• Biologie: en analysant le développement précoce de l’embryon de poisson zèbre, une nouvelle façon pour les cellules de coopérer a été identifiée! ____¤202206

     

    Une étude, dont les résultats intitulés "Guidance by followers ensures long-range coordination of cell migration through α-catenin mechanoperception" ont été publiés dans la revue Developmental Cell, a permis, en analysant le développement précoce de l’embryon de poisson zèbre, d'identifier une nouvelle façon pour les cellules de coopérer. En effet, chaque cellule, pour avancer, s’ancre et tire sur la cellule située devant elle, qui perçoit cette traction et utilise cette information pour orienter son propre mouvement, de sorte que l’information de direction se propage "de cellules en cellules, coordonnant la migration d’un ensemble de cellules".

     

    Relevons tout d'abord que "les migrations cellulaires sont essentielles à de nombreux processus normaux (cicatrisation, régénération, développement embryonnaire) et pathologiques (formation de métastases notamment). Alors que, depuis une quinzaine d’années, "il est apparu que beaucoup de migrations cellulaires sont collectives, à savoir que chaque cellule a besoin de ses voisines pour se déplacer", les mécanismes responsables de ces migrations collectives restent peu connus.

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a fait appel à "l’embryon précoce de poisson-zèbre comme système modèle, car, étant largement transparent, "il permet de suivre précisément les migrations cellulaires, tout en offrant la possibilité de manipuler physiquement ou génétiquement les cellules ou leur environnement".

     

    En se focalisant sur une population cellulaire particulière, le mésendoderme axial, cette étude a identifié un mode de guidage original : pour migrer, une cellule émet vers l’avant une protrusion (extension de membrane) qui lui permet de progresser par traction. La tension exercée par cette protrusion sur la cellule située devant elle, "est perçue dans la cellule par un système moléculaire de détection des forces, et induit l’orientation de la cellule, qui va alors à son tour émettre une protrusion vers l’avant, et orienter la cellule devant elle", propageant l'information de direction.

     

    Ce mécanisme, qui permet à un groupe de cellules de s’orienter, sans nécessiter de signaux de guidage extérieurs, "pourrait être particulièrement pertinent pour des cellules cancéreuses capables d’envahir de nombreux tissus qui ne fournissent pas a priori de signaux de guidage". De plus, à l’échelle d’un groupe cellulaire, ce mécanisme assure la coordination du mouvement des cellules : "si les cellules situées à l’arrière ralentissent, l’information de direction se propage moins efficacement, les cellules à l’avant migrent alors de façon moins orientée, induisant un ralentissement de leur mouvement global".

     

    Au bout du compte, ce mode de guidage cellulaire est "une façon simple et robuste de coordonner les mouvements de différentes cellules et d’assurer ainsi l’intégrité des tissus lors de grands mouvements cellulaires, comme ceux ayant lieu au cours du développement embryonnaire".

     

     


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