• Astrophysique: un modèle capable de prévoir l’énergie maximale qui peut être libérée lors d’une éruption solaire potentiellement dévastatrice pour la Terre, a été élaboré!____¤201802

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Magnetic cage and rope as the key for solar eruptions» ont été publiés dans la revue Nature, révèle qu'un seul et unique phénomène apparaît contrôler toutes les éruptions solaires, ce qui a permis d’élaborer un modèle «capable de prévoir l’énergie maximale qui peut être libérée lors d’une éruption solaire aux conséquences potentiellement dévastatrices pour la Terre» puisque plusieurs secteurs peuvent être impactés: distribution d’électricité, systèmes GPS et de communication, etc...

     

    Rappelons tout d'abord que dans la couronne solaire, la zone la plus externe du Soleil, se produisent épisodiquement des intenses libérations d’énergie (tempêtes solaires), sous la forme d’émissions de lumière et de particules (avec parfois l'éjection d'une bulle de plasma), provoquées «par une reconfiguration brutale et soudaine du champ magnétique solaire».

     

    Ainsi, en 2014, une étude avait montré «qu'une structure caractéristique, un enchevêtrement de lignes de force magnétiques torsadées comme une corde de chanvre, apparaissait progressivement dans les jours précédant une éruption solaire», mais jusqu'à présent cette corde magnétique n’avait été observée «que pour les éruptions qui expulsent des bulles de plasma».

     

    Aujourd'hui, les autres types d’éruptions sont analysés dans de nouveaux travaux présentées ici, qui plongent «plus profondément dans l’analyse de la couronne solaire, une zone si ténue et si chaude que le champ magnétique solaire y est difficile à mesurer».

     

    La méthode, qui a consisté à d’abord mesurer «le champ magnétique plus fort à la surface plus dense du Soleil, pour reconstruire ensuite, à partir de ces données, ce qui se déroule dans la couronne solaire», a été appliquée à «une éruption très importante qui s’est développée en quelques heures, le 24 octobre 2014».

     

    Il est ainsi apparu «que durant les heures qui ont précédé l’éruption, la corde qui se développait était enfermée dans une 'cage' magnétique multicouche». Grâce à des modèles d’évolution calculés sur des super-ordinateurs, il a alors pu être mis en évidence «que l’énergie de la corde s’est montrée insuffisante pour briser toutes les couches de la cage, rendant impossible une éjection de bulle magnétique». Cependant, la torsion élevée de la corde a pu tout de même déclencher «une instabilité et la destruction partielle de la cage», ce qui a conduit à «l’émission de rayonnements puissants ayant entraîné des perturbations terrestres».

     

    Au bout du compte, cette méthode de suivi d'une éruption «durant les dernières heures avant sa naissance» a permis de mettre au point «un modèle capable de prévoir l’énergie maximale qui peut être libérée par la zone du Soleil concernée»: en particulier, il prouve «que pour l’éruption de 2014, une énorme éjection de plasma se serait produite si la cage avait été moins résistante».

     

    Cette étude, qui pointe «le rôle crucial joué par le couple magnétique 'cage-corde' dans le contrôle des éruptions», constitue donc «un nouveau pas pour la prévision précoce des éruptions solaires dont les impacts sociétaux sont potentiellement importants».

     

     


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