• Astrophysique: la météorite Hypatie est si étrange qu'elle pourrait s'être formée à partir de matériaux antérieurs à ceux du disque protoplanétaire! ____¤201801

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Petrography of the carbonaceous, diamond-bearing stone “Hypatia” from southwest Egypt: A contribution to the debate on its origin» ont été publiés dans la revue Geochimica et Cosmochimica Acta, laisse penser que la météorite Hypatie est si étrange qu'elle pourrait s'être formée à partir de matériaux antérieurs à ceux du disque protoplanétaire.

     

    Rappelons tout d'abord que la météorite Hypatie, «trouvée dans le désert du sud-ouest de l'Égypte, en 1996» (elle porte le nom d'Hypatie d'Alexandrie (*), une mathématicienne, astronome et philosophe de l'Antiquité), a défrayé la chronique en 2013 «car son analyse par les cosmochimistes avait révélé plusieurs anomalies» qui «suggéraient fortement qu'il ne s'agissait pas d'une chondrite ordinaire issue d'un astéroïde, mais bien probablement d'un fragment du cœur rocheux d'une comète défunte, tombée sur Terre il y a environ 29 millions d'années».

     

    L'étude ici présentée a poursuivi ces investigations et révèle qu'Hypatie «est encore plus étrange et étonnante», a tel point que cette analyse «pourrait remettre en cause l'idée que l'on se fait de la formation du Système solaire, en particulier celle que l'on se fait de la naissance des planètes, il y a environ 4,56 milliards d'années».

     

    Plus précisément, Hypatie ne ressemble pas «aux autres chondrites carbonées bien connues, comme Allende et Murchison, ni même, tout simplement, à toutes les autres météorites», car «sa matrice, c'est-à-dire le matériau qui enrobe les chondres (les grains silicatés) dans une chondrite (comme le ferait la pâte dans un cake autour des fruits), a une composition atypique» puisque «à l'inverse de celles que l'on connaît, elle est riche en carbone et pauvre en silicates»: en particulier, elle contient «une importante quantité d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), une composante majeure de la poussière interstellaire».

     

    Surtout, «ce qui ne s'est jamais vu dans une météorite et qui est extrêmement rare dans des roches terrestres», Hypatie «contient des grains d'aluminium natif» et d'autres minéraux «sous des formes encore jamais vues ni attendues»: par exemple, «des grains de carbure de silicium d'un minéral appelé 'moissanite'» connu «mais sous une autre forme, depuis que le chimiste français Henri Moissan l'a mis en évidence en 1905 dans la météorite de Canyon Diablo (celle associée au fameux Meteor Crater, en Arizona, aux États-Unis)».

     

    Tout cela suggère qu'Hypatie «s'est formée à partir de matériaux antérieurs à ceux du disque protoplanétaire». Cette hypothèse est renforcée par «le fait que les abondances de nickel, de phosphore et de fer se trouvent dans des rapports jamais mesurés dans une météorite, ni même pour des roches terrestres».

     

    Ceci pose un problème, car il y a «de bonnes raisons de penser que le disque protoplanétaire a commencé sa formation en étant chimiquement homogène, en raison d'un brassage par la turbulence «qui explique les liens de parentés entre toutes les météorites». La composition d'Hypatie, qui «ne semble pas s'accorder avec cette hypothèse», pourrait donc remettre en cause «le modèle de la formation du Système solaire» en indiquant l'existence d'inhomogénéités.

     

    En fin de compte, pour l'instant, ce qui est sûr, c'est qu'Hypatie «s'est formée dans un environnement froid, probablement à des températures inférieures à celle de l'azote liquide sur Terre (-196 °C)».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Hypatie d'Alexandrie

     

     


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