• Astrophysique: l'analyse de la météorite ALH84001 fournit la première démonstration solide de l'existence de molécules organiques azotées sur Mars il y a 4 milliards d'années!____¤202005

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «In-situ preservation of nitrogen-bearing organics in Noachian Martian carbonates» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a fourni, à partir de l'analyse de la météorite (ALH)84001 (*), la première démonstration solide de l'existence de molécules organiques azotées présentes sur Mars il y a 4 milliards d'années.

     

    Relevons tout d'abord qu'actuellement «nous disposons d'échantillons de roches martiennes, environ 200 météorites qui se répartissent pour l'essentiel entre trois grandes classes appelées du nom des villages à proximité desquels des Hommes ont assisté à leur chute»: concrètement il y a eu «la chute observée près du village français de Chassigny en 1815, celle de Shergotty en Inde (1865) et celle de Nakhla en Égypte (1911)».

     

    En fait, «la faible gravité de la planète aidant», c'est l'impact d'un petit corps céleste, qui «aurait à chaque fois été assez puissant pour éjecter dans l'espace des fragments de Mars portant ces roches», qui souvent sont des roches ignées «formées à partir du refroidissement d'un magma, par exemple sous forme de laves à la surface de Mars mais aussi dans son manteau». Ainsi, dans certains cas, on a «trouvé des bulles de gaz piégées dans ces fragments trouvés sur Terre dont la composition était proche de celle de l'atmosphère martienne connue depuis les missions Viking, ce qui a grandement aidé à préciser la provenance de ces météorites».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée revient sur une météorite «qui a fait beaucoup parler d'elle»: il s'agit d'Allan Hills (ALH)84001, «du nom de la région de l'Antarctique où elle a été découverte en 1984: en 1996, les chercheurs de la NASA croyaient «avoir repéré des fossiles de nanobactéries ne pouvant pas être d'origine terrestre, ou produits par des processus purement géochimiques sur Mars, reproduisant des structures biologiques sans en être vraiment», mais «ils avaient dû déchanter».

     

    Notons que Allan Hills 84001 qui «est une orthopyroxénite, c'est-à-dire une roche magmatique, presque exclusivement constituée de pyroxènes, qui a cristallisé à l'intérieur de Mars il y a semble-t-il environ 4,1 milliards d'années, donc pendant le Noachien», est «l'une des plus anciennes météorites martiennes connues à ce jour». Comme «elle contient des nodules de carbonates qui précipitent généralement dans des eaux souterraines», dès le départ, cela «plaide pour un environnement chaud et humide au début de l'histoire de Mars et donc favorable à la vie».

     

    Dans un premier temps, toute la question était de savoir si les molécules organiques qu'on trouve dans ces minéraux carbonatés se sont formées «il y a plus de 4 milliards d'années sur Mars» ou résultent «d'une contamination bien terrestre et récente». Des arguments plutôt convaincants ont «été donnés pour la première hypothèse il y a plus de 10 ans», mais cette étude est allé plus loin en préparant des échantillons de ALH84001, «de manière à être encore plus sûr qu'il n'y avait pas de contamination, notamment en détectant pour la première fois la présence d'azote dans les molécules organiques présentes» (Soulignons ici «que l'azote (N) est un composant essentiel des acides aminés et aussi de l'ADN et de l'ARN, les molécules de la vie»).

     

    Il est alors apparu que du fait que «les minéraux ignés à proximité des minéraux carbonatés» ne donnaient pas d'azote détectable, on pouvait en déduire que «les molécules organiques azotées ne se trouvaient que dans les nodules de carbonates, ce qui ne peut pas s'expliquer par une contamination».

     

    Comme il n'a pas aussi été «trouvé de nitrates comme ceux qui rendent le sol martien très oxydant et peu propice aux formes de vie en surface», cela laisse penser «qu'au Noachien ils n'existaient pas encore». C'est «une raison supplémentaire de croire à l'habitabilité de Mars il y a 4 milliards d'années environ».

     

    Néanmoins, on ne sait toujours pas «si ces molécules azotées sont le produit de processus abiotiques, par exemple provenant de comètes et de météorites, ou au contraire de forme de vie», chacune de ces hypothèses démontre «que la chimie martienne de l'époque était de toute façon favorable à la vie».

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) ALH 84001

     

     


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