• Astrophysique: le parcours du phosphore, depuis les régions de formation stellaire jusqu’aux comètes, a été retracé en combinant les données acquises par ALMA et ROSINA!____¤202001

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «ALMA and ROSINA detections of phosphorus-bearing molecules: the interstellar thread between star-forming regions and comets» ont été publiés dans la revue MNRAS et sont disponibles en pdf, a permis de retracer le parcours du phosphore depuis les régions de formation stellaire jusqu’aux comètes en combinant les données acquises par le réseau ALMA et la sonde Rosetta de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Elle révèle ainsi le site de production des molécules contenant du phosphore, leur transport cométaire ainsi que le rôle crucial joué par une molécule particulière dans l’apparition de la vie sur notre planète.

     

    Alors que la vie «est apparue sur Terre voici quelque 4 milliards d’années», les processus qui en sont à l’origine demeurent, encore aujourd’hui, méconnus». Ainsi, le phosphore, qui «est un élément essentiel à la vie telle que nous la connaissons» puisqu'il est «présent au sein de notre ADN et de nos membranes cellulaires», est arrivé sur la Terre primitive selon des modalités qui demeurent inconnues.

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée est parvenue à montrer, grâce au «Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l’Atacama (ALMA), dont l’Observatoire Européen Austral (ESO) est partenaire», et à «l’instrument ROSINA embarqué sur la sonde Rosetta», que «le monoxyde de phosphore constitue un élément essentiel du puzzle de l’origine de la vie».

     

    Concrètement, dans un premier temps, «la résolution d’ALMA a permis d’examiner en détail la région de formation stellaire baptisée AFGL 5142» (*) de sorte que les astronomes ont «pu localiser le site de production des molécules phosphorées tel le monoxyde de phosphore». Comme «de nouvelles étoiles et leurs cortèges planétaires se forment au sein de nuages de gaz et de poussière semblables aux nuages interstellaires», ils constituent des sites privilégiés pour rechercher des éléments constitutifs de la vie.

     

    Grâce aux observations d’ALMA, il est apparu «que la création de molécules phosphorées accompagne la formation d’étoiles massives». En effet, «les flux de gaz issus des jeunes étoiles massives créent des cavités au sein des nuages interstellaires» et «sous les effets combinés des chocs et du rayonnement en provenance de la jeune étoile, des molécules contenant du phosphore se forment sur les parois de ces cavités (en particulier le monoxyde de phosphore, la molécule phosphorée la plus abondante sur ces sites)».

     

    Dans un second temps, cette étude s’est focalisée sur «la désormais célèbre comète 67P/Churyumov–Gerasimenko» en vue de «suivre la trace de ces composés phosphorés», car «si les parois de la cavité s’effondrent pour donner lieu à une étoile (de faible masse telle le Soleil en l’occurrence), le monoxyde de phosphore est susceptible de geler et de se retrouver piégé au sein de grains de poussière glacés qui demeurent en périphérie de la nouvelle étoile» de sorte que «avant même que l’étoile ne soit complètement formée, ces grains de poussière s’agglutinent et se constituent en cailloux, en rochers, et finalement en comètes, qui deviennent des vecteurs de monoxyde de phosphore».

     

    Relevons ici que «l'instrument ROSINA (Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis) embarqué à bord de la sonde ROSETTA a collecté, deux années durant, des données concernant 67P», qui, «à l’époque de la mission», avaient «révélé la présence de phosphore». Cependant, les astronomes ignoraient alors «la molécule ayant contribué à son acheminement sur la comète».

     

    Aujourd'hui, la détection pour la première fois sur une comète de la trace de monoxyde de phosphore dans les données de ROSETTA «permet d’établir une relation entre les régions de formation stellaire, sites de production de la molécule, et la Terre». Il est ainsi fort probable que les comètes «ont acheminé de vastes quantités de composés organiques jusqu’à la Terre».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Simbad)

    (*) AFGL 5142

     

     


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