• Climatologie: à l’échelle du million d’années, le CO2 atmosphérique apparaît comme une conséquence à long terme de la production primaire globale sur Terre!____¤201708

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «CO2 and temperature decoupling at the million-year scale during the Cretaceous Greenhouse» ont été publiés dans la revue Scientific Reports, a montré que si le CO2 atmosphérique est un moteur majeur des variations de température à l'échelle du millier ou de la dizaine de milliers d'années, il n'en a pas été de même à l'échelle du million d'années durant le Crétacé (-145 à -66 millions d'années).

     

    Rappelons tout d'abord que, dans la dernière décennie, les scientifiques ont confirmé que le CO2 atmosphérique a été «le facteur principal du réchauffement climatique actuel». Ce constat étant fait, pour «prédire précisément le climat de notre planète dans un futur proche», il apparaît essentiel d'étudier les processus climatiques en action sur notre planète à toutes les échelles temporelles et suivant tous les modes climatiques.

     

    Guidée par cette démarche, l'étude ici présentée s'est intéressée à des fossiles de plantes et à leurs cuticules («couches de cires qui recouvrent et protègent les organes aériens») «contenus dans les sédiments d’Europe occidentale et exceptionnellement préservés depuis plusieurs dizaines de millions d’années»: plus précisément, «360 cuticules fossiles du conifère Frenelopsis correspondant à 12 intervalles de temps du Crétacé enregistrés dans des gisements de Belgique, d’Espagne et de France» ont été minutieusement sélectionnés et analysés.

     

    Soulignons ici que «la sélection d’un seul genre de plante ayant vécu en Europe occidentale dans des écosystèmes équivalents permet tout autant de se décharger des facteurs environnementaux locaux que des signatures isotopiques qui peuvent varier d’une espèce de plante à l’autre». De la sorte, «l’enregistrement fossile de la teneur en CO2 atmosphérique permet d’obtenir un résultat global». De plus, comme «ces fossiles conservent un pourcentage élevé en carbone fixé pendant leur vie, en absorbant du CO2 atmosphérique», leur composition en carbone reflète «directement celle présente dans l’atmosphère au moment de la photosynthèse».

     

    L'utilisation de cette relation directe «ainsi que des mesures de la composition en isotopes stables du carbone (13C/12C) de ces cuticules fossiles» a alors permis de «retracer l’évolution de la concentration en CO2 atmosphérique sur une durée de 45 millions d’années au cours du Crétacé».

     

    La comparaison des courbes des changements de température avec les fluctuations du CO2 atmosphérique «retracées à partir de ces estimations» a «révélé de fortes baisses du CO2 atmosphérique (200-300 ppm), couplées à de fortes hausses de la température moyenne à la surface du globe (5-8°C) à l’échelle de quelques millions d’années».

     

    En fin de compte, cette étude montre donc que si le CO2 peut être un moteur principal de la production primaire («la synthèse de matière organique par des organismes vivants comme le plancton océanique ou les plantes terrestres à partir de molécules d’eau et de dioxyde de carbone») et de la température à l’échelle du millier d’années, il ne peut pas «expliquer les variations de température à des échelles de temps plus longues lors d’une période où domine 'l'effet de serre' qui a été le mode climatique dominant (>70%) au cours du Phanérozoïque».

     

    Il en résulte que «le CO2 atmosphérique apparaît comme une conséquence à long terme de la production primaire globale sur Terre plutôt qu’un moteur du changement climatique à l’échelle du million d’années» et que c'est la production primaire globale qui «doit être prise en compte comme un facteur fondamental pour comprendre les dynamiques climatiques passées et futures de la Terre».

     

     


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