• Biologie: chez la Drosophile, jouvence, un petit ARN nucléolaire augmente la durée de vie et protège contre les effets délétères dus au vieillissement!____¤202003

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Jouvence a small nucleolar RNA required in the gut extends lifespan in Drosophila» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis d'identifier, chez la Drosophile, un nouveau petit ARN nucléolaire (snoRNA: small Nucleolar RNA), requis dans l’épithélium de l’intestin (entérocytes) et nommé 'jouvence', qui augmente la durée de vie et protège contre les effets délétères dus au vieillissement. Comme les snoRNAs sont très conservés au cours de l’évolution, il a été possible d'identifier son homologue chez l’humain, ce qui ouvre des pistes pour une meilleure compréhension des effets normaux ou pathologiques de l'avancée en âge.

     

    Plus précisément, cette étude a découvert que «la perte de fonction de jouvence réduit la durée de vie des mouches», alors que les mouches transgéniques , qui sur-expriment jouvence «ont une durée de vie augmentée» et sont «plus résistantes à divers stress (stress oxydatif, jeûne, choc thermique)». En fait, «au niveau moléculaire, jouvence modifie spécifiquement une base, l’uridine en pseurouridine, sur un site précis des ARN ribosomaux (ARNr)».

     

    D'autre part, «une analyse transcriptomique effectuée sur des intestins, a révélé que jouvence régule plus de 600 gènes»: en particulier, ninaD «un gène codant pour une protéine membranaire homologue aux protéines SR-BI qui, chez les mammifères, sont connues pour être impliquées dans le métabolisme du cholestérol». Il a été constaté que «chez les mutants de jouvence, la restauration d’un niveau normal de ninaD spécifiquement dans l’intestin restaure la longévité des mouches, ainsi que les niveaux de cholestérol».

     

    De plus, alors qu'au «niveau tissulaire, l’épithélium de l’intestin des mouches 'agées' présente une hyperplasie/dysplasie, rappelant certains cancers», chez les mutants de jouvence, «ces mouches présentent encore plus d’hyperplasie, alors que les mouches transgéniques sur-exprimant jouvence en présentent beaucoup moins, indiquant que jouvence protège contre l’hyperplasie intestinale».

     

    Au bout du compte, ce travail suggère «que la modification (pseudouridylation) d’une seule base sur un ARN ribosomal serait suffisante pour engendrer ces multiples effets observés à différents niveaux : moléculaires, cellulaires, tissulaires et sur l’organisme entier». Les snoRNAs étant «très conservés au cours de l’évolution, tant au niveau structural que fonctionnel», l’homologue de jouvence a pu être «identifié dans le génome humain (où il n’était pas annoté comme tel)». Comme il est apparu qu'il s’exprime aussi dans l’intestin, de «possibles perspectives pour de nombreuses pathologies liées à l'âge ou à des dysfonctionnements métaboliques».

     


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