• Archéologie: l'alimentation des anciens Égyptiens a été retrouvée grâce à l’analyse isotopique des tissus mous et minéralisés de momies!____¤201404

     

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Journal of Archaeological Science, a permis de retrouver l'alimentation des anciens Égyptiens (entre 5500 et 1500 ans avant aujourd’hui), grâce à l’analyse isotopique des tissus mous et minéralisés de momies humaines et animales.

     

    Bien que «l’étude des restes archéologiques d’aliments (pollens, graines)» indique «quelles étaient les espèces végétales connues et consommées par les Égyptiens, elles ne permettent pas de savoir dans quelles proportions tel ou tel aliment était consommé».

     

     

    Pour leur part, «les représentations artistiques mettent l’accent sur les nourritures les plus grasses et les plus riches», mais «probablement trop onéreuses pour la majorité de la population».

     

    Dans ces conditions, il est intéressant de connaître «les rapports isotopiques du carbone (13C/12C) mesurés» pour les individus dans différents tissus: en effet, ils «permettent de calculer les proportions de certaines catégories d’aliments» pour chaque individu, et «d’avoir une idée de l’homogénéité ou non du régime dans une population ou bien d’une population à une autre».

     

    Dans cette étude, «l’échantillonnage a été réalisé sur des momies provenant des collections du Musée des Confluences de Lyon et du Musée Testut Latarjet d’anatomie et d’Histoire naturelle médicale de Lyon». Ces momies, qui «datent de 5500 ans (période Prédynastique) à 1500 ans (période gréco-romaine) avant nos jours», ont «été rapportées des régions d’Antinoé, de Thèbes et d’Éléphantine (vallée du Nil) par Ernest Chantre et Louis Lortet à la fin du XIXième siècle».

     

    Il est apparu que «les mesures isotopiques du d13C de l’os et de l’émail dentaire sont très comparables d’une époque à une autre (entre -14,5‰ à -13,5‰ pour l’os, entre -12 et -11‰ pour l’émail), indiquant que le rapport entre plantes fixant le carbone en C3 (orge, blés) ou en C4 (millet, sorgho) dans l’alimentation des Égyptiens est resté constant au cours du temps».

     

    De plus, «les plantes en C4 pourtant plus adaptées aux climats chauds ne représentent à toutes les périodes qu’une très faible part de l’alimentation (<10%)», la seule évolution notable concernant «les momies d’individus coptes ( d13C os=-15,5‰), de la fin de la période romaine, qui au sein des plantes en C3 semblent avoir privilégié des plantes particulièrement appauvries en 13C» (pour ce cas particulier, cela semble «indiquer une consommation importante d’huile végétale, en accord avec l’introduction de l’huile d’olive en Égypte pendant la période romaine»).

     

    L'estimation de la consommation de protéines animales, effectuée «grâce aux d13C (entre -20,4 et -19,2‰) mesurés dans les cheveux des momies», est «de l’ordre de 30%, similaire à celle des ovo-lacto-végétariens actuels (en Europe: -19,5‰ pour les végétariens contre -18,5‰ pour les omnivores, Macko et al., 1999)».

     

     

    Ces analyses concordent «avec les données de documents historiques décrivant le salaire en nature des ouvriers égyptiens, constitué principalement de céréales, de légumes et de légumineuses, et comprenant plus rarement de la viande ou du poisson».

     

    De plus, «les rapports isotopiques de l’azote ( d15N de 9 à 15‰) et du soufre d34S de 7 à 11‰) prouvent «que la consommation de poissons (tels que la perche du Nil) était rare».

     

     


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