• Archéologie: la mesure du dioxyde de carbone dans le Plutonium d'Hiérapolis (Turquie) apporte des éclaircissements sur les mystérieuses cérémonies dédiées au dieu des enfers!____¤201802

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Deadly CO2 gases in the Plutonium of Hierapolis (Denizli, Turkey)» ont été publiés dans la revue Archaeological and Anthropological Sciences, indique que des émanations toxiques de dioxyde de carbone ont été mesurées dans le Plutonium, le temple romain de Pluton, dieu des Enfers, à Hiérapolis, près de Pamukkale en Turquie.

     

    Jusqu'ici, on ne connaissait pas bien le procédé par lequel, dans l'Antiquité, les bêtes étaient sacrifiées à la «plus redoutée des divinités» lors de «rites mystérieux». D'après les témoignages, «il y a 2200 ans, les fidèles, installés sur des gradins de pierre» pouvaient voir «les animaux escortés par des prêtres» approcher de 'l'entrée des Enfers', «une petite porte de pierre», puis mourir «sans le moindre contact, tandis que les officiants ressortaient indemnes».

     

    Le géographe grec Strabon (65 avant J.-C.-25 après J.-C.) était convaincu, «à l'instar de Pline l'Ancien qui avait évoqué ce prodige», que «les prêtres eunuques du culte local de Cybèle (*) échappaient à la mort» parce qu'ils étaient castrés. En fait, les Romains «profitant d’un phénomène naturel rare», avaient tout simplement «dressé ces temples sur des failles géologiques dégageant du dioxyde de carbone CO2»: ainsi ce «dioxyde de carbone asphyxiait tous ceux qui inhalaient le gaz».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a été entreprise afin d'évaluer sur le site de Hiérapolis «le potentiel meurtrier de l’antique Plutonium mis au jour en 2011». Un analyseur de gaz portatif a permis de mesurer «la teneur des gaz s'échappant de la 'porte des enfers'», plus précisément, «dans le temple de Pluton et la petite grotte située au-dessous (où les concentrations de CO2 très élevées continuent de tuer oiseaux, insectes et petits mammifères)».

     

    Il a ainsi été établi «que les concentrations de gaz censées refléter le souffle hadéen (d’Hadès, nom grec de Pluton), évoluaient en fonction des heures de la journée» dans «cette région de Turquie à la sismicité très active»: alors que «la fissure profonde située sous le Plutonium émet en continu du dioxyde de carbone sous la forme d’un brouillard», dans la journée, «la chaleur de l’astre solaire dissipe les gaz», mais «la nuit, et à l’aube, le CO2 plus lourd que l’air forme une nappe flottant au-dessus du sol, d’une quarantaine de centimètres d'épaisseur».

     

    Selon l'étude, la densité de cette nappe nocturne «suffirait à tuer un être humain». Les mesures suggèrent donc que «les prêtres eunuques ont probablement fait leurs sacrifices le matin ou le soir, quand la concentration de gaz était la plus élevée». Il en résulte que c'est «grâce à leur haute taille, en se protégeant le nez, ou en interrompant momentanément leur respiration», qu'ils pouvaient se soustraire aux inhalations toxiques, «à l’inverse des animaux (parmi lesquels des bœufs), asphyxiés en quelques minutes», un pouvoir attribué dans l'Antiquité «aux puissances surnaturelles chtoniennes».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Cybèle

     

     


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