• Archéologie: une campagne lidar, menée sur douze secteurs du Guatemala, a permis de découvrir une multitude de structures relative à la civilisation maya!____¤201809

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Ancient lowland Maya complexity as revealed by airborne laser scanning of northern Guatemala» ont été publiés dans la revue Science, a permis, grâce à des relevés effectuées lors d'une campagne lidar menée sur douze secteurs du Guatemala, de découvrir une multitude de structures relative à la civilisation maya qui, jusqu’à présent, étaient demeurées invisibles.

     

    Rappelons tout d'abord que la civilisation maya «a fleuri entre 1000 avant J.-C. et 1500». Aujourd'hui, ses vestiges sont enfouis dans la jungle tropicale correspondant à un «territoire de 95000 km2 à cheval sur le Mexique, le Guatemala et Bélize».

     

    Dans ce contexte, «un lidar, sorte de radar embarqué dans un aéronef, qui remplace les ondes radio par des impulsions laser», constitue un instrument précieux pour effacer la végétation envahissante et faire apparaître «tous les détails topographiques sous-jacents, naturels ou artificiels». Dans, cette étude, le lidar en question «est passé au-dessus de 2144 kilomètres carrés de forêt, a lancé 33,5 milliards de coups de sonde au laser et enregistré le total éberluant de 61480 structures humaines anciennes».

     

    L'étude estime que «150000 à 240000 personnes vivaient jadis dans ces douze secteurs», ce qui donne une densité «comprise entre 80 et 120 habitants au kilomètre carré» («à titre de comparaison, le chiffre actuel pour la France métropolitaine est de 118 hab/km2»).

     

    L'extrapolation de cette fouchette à l’ensemble des Basses Terres «donne une population comprise entre 7 et 11 millions de Mayas à la fin de l’époque classique (entre 600 et 900 de notre ère)». Cependant comme «il n’y a pas assez d’informations venant du terrain pour confirmer ce résultat», il doit seulement «être considéré comme une estimation».

     

    Par ailleurs, alors que le «schéma classique mettait en scène des centres urbains densément peuplés et des zones rurales qui l’étaient nettement moins, où se pratiquait une agriculture extensive», cette étude remet en cause cette hypothèse, car elle montre qu'il «y avait des habitants partout, que ces zones rurales étaient elles-mêmes aussi densément peuplées que les centres», de sorte qu'il n’y avait «pas de place pour ces grandes cultures».

     

    Concrètement, le lidar fait apparaître «des aménagements en terrasses sur des terrains légèrement pentus ainsi que de nombreux canaux en zones inondables qui servaient au drainage et à l’irrigation» et donc, «si c’est aujourd’hui invisible à l’œil nu», à l’époque maya, le paysage a «été profondément remanié pour pratiquer une agriculture intensive à productivité élevée». Comme cette «étude confirme «une gestion savante et durable du milieu» et que tout indique «qu’il n’y a pas surexploitation», il faut chercher ailleurs «les causes de l’effondrement des Mayas».

     

    En outre, les données lidar révèlent «des faits récents, voire très actuels, l’histoire du pillage moderne», puisque «de nombreuses tranchées creusées dans les structures apparaissent sur les images»: en réalité, «les pilleurs connaissent très bien les sites» et «on éventre chaque édifice pour chercher une tombe, des dépôts d’objets».

     

     


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