• Botanique: les UV-B peuvent être de puissants déclencheurs de floraison et il a été établi chez Arabidopsis qu'une protéine bloque leur action pour éviter une floraison précoce!____¤201809

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Arabidopsis RUP2 represses UVR8-mediated flowering in noninductive photoperiods» ont été publiés dans la revue Genes & Development, a permis de découvrir que les UV-B peuvent être de puissants déclencheurs de floraison et qu’une protéine, appelée RUP2, bloque leur action pour éviter une floraison précoce.

     

    Notons tout d'abord que «l'induction de la floraison a une importance majeure d’un point de vue écologique et agronomique», car «une floraison synchronisée et se produisant à point nommé est essentielle pour optimiser la pollinisation et permettre la production et la maturation des semences dans des conditions environnementales favorables».

     

    Par ailleurs, de nombreuses études ont analysé les mécanismes de la floraison qui sont déclenchés par «des facteurs environnementaux, en particulier la lumière». Cependant, ces expériences ont «été généralement effectuées en chambre de croissance, en l’absence d’UV-B, un type de rayons qui fait partie intégrante de la lumière du soleil et qui est notamment responsable des coups de soleil».

     

    Il faut savoir que «de nombreuses plantes ont une floraison dite photopériodique, qui dépend des changements de durée des jours et donc, des saisons»: plus précisément, alors que «certaines d’entre-elles vont fleurir lorsque les jours s’allongent, d’autres lorsque les jours raccourcissent».

     

    L'étude ici présentée, a analysé les mécanismes impliqués dans la floraison «dans l’espèce modèle Arabidopsis thaliana (Arabette des dames), qui fleurit principalement en mai, en Suisse, lorsque les jours croissent». Elle a montré «que les UV-B peuvent induire la floraison d’Arabidopsis tout au long de l’année», mais que leur action est «bloquée pendant les journées courtes par une protéine appelée RUP2». Le rôle crucial de RUP2 a été établi «en décortiquant les rouages moléculaires à l’œuvre».

     

    Concrètement, les UV-B peuvent stimuler, indépendamment des saisons, «la production d’une hormone de floraison, la protéine FT, qui migre dans le méristème (le tissu qui assure la croissance de la plante) et le reprogramme pour entamer la phase de floraison».

     

    Pour sa part, RUP2 «inhibe de façon indirecte la production de cette hormone, et réprime ainsi la floraison». En fait, «lorsque les jours s’allongent, des photorécepteurs présents dans les feuilles induisent une telle production de protéine FT que la floraison s’enclenche malgré la présence de RUP2». C’est donc «cet équilibre changeant au cours des saisons qui permet la mise en place d’une floraison photopériodique, avec RUP2 comme acteur central».

     

    Désormais, il reste à déterminer si l’induction de la floraison par les UV-B, qui «a été découverte chez des plants mutants dépourvus de RUP2», existe et «est important chez d’autres plantes, et pourquoi il a été réprimé par RUP2 au cours de l’évolution chez Arabidopsis».

     

     

     


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