• Archéologie: des traces de découpe sur des os fossiles de la fin du Pliocène indiquent que l'Asie du Sud, comme l'Afrique, a pu être le siège d’une hominisation!____¤201602

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Anthropic activities in the fossiliferous Quranwala Zone, 2.6Ma, Siwaliks of Northwest India, historical context of the discovery and scientific investigations» ont été publiés dans la revue Comptes Rendus Palevol, conduit à conclure que l'Asie du Sud a pu être le siège d’une hominisation, au même titre que l'Afrique, en s'appuyant sur des traces de découpe sur quelques os fossiles datés de la fin du Pliocène et retrouvés dans les Siwaliks du Nord-Ouest de l’Inde.

     

    Plus précisément, depuis plusieurs années, les auteurs de cette étude travaillent sur la Zone Quranwala de Masol, le cœur de l’anticlinal de Chandigarh, «connue pour sa faune du Pliocène tardif riche en Hexaprotodon, Stegodon, Cholossochelys et Hipparion, avec présence d’Equus et Elephas: ainsi, «cinquante hectares ont été prospectés pendant huit campagnes de terrain (2008–2015) après la découverte de choppers et des traces sur quelques os fossiles de la zone Quranwala, tous collectés sur les récents affleurements du Pliocène final».

     

    L'intérêt de ce terrain de fouilles est qu'il «donne accès à des couches de limon et de grès très fossilifères, qui sont datées avec certitude à plus de 2,58millions d’années». Comme «les rivières donnent parfois lieu à de violentes inondations dues à la mousson, noyant ainsi des animaux que les charognards exploitent à la décrue», ces couches démontrent «que certains charognards étaient des humains ou des préhumains, qui ont laissé des outils en quartzite».

     

    A partir des fouilles du limon en trois endroits, qui ont permis de récolter «1500 os fossilisés, dont plusieurs striés par des outils», l'étude ici présentée décrit «le contexte historique et la démarche scientifique longue et rigoureuse qui aboutit à la reconnaissance de traces de découpe» sur quelques uns de ces os fossiles de la fin du Pliocène.

     

    L'hypothèse étaient que ces traces étaient «faites avec des tranchants en quartzite par une intelligence qui connaissait l’anatomie des carcasses de bovidés», ce qui prouverait «une activité anthropique il y a 2,6 Ma dans la plaine d’inondation sous-himalayenne» et laisserait espérer la découverte «de probables fossiles humains dans la zone Qurawala».

     

    Pour appuyer cette hypothèse, les stries ont d'abord été analysées et caractérisées précisément «à l’aide du microscope numérique 3D et du microscanner» du Muséum national d’histoire naturelle et, ensuite, «à l’aide d’outils en quartzite similaires à ceux de Masol», de la viande «attachée aux mêmes os que ceux trouvés striés sur le site paléontologique» a été découpée.

     

    C'est la similarité des marques («fines, rectilignes avec des barbelures, ordonnées selon les zones d’insertion de tendons qu’il faut arracher pour atteindre l’os et le briser afin d’en consommer la moelle, riche en protéines et lipides») qui conduit à révéler une activité anthropique

     

    Comme les auteurs soulignent que cette «découverte n’est pas isolée en Asie» puisque «dans la grotte de Longguppo, en Chine du Sud, des traces de boucherie et de l’industrie lithique, ainsi qu’un fragment de mandibule d’apparence humaine, ont été datés à 2,48 millions d’années», ces observations suggèrent que, au même titre que l'Afrique, «l’Asie du Sud a aussi pu être le siège d’une hominisation, voire de l’hominisation»...

     

     


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