• Astrophysique: du fer 60 détecté dans des sédiments marins indiquerait que la Terre voyage depuis 33.000 ans à travers un nuage interstellaire issu de l'explosion d'une supernova!____¤202009

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «60Fe deposition during the late Pleistocene and the Holocene echoes past supernova activity» sont publiés dans la revue PNAS, indique, en se basant sur la détection dans des sédiments marins de fer 60 (un isotope radioactif du fer formé au cœur d'étoiles massives), que notre Terre voyage depuis 33.000 ans à travers un nuage interstellaire de poussière faiblement radioactif issu de l'explosion d'une supernova.

     

    Relevons tout d'abord que le nuage de gaz et de poussières en question ici, «dans lequel notre Système solaire se déplace depuis quelques milliers d'années», est «légèrement plus dense que le milieu interstellaire local (0,3 contre 0,05 atome par centimètre cube) et d'environ 30 années-lumière de large sur 40 années-lumière de long».

     

    Alors que «ses origines restent floues», l'étude ici présentée a «détecté (grâce à la sensibilité de la spectrométrie de masse par accélérateur), en deux endroits différents, de très faibles teneurs (quelques atomes seulement, en réalité) de cet isotope du fer dans des sédiments marins».

     

    Cet isotope «dont la demi-vie de 2,6 millions d'années est trop courte pour qu'il puisse provenir de l'époque de la formation de notre vieille Terre». Du fait que si le nuage en question dans cette étude est né de l'explosion d'une supernova, il devrait être enrichi en fer 60, notre Terre pourrait en avoir ainsi capté une part.

     

    En réalité, par le passé déjà, «des traces de fer 60 datant d'il y a environ 2,6 et peut-être même 6 millions d'années» avaient été trouvées, «suggérant que notre Terre a alors traversé d'autres nuages de rémanents de supernovae».

     

    De plus, «il y a quelques mois, des chercheurs avaient découvert des indices similaires à ceux révélés par cette étude: du fer radioactif dans la neige de l’Antarctique». Cependant, la nouvelle étude fait «remonter la présence de fer 60 dans les fonds marins jusqu'à 33.000 ans» en observant «une répartition étonnement uniforme dans l'espace et dans le temps».

     

    Néanmoins, «le fer 60 piégé dans des particules de poussières pourrait rebondir dans le milieu interstellaire» de sorte qu'il pourrait «provenir d'explosions de supernovae encore plus anciennes»: autrement dit, ce qui est mesuré «serait alors une sorte d'écho de ces explosions».

     

     


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