• Biologie: deux gènes de drosophile, dont les produits sont capables de modifier les ARN, ont été mis en lumière!____¤202002

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «tRNA 2′-O-methylation by a duo of TRM7/FTSJ1 proteins modulates small RNA silencing in Drosophila» ont été publiés dans la revue Nucleic Acids Research, a permis de mettre en lumière deux gènes de drosophile dont les produits sont capables de modifier les ARN et de caractériser en détail les défauts moléculaires et physiologiques observés lors d’une perte de fonctions de ces gènes chez la drosophile.

     

    Relevons tout d'abord que la modification des ARN «permet de leur conférer de multiples fonctions (stabilité, dégradation, structure, fidélité de la traduction...). Compte tenu «des nombreuses modifications découvertes à ce jour (>130) et de leur grande conservation au cours de l’évolution, les possibilités d’action de ces modifications sur les ARN semblent aujourd’hui infinies». L'épitranscriptomique, «domaine de recherche en pleine expansion dédié à l’étude des modifications des ARN», a pour objet l'identification précise de ces modifications et des enzymes qui les catalysent «afin de comprendre leurs rôles respectifs au niveau physiologique».

     

    L'étude ici présentée montre «que, contrairement à la levure et à l’homme, la drosophile possède deux gènes dont les produits ont spécialisé leur activité pour méthyler les positions 32 et 34 de certains ARN de transfert (ARNt). Soulignons ici que «de façon extraordinaire, ces modifications à ces positions précises sont conservées dans ces trois organismes».

     

    En fait, si «la perte de cette modification chez la drosophile n’est pas létale», elle provoque tout de même «une moins bonne réponse contre les attaques virales, des défauts de régulation de l’expression de certains gènes passant par des mécanismes d’ARN interférence et, comme chez la levure, des défauts de croissance et de longévité».

     

    Ainsi, «grâce à cette particularité du système modèle drosophile, qui possède deux enzymes indépendantes, les chercheurs ont désormais la possibilité d'inactiver une seule de ces enzymes à la fois» afin «de mieux comprendre l’influence de ces modifications l’une par rapport à l’autre, ce qui est aujourd'hui impossible dans un tout autre système modèle que la drosophile».

     

    En outre, cette étude montre, pour la première fois, «qu’un défaut de méthylation des cibles de ces enzymes provoque leur fragmentation, donnant naissance à une nouvelle classe de petits ARN régulateurs, appelés les fragments d’ARNt (tRF)», une méthylation qui «semble également responsable de la stabilité relative de certains de ces fragments chez la drosophile, car «l’absence de cette modification à l’extrémité de ces petits fragments les fait disparaître».

     

    Alors que «ces tRF sont de plus en plus utilisés comme biomarqueurs dans certaines pathologies humaines, comme le cancer ou les maladies neurologiques car ils sont facilement détectables dans le sang, lorsqu’ils y sont présents suffisamment longtemps», il est essentiel de «mieux comprendre la genèse de ces nouveaux petits ARN que sont les tRFs, en particulier leur stabilité», car cela pourrait, dans le futur, «permettre la découverte de nouveaux biomarqueurs spécifiques dus à des mutations dans ces protéines modificatrices d’ARN».

     

    A ce propos, «le gène FTSJ1 humain, l’homologue des protéines étudiées ici chez la drosophile, dont des mutations chez l’homme sont associées à des cas de déficience intellectuelle» suscite quelques espoirs.

     

     


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