• Biologie: l'analyse du cérumen d’une baleine bleue adulte permet d'évaluer son exposition aux contaminants depuis sa naissance!____¤201309

     

    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue PNAS, révèle, grâce à l'analyse du cérumen d’une baleine bleue adulte, son exposition aux contaminants depuis sa naissance. Alors qu'habituellement, on se sert des matières fécales ou des graisses des baleines pour connaître les polluants auxquels elles sont confrontées, la nouvelle méthode, se fondant sur l’analyse des «bouchons d’oreille» de baleines, semble plus performante et riche d’enseignements.

     

    Chez la baleine, les bouchons d’oreille, constitués de lipides, de cire et de kératine, qui «s’accumulent à raison de deux couches par an», sont déjà utilisés pour évaluer l’âge des cétacés. Le bouchon d’oreille de l'étude en question (de 25,4 cm) a été «extrait d’une baleine bleue mâle, morte suite à une collision avec un navire au large de la Californie». L’analyse de chacune des 24 couches distinctes, indiquant que la baleine était âgée de douze ans, a permis de découvrir l'histoire chimique et hormonale du cétacé.

     

    En ce qui concerne le dosage de la testostérone, un pic dans la couche de dix ans a été détecté, qui correspond bien à l’âge de la maturité sexuelle: ce pic, «suivi d’une augmentation rapide du taux de cortisol, l’hormone du stress, dont le niveau a doublé», indique «que la baleine devenue adulte a pu être en concurrence avec d’autres mâles en quête d’une partenaire».

     

    La cire d’oreille a également préservé les polluants organiques rencontrés durant la vie de cette baleine: ainsi, «dès son plus jeune âge (entre 0 et un an), les analyses retrouvent des traces de pesticides et de retardateurs de flammes, dont certains ont été interdits il y a plus d’une décennie» (ces contaminants ont, semblent-il, «été stockés dans la graisse de la mère et transmis au baleineau durant l’allaitement»). Par contre, les profils du mercure correspondent à un transfert maternel réduit mais deux pics de contamination à cinq et dix ans.

     

    Il apparaît donc, que cette méthode est susceptible de «servir d’étalon pour évaluer l’exposition aux polluants des cétacés», compte tenu du fait «que de nombreux bouchons d’oreille sont exposés dans les musées de par le monde» (certains datant des années 50).

     

     


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