, du 1er au 5e siècle après J.-C., le plomb «de plus en plus présent dans les sédiments», fait «envisager une expansion du réseau hydraulique ou une intensification de ce réseau dans des secteurs déjà équipés», alors que, dès le début du 5e siècle, les sédiments moins contaminés, signalent «que le réseau d’adduction d’eau subit de nouvelles destructions liées aux invasions barbares (prise de l’aqueduc pour assécher la ville), aux nouvelles éruptions du Vésuve en 472 et 512, aux épidémies ou encore à l’effondrement économique et administratif de Naples».

     

     


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