• Astrophysique: une galaxie massive éjectant près de la moitié de son gaz nécessaire à la formation d'étoiles a été observée pour la première fois dans l'Univers lointain!____¤202101

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «A titanic interstellar medium ejection from a massive starburst galaxy at z=1.4» sont publiés dans la revue Nature Astronomy et disponibles en pdf, a permis, grâce au réseau ALMA, d'observer pour la première fois dans l'Univers lointain une galaxie massive à formation d'étoiles typique éjectant près de la moitié de son gaz nécessaire à la formation d'étoiles. Comme cette éjection se produit à un rythme effarant, qui équivaudrait à 10 000 fois la masse du soleil de gaz par an, cette galaxie, immatriculée ID2299, perd rapidement son combustible pour fabriquer de nouvelles étoiles.

     

    Relevons tout d'abord que la lumière de la galaxie ID2299 met «environ 9 milliards d'années à nous atteindre» de sorte qu'elle est vue lorsque «l'Univers n'avait que 4,5 milliards d'années». Il apparaît que l''éjection de gaz «soustrait à ID2299 un pourcentage impressionnant de 46% de l'ensemble de son gaz froid» alors que la galaxie forme «des étoiles très rapidement, des centaines de fois plus vite que notre Voie lactée», de sorte que le gaz restant sera rapidement consommé» aboutissant à «l'extinction de ID2299 dans quelques dizaines de millions d'années seulement».

     

    Cette découverte a été faite par hasard, lors d'une opération de «sondage de galaxies réalisé avec ALMA, destiné à étudier les propriétés du gaz froid dans plus de 100 galaxies lointaines» durant laquelle «ID2299 n'avait été observé par ALMA que pendant quelques minutes, mais la puissance de cet observatoire, situé dans le nord du Chili» a permis «de recueillir suffisamment de données pour détecter la galaxie et sa queue d'éjection».

     

    Selon l'étude ici présentée, «l'événement responsable de la perte spectaculaire de gaz est une collision entre deux galaxies, qui ont finalement fusionné pour former ID2299». Cette hypothèse est suggérée par «l'association du gaz éjecté avec une 'queue de marée'», les queues de marée étant «des traînées allongées d'étoiles et de gaz s'étendant dans l'espace interstellaire qui résultent de la fusion de deux galaxies».

     

    Alors qu'on savait «que les vents provoqués par la formation des étoiles et l'activité des trous noirs au centre des galaxies massives sont responsables» de rejets dans l'espace «des matériaux nécessaires à la formation des étoiles, mettant ainsi fin à la capacité des galaxies à créer de nouvelles étoiles», cette étude laisse penser que les fusions de galaxies peuvent aussi «être responsables de l'éjection dans l'espace du combustible nécessaire à la formation d'étoiles».

     

    De ce fait, «certaines des équipes qui ont précédemment identifié les vents des galaxies lointaines pourraient en fait avoir observé des queues de marée éjectant du gaz de celles-ci», ce qui pourrait conduire «à revoir notre compréhension de la façon dont les galaxies 'meurent'».

     

     


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