• Biologie: l'analyse de l'épigénome des virus géants indique que les virus géants pourraient dégrader l’ADN des pathogènes présents dans la même cellule qu'eux!____¤202005

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «The DNA methylation landscape of giant viruses» sont publiés dans la revue Nature Communications, a permis, grâce à l'analyse de l'épigénome des virus géants, de montrer que leur ADN porte des marques épigénétiques, qui indiquent que les virus géants pourraient dégrader l’ADN des pathogènes présents dans la même cellule en les protégeant d'attaques potentielles.

     

    Relevons tout d'abord que les virus géants, «inconnus il y a encore une quinzaine d’années», sont «omniprésents dans l’environnement» avec «une taille qui peut être supérieure à certaines cellules eucaryotes, et des génomes parfois même plus grands que celui de nombre d’organismes cellulaires». Ces dernières années, les études ont «mis en lumière la diversité jusqu’alors insoupçonnée de ces virus iconoclastes» et il est apparu «qu’ils pourraient jouer un rôle métabolique majeur dans de nombreux écosystèmes».

     

    Comme, au-delà de la séquence d'ADN elle-même, dans le cadre de l'épigénétique, «le génome est parfois modifié de manière réversible sans recourir à des mutations», ce processus, qui joue «un rôle essentiel dans la régulation génique de nombreux organismes cellulaires» et qui n’avait jusqu’à présent jamais été analysé chez les virus géants, a été examiné par l'étude ici présentée qui a bénéficié «des dernières avancées technologiques des méthodes de séquençage»,

     

    Les données de cette analyse de «l’épigénome de virus géants appartenant à différentes familles» montrent «que la modification de l’ADN par la méthylation est extrêmement répandue, affectant plus de trois quarts des virus étudiés». Concrètement «les gènes spécifiant les enzymes, appelées méthyltransférases, responsables de ces modifications» ont été recherchés dans les génomes de ces virus.

     

    Au bout du compte, «l’histoire évolutive de ces gènes s’est révélée particulièrement complexe puisque après les avoir subtilisées aux bactéries, les virus géants ont transféré ces gènes à leur hôte eucaryote et les ont échangées entre eux», de sorte qu'une fois installées dans le génome viral, «les methyltransférases sont généralement conservées et induisent probablement un avantage sélectif au virus qui les possède».

     

    Cette étude fait apparaître «que chez certains virus ces enzymes sont couplées à des endonucléases capables de découper l’ADN en morceaux». Comme la co-infection d’une même cellule par plusieurs pathogènes est courante dans la nature, «ce système permettrait au virus d’attaquer un concurrent présent dans la même cellule et de profiter seul de la machinerie cellulaire pour se répliquer». Du fait que les méthyltransférases «permettent de protéger l’ADN contre ces coupures». les virus géants «seraient immunisés contre ces attaques».

     


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