• Archéologie: le décès de Le Caravage (1571–1610), célèbre peintre italien, aurait été causé par une septicémie à staphylocoque doré!____¤201809

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Did Caravaggio die of Staphylococcus aureus sepsis?» ont été publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases et sont disponibles en pdf, conduit à conclure que le décès de Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571–1610) (*), célèbre peintre italien connu pour son traitement particulier de la lumière et des fonds sombres, aurait été causé par une septicémie à staphylocoque doré.

     

    Rappelons tout d'abord que «la carrière tumultueuse du Caravage, personnage au caractère ombrageux et violent, fut émaillée de poursuites judiciaires, de rixes et de querelles». Comme en 1606, ces violences amènent le peintre à tuer «un joueur du jeu de paume qu’il connaissait, Ranuccio Tomassoni da Terni» et à prendre la fuite, il sera condamné à mort par contumace et passera les quatre dernières années de sa vie à «chercher par tous les moyens à obtenir la réhabilitation et l’amnistie pour le crime qu’il a commis».

    Le Caravage «meurt le 18 juillet 1610, à l’âge de 39 ans, dans un lit d’hôpital à Porto Ercole, en Toscane, trois jours après avoir présenté une fièvre élevée et un délire, dans un tableau qui ressemble à ce que l’on appelle aujourd’hui un choc septique» et son cadavre «aurait été enterré dans un petit cimetière» près «de l’hôpital où il a succombé».

     

    
Les biographes s’accordent, jusqu'à présent, «à dire que Caravage mourut d’une 'fièvre maligne', expression utilisée à l’époque pour toute maladie mortelle dont le symptôme était une forte fièvre» et comme le peintre «avait traversé des marais et que la chaleur sévissait en ce mois de juillet, il fut longtemps retenu que Caravage était mort du paludismeinfection alors endémique dans cette région».

     

    Dans ce contexte, «une équipe de recherche multidisciplinaire a entrepris de retrouver dans ce vieux cimetière un squelette correspondant à celui d’un homme mesurant 1,65 m, d’un âge compris entre 35 et 40 ans». Parmi les neuf squelettes répondant à ces critères, «un seul remontait au 17e siècle selon les analyses de datation au carbone 14». De plus, «l’analyse des os de ce squelette devait révéler une forte teneur en plomb», un détail essentiel «dans la mesure où l’on sait que Le Caravage, pionnier du clair-obscur, est connu pour avoir utilisé des peintures au plomb».

     

    Pour confirmer que ce squelette était bien celui du Caravage, «une comparaison génétique de l’ADN contenu dans les restes osseux avec celui d’autres individus ayant pour nom patronymique Merisi or Merisio, considérés comme appartenant à la famille de l’illustre peintre», a été entreprise. Elle a porté «sur des séquences ADN répétées en tandem un grand nombre de fois, appelées microsatellites», car «ces marqueurs présents sur le chromosome Y (transmis par le père)» sont «reliés au patronyme, ce qui permet de retracer la lignée familiale».

     

    Au total, sur les 17 microsatellites du chromosome Y analysés, onze «ont été retrouvés chez les personnes dont l’ADN avait été analysé». Du fait que ces personnes ayant pour nom Merisi ou Merisio» possèdent en «très forte proportion», «la même signature génétique que celle du Caravage, par ailleurs très rare dans la population générale», l'étude en déduit «que le squelette retrouvé dans le cimetière de Porte Ercole est bien celui du Caravage».

     

    En vue «de déterminer une cause infectieuse à la mort du Caravage, les équipes de l’IHU Méditerranée Infection ont collecté des dents du squelette afin de procéder à des analyses sur la pulpe dentaire». Ici, il faut savoir que «du vivant d’un individu, la pulpe dentaire est riche en vaisseaux sanguins», qui «se dessèchent après la mort». Cependant, «si le sang contient des germes pathogènes, comme c’est le cas lorsqu’un patient meurt d’une septicémie, il est possible détecter des traces, même plusieurs siècles plus tard en utilisant plusieurs techniques de biologie moléculaire».

     

    Ainsi, dans le cadre de cette étude, il a été procédé «à une analyse par métagénomique, consistant en un séquençage massif et aléatoire de tous les gènes bactériens contenus dans l’échantillon de pulpe dentaire». Au bout du compte, les seules traces de micro-organisme pathogène obtenues «étaient celles d’un staphylocoque doré».

     

    En outre, deux autres méthodes ont été mises en œuvre pour confirmer ce résultat. D'une part, «la recherche ciblée du génome de cette bactérie par la technique PCR quantitative (polymerase chain reaction)», qui «amplifie le nombre des acides nucléiques», a permis «de détecter le génome du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus)». D'autre part, une méthode, la paléométaprotéomique, développée l’Institut Hospitalier Universitaire (IHU), a été utilisée.

     

    Cette dernière technique «contrairement à la métagénomique qui analyse des fragments de génomes dans un échantillon», permet «de détecter les protéines spécifiques à une bactérie». Comme les protéines sont «plus résistantes que les gènes au fil du temps», elle «semble plus sensible que la métagénomique». En tout cas, cette analyse par paléométaprotéomique «a permis de trouver la signature de protéines du staphylocoque doré».

     

    En conséquence, «Le Caravage serait mort d’une septicémie, diagnostic qui contredit de nombreuses théories infectieuses sur la cause de son décès, notamment celle du paludisme, de la brucellose, de la syphilis». 
Comme «son squelette présente une lésion d’ostéomyélite (infection osseuse causée par un micro-organisme)» et que «le germe le plus souvent responsable de cette pathologie est le staphylocoque doré», tout semble «indiquer que l’illustre peintre italien aurait succombé à une septicémie, conséquence d’une infection osseuse contractée lors d’une blessure occasionnée par une bagarre».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Le Caravage

     

     

     


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