• Archéologie: la souris de nos maisons et de nos villes a partagé la vie des hommes, dès le début de la sédentarisation, il y a 15000 ans!____¤201703

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Origins of house mice in ecological niches created by settled hunter-gatherers in the Levant 15,000 y ago» ont été publiés dans la revue PNAS, montre que la souris n'a pas attendu l'agriculture «pour s'inviter à la table des hommes».

     

    Rappelons tout d'abord qu'il y a 15.000 ans, les chasseurs-cueilleurs collecteurs de la culture Natoufiennne, qui «vivaient de la consommation de céréales sauvages et de chasse», occupaient les collines de Cisjordanie. Cette époque, au cours de laquelle «les premiers villages de petites maisons circulaires» sont créés, correspond au début de sédentarisation qui «mènera plus de 5000 ans plus tard à l'agriculture».

     

    Comme on retrouve sur ces sites des dents de souris, l'étude ici présentée a cherché à déterminer exactement à quand remontait «l'arrivée de la souris dans l'environnement proche de l'homme». Pour cela, «les restes paléontologiques et archéologiques de souris stockés à l'université hébraïque de Jérusalem» ont été, dans une première étape, examinés.

     

    Plus précisément, «près de 400 fossiles de dents datant de 200 000 ans à 10 000 ans provenant de nombreuses campagnes de fouilles collectées pour mettre en évidence l'apparition de la souris commensale» ont été photographiés «pour analyser leur forme en morphométrie géométrique et distinguer les deux espèces jumelles de souris potentiellement présentes: Mus musculus domesticus, la souris de nos maisons et de nos villes et son pendant sauvage dans cette région, la souris à queue courte Mus macedonicus».

     

    Alors que «pendant des millénaires, les deux espèces ont vécu l'une à côté de l'autre», l'examen de «ces dents d'un millimètre» a fait apparaître «que la souris des villes a complètement exclu la souris des champs dans les premiers villages des hommes», une stratégie gagnante, puisque ce rongeur «est présent sous tous les climats et est l'un des mammifères les plus invasifs de la planète».

     

    En fait, en raison de la sécheresse, entre 15 000 et 13 000 ans, «la culture natoufienne a connu des périodes de retour partiel au nomadisme» de sorte que, les villages ayant perdu en densité, «la souris sauvage est revenue se mêler à sa cousine domestique tout en restant minoritaire»: ainsi, «la compétition entre la souris commensale et les espèces sauvages a fluctué selon que les humains se remettent à se déplacer ou reviennent à la sédentarité à d'autres époques». Comme, malgré cela , «Mus domesticus est toujours resté à proximité des hommes», il faut «bien faire remonter l'origine de ce commensalisme à cette période de sédentarisation».

     

    Pour vérifier ce scénario, des observations ont été faites chez des éleveurs semi-nomades Massaï du Kenya. Il a ainsi été détecté dans cet environnement «une compétition similaire entre deux espèces de rongeurs du genre Acomys», car «au plus près des habitats», 80% de «souris épineuses à queue longue» ont été prélevées «contre 20% seulement de l’espèce voisine à queue courte, soit des proportions identiques à celles relevées sur les sites natoufiens occupés épisodiquement».

     

    Cela prouve que «dès que les hommes se sont sédentarisés et ont maintenu une pression de longue durée sur un même environnement, ils ont modifié les équilibres des écosystèmes».

     

     

     


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