• Archéologie: des gravures exhumées au rocher de l’Impératrice, un abri sous roche situé près de Plougastel-Daoulas (France), apportent un témoignage inédit sur la culture 'azilienne'!____¤20

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Divergence in the evolution of Paleolithic symbolic and technological systems: The shining bull and engraved tablets of Rocher de l'Impératrice» ont été publiés dans la revue PLOS ONE, décrit des gravures exhumées au rocher de l’Impératrice, un abri sous roche situé au pied d’une falaise dans des bois près de Plougastel-Daoulas (Finistère), qui apportent un témoignage inédit sur la culture des chasseurs-cueilleurs de la période dite 'azilienne'.

    Le site a été fouillé chaque été depuis 2013, discrètement, «par peur des pillages» car «certains chasseurs de vestiges n’hésitant pas à dérober des blocs de sol qu’ils tamisaient à même la forêt» (aujourd'hui, l'abri est «protégé par un grillage de 3 m de haut»).

     

    Il apparaît que les 45 fragments de schiste gravés il y a 14000 ans, que ce rocher de l’Impératrice a livré à ce jour, constituent «les plus anciens témoignages graphiques jamais découverts en Bretagne». Ils ont été travaillés à une époque où, comme «l'ère glaciaire va prendre fin dans quelques millénaires», le niveau de la mer est «bien plus bas qu’aujourd’hui (90 m). De ce fait, «le 'relais de chasse' du rocher de l’Impératrice est alors à 50 km de la côte, surplombant une vallée très encaissée».

     

    Les deux principales pièces gravées «jettent une lumière nouvelle sur cette période de la préhistoire de la fin du paléolithique, avant que les chasseurs-cueilleurs ne cèdent la place aux éleveurs agriculteurs du néolithique». Ces deux plaquettes sont ornées sur les deux faces: «un cheval entier se trouve sur les deux côtés de la plaquette 741, de 30 cm de côté environ», tandis que le fragment 317, est considéré comme la pièce maîtresse «avec ses deux têtes d’aurochs, dont l’une est entourée de rayons, comme s’ils irradiaient du ruminant», car «aucun équivalent d’“animal brillant” n’a pu être trouvé dans l’iconographie du paléolithique européen».

     

    Il a été déterminé que «les rayons ont été gravés après la tête de l’animal» et que «celui qui a effectué le dessin est repassé sur les cornes pour que l’auroch apparaisse bien au premier plan». De plus, «l'ensemble du dessin a été rehaussé par l’utilisation d’un pigment charbonneux». Comme «d'autres fragments gravés, encore incomplets, portent des rayons similaires», le 'taureau rayonnant' «pourrait ne pas être le seul».

     

    Alors qu'on estimait jusqu'ici que la transition culturelle de l’azilien «marquait une rupture franche avec les périodes précédentes du magdalénien (site d’Altamira, – 15000 ans) et à plus forte raison de l’aurignacien (Chauvet, – 35000 ans) et leurs dessins naturalistes d’une grande précision», ces découvertes incitent à réexaminer cette transition culturelle.

     

    Plus précisément, alors que «l'azilien était plutôt caractérisé par un style non figuratif, exprimé par des formes géométriques portées notamment sur des galets», le site du rocher de l’Impératrice «suggère une plus grande continuité avec les cultures précédentes», malgré le fait que «les rayons pourraient constituer une première incursion vers l’art plus schématique qui suivra».

     

    En fin de compte, «les chasseurs du rocher de l’Impératrice, qui évoluaient dans un environnement de steppe, avaient clairement adopté de nouvelles techniques de taille des outils de pierre, typiques de l’azilien» sans avoir «encore rompu avec l’iconographie qui avait cours depuis des millénaires, et qui nécessitait un savoir-faire bien plus élaboré que les productions graphiques aziliennes, qui allaient ensuite voir le jour».

     

     


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