• Botanique: il a été observé comment évoluent les communautés bactériennes sur les algues brunes laminaires en dégradation sur le fond de l'océan!____¤202102

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Accumulation of detached kelp biomass in a subtidal temperate coastal ecosystem induces succession of epiphytic and sediment bacterial communities» ont été publiés dans la revue Environmental Microbiology, a permis de révéler comment évoluent les communautés bactériennes sur les algues brunes laminaires en dégradation sur le fond de l'océan. Comme ces algues captent le carbone par photosynthèse, il s'agit là d'une étape clé dans le devenir du carbone.

     

    Relevons tout d'abord que les algues brunes laminaires, qui «forment d’impressionnantes forêts sous-marines» («emblématiques des côtes bretonnes, elles sont retrouvées dans les zones côtières tempérées et arctiques de la planète»), font «partie des écosystèmes les plus productifs de la planète, mais aussi parmi les plus menacés par le changement climatique».

     

    Comme «régulièrement, des fragments de laminaires sont détachés par les tempêtes saisonnières ou au cours du cycle de vie naturel des algues», cealgues détachées «s’accumulent en grande abondance au fond de l’eau», selon les courants et la topographie du terrain, offrant de la sorte «un habitat et une source nutritive temporaires pour d’autres organismes» parmi lesquels «les bactéries jouent un rôle clé dans le devenir du carbone assimilé par ces algues».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée menée dans le cadre des projets ANR IDEALG et ALGAVOR, a réalisée une expérience sur «les bactéries vivant à la surface des algues en dégradation (le "microbiote")». Concrètement, l’accumulation naturelle de laminaires détachées a été mimée «en enfermant des morceaux d’algues dans des cages immergées au fond à 10 mètres de profondeur en Baie de Morlaix», ces cages ayant «été échantillonnées à intervalles réguliers pendant 6 mois afin de suivre le devenir des algues».

     

    Il est ainsi apparu au terme de l’expérience, que «85% de la biomasse des algues a disparu, montrant l’efficacité des processus de dégradation et l’impact sur la faune environnante» et que , d'après l'analyse du microbiote, «deux types de communautés bactériennes associées à la dégradation des laminaires se sont succédées».

     

    Plus précisément, «lors des 6 premières semaines, les algues détachées ont été principalement colonisées par des bactéries connues comme spécialistes de l’utilisation de polysaccharides complexes, des composés très abondants dans les tissus d’algues» tandis que «après 11 semaines, d’autres bactéries se sont installées» qui «pourraient être des bactéries opportunistes, profitant des composés plus simples libérés lors de la dégradation algale par les premières bactéries spécialistes». En outre, cette accumulation de laminaires a «montré un impact sur les communautés bactériennes du sédiment sous-jacent, favorisant notamment la croissance de bactéries anaérobies (vivant sans oxygène)».

     

    Au bout du compte, alors que «le microbiote des algues vivantes commence à être bien caractérisé», et que, jusqu’ici, peu d’informations étaient disponibles sur son évolution sur dealgues détachées, cette étude souligne «le rôle majeur des micro-organismes pour la dégradation des algues en milieu côtier, une étape clé pour l’entrée des composés algaux dans la chaîne alimentaire des écosystèmes marins, mais aussi dans le devenir du carbone capté par les algues et ses voies de stockage possibles».

     

     


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