• Botanique: le fait que l’assimilation du CO2 par les plantes a cru d’environ 30% au cours du XXème siècle, révèle un aspect méconnu de l’action de l’être humain sur la nature! ____¤2017

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Large historical growth in global terrestrial gross primary production» ont été publiés dans la revue Nature, a permis (en s’appuyant sur des simulations informatiques et des mesures dans les glaces de l’Antarctique de l’évolution atmosphérique d’un composé soufré analogue au dioxyde de carbone) de mettre en évidence un aspect méconnu de l’action à grande échelle de l’être humain sur la nature puisqu'il est apparu que l’assimilation du CO2 par les plantes a cru d’environ 30% au cours du XXème siècle.

    Notons tout d'abord que l'oxysulfure de carbone (OCS), qui «est le composé soufré gazeux le plus abondant de l’atmosphère de notre planète, même si sa concentration est très faible, de l’ordre de 500 pptv (soit 0,00000005 % du réservoir atmosphérique)», intéresse les scientifiques parce qu’il se comporte comme le CO2. Autrement dit, «il est assimilé par les plantes de la même façon que le CO2, au moment de la photosynthèse» et, de ce fait, les variations de sa teneur dans l’atmosphère peuvent «permettre d’en savoir plus sur l’évolution de la photosynthèse au cours des dernières décennies».

     

    Jusqu'ici «les prélèvements d’air réalisés à la fois dans les bulles emprisonnées dans les glaces de l’Antarctique et dans l’atmosphère au-dessus de ce continent ont permis de reconstituer depuis la moitié du XVIIIème siècle jusqu’à nos jours les variations de la teneur atmosphérique de l’OCS»: ainsi, après avoir été «incontestablement à la hausse (+70% en plus de deux siècles) en raison des émissions industrielles d’OCS, issues de la combustion du charbon, de la fabrication de l’aluminium et de la viscose, la tendance s’est inversée depuis les années 1990».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée, «en recherchant la meilleure combinaison possible de puits et de sources d’OCS, permettant d’expliquer la tendance atmosphérique observée», a montré «qu’il fallait associer aux émissions industrielles une forte augmentation du puits d’OCS lié à la photosynthèse des plantes terrestres». Elle en déduit «que la production primaire brute des végétaux s’est trouvée stimulée à l’échelle globale dans des proportions voisines de +30% en un siècle en réponse à l’augmentation du CO2 et au changement climatique qui en résulte».

     

    Cette stimulation de la production primaire brute par le CO2, qui explique en grande partie «que les plantes soient capables de capter aujourd’hui environ un quart de nos émissions anthropiques de CO2», va «permettre de mieux contraindre les modèles numériques qui calculent l’évolution conjointe du climat et du cycle du carbone en réponse aux émissions anthropiques de CO2, donc de mieux contraindre les projections climatiques», car «la façon dont la photosynthèse répond aux variations du CO2 atmosphérique» était jusqu'à présent «l’un des termes les plus incertains prescrits dans ces simulations de changement climatique».

     

    Pour finir, soulignons cependant que «cette capacité des plantes à absorber plus de CO2 au cours du vingtième siècle ne présage pas forcément de l’avenir puisque des facteurs susceptibles de limiter l’effet fertilisant du CO2 atmosphérique ont récemment été identifiés».

     

     


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :