• Astrophysique: depuis 10 millions d'années, la Terre a été bombardée par les rayons cosmiques de deux supernovae qui sont apparues dans la banlieue proche du Soleil!____¤201604

     

    Deux études, dont les résultats intitulés respectivement «Recent near-Earth supernovae probed by global deposition of interstellar radioactive 60Fe» et «The locations of recent supernovae near the Sun from modelling 60Fe transport» ont été publiés dans la revue Nature, ont permis d'établir, à partir de la détection de quantités relativement élevées de 60Fe dans des sédiments, que la Terre avait été bombardée par les rayons cosmiques produits par deux supernovae apparues il y a moins de 10 millions d'années.

     

    Ces travaux sont consécutifs à la découverte en 1999, d'une anomalie géochimique détectée «dans des carottes prélevées au fond de l’océan Pacifique», qui étaient «beaucoup trop riches» en 60Fe , un «des isotopes radioactifs du fer» qui «fait partie des noyaux synthétisés par des explosions de supernovae».

     

    Comme la demi-vie de 60Fe «est de seulement 2,6 millions d’années, de sorte que les noyaux de ce type qui se seraient trouvés incorporés à la Terre ou dans des météorites au moment de la formation du Système solaire (qui a été déclenchée par une supernova) ne sont plus décelables aujourd’hui», les quantités mesurées à l'époque «bien que très faibles, semblaient trop grandes pour ne pas provenir d’un événement récent». Les études ici présentées font le point sur le sujet, après 17 années de recherches menées en vue d'identifier le plus précisément possible l'origine de cet enrichissement relatif en 60Fe.

    Indiquons tout d'abord qu'
    il est exclu que cela soit «dû à un processus de concentration local ou à l’impact d’un gros astéroïde» et seul l'hypothèse de l’influence d’une supernova est crédible, car «des abondances 40 fois plus élevées que celles trouvées en moyenne dans les roches ont été mises en évidence aussi bien dans des échantillons (120) provenant du fond de l’Atlantique que du Pacifique et de l’océan Indien».

     

    A partir des mesures de concentrations, deux pics marqués d’apports de 60Fe ont été mis en évidence, «le premier, il y a de 1,5 à 3,2 millions d’années, et le second, de 6,5 à 8,7 millions d’années», ce qui implique que deux supernovae ont existé «dans la banlieue proche du Soleil au cours des derniers 10 millions d’années». Ce que l'on connait de cette banlieue laisse penser «qu’elles ont dû se produire dans l’association Scorpion-Centaure, une association de centaines de jeunes étoiles de type OB qui est la plus proche du Soleil». 

     

    On estime plus précisément que chacune des étoiles qui ont explosé «devait contenir environ 9 masses solaires». Elles se trouvaient «à des distances comprises entre 290 et 325 années-lumière» et vues de la Terre, devaient être «aussi lumineuses que la Pleine Lune». De plus, «il semble qu’elles aient également laissé leurs traces sous forme de 60Fe dans les échantillons lunaires rapportés par les missions Apollo». Cependant, Elles étaient «trop lointaines et trop peu puissantes pour que les divers rayonnements produits aient significativement affecté la biosphère, ce qui aurait été le cas s’il s’agissait de sursauts gamma».

     

    Remarquons enfin que du fait «que les rayons cosmiques peuvent influencer la formation de la couverture nuageuse et donc le bilan radiatif de l’atmosphère de la Terre», une augmentation du flux de rayonnement cosmique peut «refroidir le climat à défaut d’influer directement sur les cellules vivantes». On peut donc 'spéculer' sur l'apparition de la supernova la plus récente au «début du Pléistocène, particulièrement marqué par des glaciations».

     

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :