• Astrobiologie: des taches sombres dans les basses couches de l'atmosphère de Vénus pourraient indiquer la présence de colonies de bactéries dans les nuages de cette planète!____¤201804

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Venus' Spectral Signatures and the Potential for Life in the Clouds» sont publiés dans la revue Astrobiology, laisse penser que des taches sombres épisodiques dans les basses couches de l'atmosphère de Vénus pourraient indiquer que des colonies de bactéries fleurissent dans les nuages de cette planète.

     

    Sœur «jumelle de la Terre», Vénus, «plus proche du Soleil et soumise à un puissant effet de serre», subit «une température moyenne au sol de 450 °C» avec une pression atmosphérique énorme («92 fois celle de la Terre»). Aujourd'hui, «il y pleut de l'acide sulfurique», mais «certains modèles suggèrent que Vénus avait autrefois un climat habitable avec de l'eau liquide sur sa surface pendant 2 milliards d'années», une durée beaucoup plus longue que celle estimée sur Mars.

     

    Si de la vie a éventuellement émergé durant cette période, «elle a disparu depuis longtemps avec les océans, et ses traces ont été recouvertes par des coulées de lave récentes à l'échelle géologique», mais dès 1967, Harold Morowitz et Carl Sagan ont émis l'hypothèse de l'éventualité d'une vie dans les nuages de Vénus.

     

    Cette idée a été soutenue, un peu plus tard, par «les sondes spatiales qui ont approché notre ardente voisine» et «montré qu'entre 40 et 60 kilomètres d'altitude, les températures (entre 0 et 60 °C) et les pressions (entre 0,4 et 2 atmosphères)» sont assez favorables à la vie. De plus, «les nuages sont riches en soufre et en dioxyde de carbone».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée renforce cette hypothèse en s'appuyant sur «les mystérieuses taches sombres observées depuis près d'un siècle déjà dans les basses couches de l'atmosphère de Vénus». Ces «quelques taches épisodiques riches en soufre, avec des contrastes allant jusqu'à 30-40 % dans l'ultraviolet, et une absorption des longueurs d'onde plus longues», qui «persistent pendant des jours, changeant constamment de forme et de contraste», paraissent «dépendre de l'échelle».

     

    Comme ces taches font penser à des rassemblements de bactéries terrestres «dont les propriétés d'absorption de la lumière sont comparables à ces particules sombres de nature inconnue» avec sensiblement «les mêmes dimensions», on peut imaginer qu'après la disparition des océans de Vénus, «des bactéries se soient réfugiées en altitude dans ce milieu plus hospitalier».

     

    Il faut y ajouter que «des bactéries vivantes ont bien été retrouvées dans l'atmosphère terrestre, jusqu'à 41 kilomètres au-dessus du sol» et que «des bactéries s'épanouissent aussi dans des environnements très acides comme les sources chaudes à Yellowstone ou tout aussi hostiles (pour nous) que les sources hydrothermales dans les profondeurs des océans».

     

    Surtout, nous savons que, sur Terre, «la vie peut prospérer dans des conditions très acides, se nourrir de dioxyde de carbone et produire de l'acide sulfurique» et qu'il y a «du dioxyde de carbone et de l'acide sulfurique avec des gouttelettes d'eau dans les nuages de Vénus».

     

    De ce fait, on peut pas exclure «que des colonies de bactéries fleurissent dans les nuages de Vénus». Cependant, comme personne ne possède véritablement «de preuves d'une vie sur Vénus pour l'instant», il faudra «dépêcher sur place une sonde dotée d'instruments qui permettraient de trancher la question».

     

     


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